Les sondages des instituts indépendants prédisent une très large victoire du parti Tisza du conservateur pro-européen Peter Magyar, qui a réussi en deux ans à construire un mouvement d’opposition capable de faire de l’ombre au Premier ministre nationaliste hongrois, dont la popularité a décliné au même rythme que la croissance du pays.

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« C’est maintenant notre dernière chance de choisir enfin entre l’Est et l’Ouest. Voulons-nous être une démocratie normale ou retourner vers l’Est sans possibilité de retour ? Je suis enthousiaste mais en même temps très inquiet », a expliqué à l’AFP David Banhegyi, un primo-votant de 18 ans, après avoir déposé son bulletin pour Tisza à Budapest.

Les institutions proches du pouvoir prévoient de leur côté une victoire de la coalition Fidesz ? KDNP de Viktor Orban, qui brigue un cinquième mandat consécutif.

« C’est une élection décisive pour la Hongrie. Il est très important pour nous que Viktor Orbán reste au pouvoir », a confié à l’AFP Maria Toth, mère au foyer de 31 ans et de deux enfants, après avoir voté dans la capitale.

« J’ai l’impression que la Hongrie est assiégée de toutes parts et que de grandes puissances comme Bruxelles essaient de dicter notre mode de vie. S’il perd, je m’inquiète pour l’avenir de mes enfants », ajoute-t-elle.

Les signes de nervosité sont cependant palpables dans les rangs du Fidesz, qui a reçu le soutien très appuyé du président américain Donald Trump.

Son vice-président JD Vance est venu à Budapest cette semaine vanter les mérites de Viktor Orban et critiquer l’ingérence des « bureaucrates de Bruxelles ».

Donald Trump lui-même a multiplié les messages vendredi, promettant de mettre la « puissance économique » des Etats-Unis au service de Viktor Orban, qui a le mérite à ses yeux d’incarner la lutte contre l’immigration et la défense de la « civilisation occidentale ».

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« Campagne négative »

Le dirigeant hongrois, qui a érigé son pays de 9,5 millions d’habitants en modèle de démocratie illibérale, est considéré comme un exemple par de nombreux mouvements d’extrême droite à travers le monde.

Il est aussi proche du président russe Vladimir Poutine, et a régulièrement critiqué les sanctions de l’Union européenne contre la Russie depuis qu’il a envahi l’Ukraine en 2022.

Si Bruxelles a évité de s’exprimer ouvertement sur le scrutin, « la plupart des Etats membres seront plutôt heureux de se débarrasser d’Orban », affirme un diplomate européen, selon qui « la patience a atteint ses limites ».

Viktor Orban, 62 ans, s’est très souvent opposé aux 26 autres Etats membres, et Bruxelles, qui l’accuse de saper l’Etat de droit, a gelé des milliards d’euros de financements.

Durant sa campagne, il a promis de poursuivre sa répression contre les « fausses organisations de la société civile, les journalistes vendus, les juges (et) les politiciens ».

S’il l’emporte, « cela signifiera clairement […] un basculement vers l’autoritarisme », estime Andrea Szabo, du Centre des sciences sociales de l’université ELTE.

Orban s’est aussi présenté comme un rempart contre l’Ukraine, qu’il accuse de vouloir entraîner les Hongrois dans la guerre. Mais face à la stagnation de l’économie et une corruption devenue trop flagrante, l’argument n’a pas pris, constatent les analystes.

« Le Fidesz a décidé de mener une campagne purement négative », souligne Andrea Szabo. « Il n’y a pas un seul message dont on puisse dire qu’il servirait véritablement à unifier la nation. A l’inverse, ils n’ont parlé que de la guerre, la guerre et encore la guerre […] ».

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Accusations d’ingérence

Peter Magyar, 45 ans, qui parcourt la Hongrie sans relâche depuis mi-février, s’est engagé, lui, à améliorer les services publics, en particulier dans la santé et l’éducation.

« Donnez sa chance au changement ! », a appelé cet ancien membre du Fidesz lors d’un meeting jeudi, promettant en particulier de s’attaquer à la corruption, de remettre sur pied les institutions démocratiques et de faire de la Hongrie un membre loyal de l’UE, dont elle fait partie depuis 2004.

