Hongrie : L’Opposition en Tête, mais le Fidesz en Contrôle

L’opposition hongroise semble avoir le vent en poupe, mais le système électoral, taillé sur mesure pour le Fidesz, pourrait bien lui jouer des tours.

Dans un pays où le temps maussade n’arrête pas les foules, environ un millier de personnes se pressent devant la mairie de Gyal pour un meeting de Peter Magyar. À une trentaine de minutes de Budapest, l’espoir d’un changement après seize ans de règne d’Orban flotte dans l’air, mais la réalité est bien plus complexe.

Ce qui se passe réellement

Gyal, une banlieue pavillonnaire, est un bastion du Fidesz. Malgré une avance confortable de 58 % pour Tisza dans les sondages, le spectre de la désillusion de 2022 hante les esprits. Les électeurs, bien que motivés, se souviennent des promesses non tenues et des manigances électorales. « En Hongrie, on marche un peu sur des œufs », commente Ambre Bruneteau, doctorante en sciences politiques.

Pourquoi cela dérange

La loi électorale de 2011, qui favorise le Fidesz, est un véritable chef-d’œuvre de manipulation. Les circonscriptions ont été redécoupées pour maximiser les chances du parti au pouvoir. Comme le souligne Richard Szentpéteri Nagy, « les limites des circonscriptions ont été tracées de telle manière qu’elles favorisent le Fidesz ». En gros, gagner d’une voix ou de 10 000, c’est du pareil au même.

Ce que cela implique concrètement

Les voix ne reflètent pas le nombre de sièges. En 2022, le Fidesz a remporté 54 % des voix, mais 135 sièges sur 199. Une situation qui pourrait se reproduire si l’opposition ne parvient pas à obtenir une avance significative.

Lecture satirique

Le Fidesz, champion de la distorsion systémique, pourrait bien se retrouver à gouverner avec moins de voix. En effet, si Tisza n’a que quelques points d’avance, le Fidesz peut encore gagner. C’est un peu comme si vous remportiez un marathon, mais que le vainqueur était celui qui avait le plus de fans dans le public.

Effet miroir international

Ce scénario n’est pas sans rappeler d’autres dérives autoritaires, où les règles du jeu sont constamment réécrites pour favoriser le pouvoir en place. Les États-Unis et la Russie, avec leurs propres jeux d’influence, pourraient prendre des notes sur la façon dont le Fidesz gère son image et son contrôle médiatique.

À quoi s’attendre

Avec une participation prévue à 89 %, l’opposition pourrait avoir une chance. Mais avec un Fidesz qui ne lâchera pas le pouvoir sans se battre, la route vers un changement véritable est semée d’embûches.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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