Une file d’attente à l’entrée d’un bureau de vote, à Budapest, en Hongrie, dimanche 12 avril 2026.

Les Hongrois ont commencé à voter en nombre, dimanche 12 avril, pour les élections législatives, dont le résultat est scruté par de nombreuses capitales dans le monde, en particulier en Europe et aux Etats-Unis. A 13 heures, la participation a atteint un record avec 54,14 % de votes recensés, contre 40,1 % en 2022, selon le Bureau électoral national.

Les 7,5 millions d’électeurs dans le pays, ainsi que les 500 000 autres enregistrés à l’étranger, ont le choix entre cinq partis, dans un système électoral très favorable au Fidesz de Viktor Orban. Les bureaux de vote fermeront à 19 heures. Aucun institut ne prévoyant de sondages à la sortie des urnes, les résultats ne seront connus qu’au fur et à mesure du dépouillement, qui débute dès la fin de l’élection.

De premières tendances pourraient être connues dès dimanche soir, mais les résultats définitifs ne pourraient être connus que dans plusieurs jours – notamment si le scrutin est serré. Les sondages des instituts indépendants prévoient une très large victoire du parti Tisza du conservateur pro-européen Péter Magyar, qui a réussi en deux ans à construire un mouvement d’opposition capable de faire de l’ombre au premier ministre nationaliste, dont la popularité a décliné au même rythme que la croissance du pays.

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Après avoir voté à Budapest, M. Magyar, 45 ans, a appelé les Hongrois à se mobiliser pour cette « élection décisive ». « Nous choisissons entre l’Est et l’Ouest, entre la propagande et un débat public honnête, entre la corruption et une vie publique intègre, entre la poursuite du déclin et l’effondrement total des services publics ou le rapatriement des fonds européens et la relance de l’économie hongroise », a affirmé cet ancien membre du Fidesz.

« Crise majeure »

Les institutions proches du pouvoir prévoient de leur côté une victoire de la coalition Fidesz-KDNP de Viktor Orban, qui brigue un cinquième mandat d’affilée. Après avoir voté, M. Orban, 62 ans, a réitéré ses avertissements concernant une « crise majeure » qui attendrait l’Europe.

« Heureusement, nous avons beaucoup d’amis dans le monde. De l’Amérique à la Chine, en passant par la Russie et le monde turc », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il ne laisserait pas Bruxelles « priver » la Hongrie de « son avenir et de sa souveraineté ».

Le dirigeant hongrois, qui a érigé son pays de 9,5 millions d’habitants en modèle de démocratie illibérale, est considéré comme un exemple par de nombreux mouvements d’extrême droite dans le monde. Il est aussi proche du président russe, Vladimir Poutine, et a régulièrement critiqué les sanctions de l’Union européenne contre la Russie depuis que celui-ci a envahi l’Ukraine, en 2022. L’UE, dont la Hongrie fait partie depuis 2004, a gelé des milliards d’euros de financements, accusant M. Orban de saper l’Etat de droit.

Durant sa campagne, il a promis de poursuivre sa répression contre les « fausses organisations de la société civile, les journalistes vendus, les juges [et] les politiciens ». L’opposition hongroise craint que Viktor Orban ne reconnaisse pas le résultat des élections, et des accusations d’ingérence russe et d’achat massif de voix par le Fidesz ont émergé.

Le dirigeant nationaliste a accusé, en retour, Tisza de « comploter avec des services de renseignement étrangers » pour manipuler les résultats. « La volonté du peuple doit toujours être respectée », a affirmé M. Orban dimanche. De son côté, Péter Magyar a appelé les électeurs à signaler tout soupçon d’achat de votes, d’intimidation ou d’autres irrégularités, tout en appelant au calme.

Le Monde avec AFP

Hongrie : Quand voter devient un sport de compétition

Les Hongrois se pressent aux urnes, mais est-ce vraiment pour choisir leur avenir ou pour éviter de se faire piquer leur souveraineté par Bruxelles ?