Les analystes s’attendent à un taux de participation record, de l’ordre de 75 %, avec de premiers résultats partiels attendus peu après la clôture des votes. Toutefois, en cas de résultats serrés, le vainqueur pourrait ne pas être désigné avant la fin complète du dépouillement samedi, selon le Bureau électoral national.

Alors que l’opposition hongroise craint que Viktor Orban ne reconnaisse pas le résultat des élections, des accusations d’ingérence russe et d’achat massif de voix par le Fidesz ont émergé.

Le dirigeant nationaliste a accusé en retour Tisza de « comploter avec des services de renseignement étrangers » pour manipuler les résultats.

Hongrie : Entre démocratie et autoritarisme, le choix crucial des électeurs

Les Hongrois se retrouvent à un carrefour décisif : choisir entre un avenir démocratique ou plonger dans les bras d’un nationalisme autoritaire. La tension est palpable.

Alors que les sondages prédisent une large victoire pour le parti Tisza de Peter Magyar, un conservateur pro-européen, la Hongrie se trouve à un tournant. Le Premier ministre nationaliste Viktor Orbán, dont la popularité s’effondre aussi vite que la croissance du pays, s’accroche à son pouvoir avec la détermination d’un homme qui sait que son règne pourrait toucher à sa fin.

Ce qui se passe réellement

Les instituts de sondage annoncent une victoire pour Tisza, un mouvement d’opposition qui a su capter l’attention des électeurs fatigués par les promesses non tenues d’Orbán. David Banhegyi, un jeune électeur de 18 ans, résume bien l’état d’esprit : « C’est notre dernière chance de choisir entre l’Est et l’Ouest. Voulons-nous être une démocratie normale ou retourner vers l’Est sans possibilité de retour? »

Les partisans d’Orbán, eux, se montrent inquiets. Maria Toth, mère au foyer, exprime ses craintes face à une Hongrie « assiégée » par Bruxelles. Mais la nervosité est palpable dans les rangs du Fidesz, qui reçoit le soutien indéfectible de Donald Trump, le champion de la « civilisation occidentale ».

Pourquoi cela dérange

Orbán, qui a transformé la Hongrie en un modèle de démocratie illibérale, est devenu un exemple pour les mouvements d’extrême droite à travers le monde. Son discours, qui se veut un rempart contre l’immigration, cache une réalité bien plus sombre : la stagnation économique et la corruption galopante. Les promesses de sécurité et de prospérité semblent s’évaporer dans l’air chaud de Budapest.

Ce que cela implique concrètement

Si Orbán l’emporte, cela signifiera un glissement vers l’autoritarisme, comme l’affirme Andrea Szabo, du Centre des sciences sociales de l’université ELTE. Les institutions démocratiques, déjà mal en point, risquent de s’effondrer complètement. Les accusations d’ingérence russe et d’achat de voix par le Fidesz ne sont pas à prendre à la légère.

Lecture satirique

Le Fidesz a choisi de mener une campagne « pure négative », se concentrant sur la guerre et les menaces extérieures plutôt que sur des solutions concrètes. En somme, une stratégie digne d’un mauvais film d’action où le héros se bat contre des fantômes. « La guerre, la guerre et encore la guerre », comme le dit Szabo, semble être le seul message qui résonne dans les oreilles des électeurs.

Effet miroir international

Ce scénario n’est pas sans rappeler d’autres dérives autoritaires à travers le monde. Des leaders comme Trump aux États-Unis ou Poutine en Russie semblent offrir un soutien inconditionnel à Orbán, renforçant ainsi les liens entre ces régimes. Une belle brochette de nationalistes qui se congratulent mutuellement dans une danse macabre.

À quoi s’attendre

Les analystes prévoient un taux de participation record de 75%. Mais que se passera-t-il si les résultats sont serrés ? L’opposition craint déjà que Viktor Orbán ne reconnaisse pas le résultat des élections, un scénario qui ne ferait qu’ajouter à la confusion et à la tension déjà présentes.

Sources

Source : www.dhnet.be

Après 16 ans de règne Viktor Orban pourrait être détrôné ce dimanche :'C'est notre dernière chance'
Visuel — Source : www.dhnet.be
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