Les Hongrois ont commencé à voter en nombre, dimanche 12 avril, pour des élections législatives dont le résultat est scruté par de nombreuses capitales dans le monde, en particulier en Europe et aux États-Unis. À 13 heures, la participation a atteint un record avec 54,14 % de votes recensés, contre 40,1 % en 2022, selon le Bureau électoral national. Un chiffre qui pourrait faire rougir d’envie n’importe quel démocrate… ou pas.

Ce qui se passe réellement

Les 7,5 millions d’électeurs du pays, ainsi que les 500 000 autres enregistrés à l’étranger, ont le choix entre cinq partis, dans un système électoral très favorable au Fidesz de Viktor Orban. Les bureaux de vote fermeront à 19 heures, mais pas de sondages à la sortie des urnes, car qui a besoin de transparence quand on peut jouer à cache-cache avec les résultats ?

De premières tendances pourraient être connues dès dimanche soir, mais les résultats définitifs ne pourraient être connus que dans plusieurs jours – notamment si le scrutin est serré. Les sondages des instituts indépendants prévoient une large victoire du parti Tisza du conservateur pro-européen Péter Magyar, qui a réussi en deux ans à construire un mouvement d’opposition capable de faire de l’ombre au Premier ministre nationaliste, dont la popularité a décliné au même rythme que la croissance du pays.

Après avoir voté à Budapest, M. Magyar a appelé les Hongrois à se mobiliser pour cette « élection décisive ». Il a affirmé : « Nous choisissons entre l’Est et l’Ouest, entre la propagande et un débat public honnête, entre la corruption et une vie publique intègre. » Un vrai dilemme, n’est-ce pas ?

Pourquoi cela dérange

Les institutions proches du pouvoir prévoient une victoire de la coalition Fidesz-KDNP de Viktor Orban, qui brigue un cinquième mandat d’affilée. Après avoir voté, M. Orban a réitéré ses avertissements concernant une « crise majeure » qui attendrait l’Europe. Heureusement, il a beaucoup d’amis dans le monde, de l’Amérique à la Chine, en passant par la Russie. Qui a besoin d’alliés démocratiques quand on peut s’entendre avec des autocrates ?

Ce que cela implique concrètement

Le dirigeant hongrois, qui a érigé son pays en modèle de démocratie illibérale, est considéré comme un exemple par de nombreux mouvements d’extrême droite dans le monde. Il est aussi proche de Vladimir Poutine et a régulièrement critiqué les sanctions de l’Union européenne contre la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. L’UE, dont la Hongrie fait partie depuis 2004, a gelé des milliards d’euros de financements, accusant M. Orban de saper l’État de droit.

Lecture satirique

Durant sa campagne, Orban a promis de poursuivre sa répression contre les « fausses organisations de la société civile, les journalistes vendus, les juges et les politiciens ». Un programme qui pourrait faire rougir d’envie n’importe quel dictateur en herbe. L’opposition craint que Viktor Orban ne reconnaisse pas le résultat des élections, et des accusations d’ingérence russe et d’achat massif de voix par le Fidesz ont émergé. Mais après tout, qui a besoin de démocratie quand on peut avoir un bon vieux coup de pouce du Kremlin ?

Effet miroir international

Les discours d’Orban résonnent étrangement avec ceux de certains dirigeants aux États-Unis et en Russie, où la manipulation des résultats électoraux et la diabolisation de l’opposition sont devenues monnaie courante. Une belle démonstration de la façon dont l’autoritarisme peut se propager comme une épidémie.

À quoi s’attendre

Les résultats pourraient être serrés, mais une chose est sûre : quel que soit le résultat, la Hongrie continuera d’être un laboratoire d’expérimentation pour les politiques autoritaires. Les Hongrois devront choisir entre un avenir incertain et un présent qui semble de plus en plus chaotique.

Sources

Source : www.lemonde.fr

Hongrie : participation record à la mi-journée, de premiers résultats attendus dimanche soir
Visuel — Source : www.lemonde.fr

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