Hanoï : La mégapole qui rase pour briller

Hanoï rêve de devenir une capitale mondiale, mais à quel prix ? Entre ambitions démesurées et cris des riverains, la réalité semble bien éloignée des promesses.

Hanoï, la capitale du Vietnam, s’est récemment engagée dans une course effrénée pour devenir une mégapole internationale. Lors du 14e congrès du Parti, cette ambition a été réaffirmée, marquant l’entrée du pays dans une « nouvelle ère ». Mais derrière les discours enflammés, la réalité est plus complexe. La ville prévoit la construction du plus grand stade du monde et d’un opéra futuriste, tout en rasant des quartiers historiques. Une transformation qui fait grincer des dents.

Ce qui se passe réellement

Un opéra à l’allure futuriste, coiffé d’un dôme inspiré de coquilles d’huîtres, devrait devenir un symbole de « soft power » à Hanoï. Dans le quartier de Tây Hô, le lac de l’Ouest reflète des temples bouddhistes et des villas indochinoises. Une vendeuse de « banh tôm » espère que l’opéra attirera plus de clients, mais les riverains s’inquiètent. Un habitant souligne que le projet pourrait perturber la vie locale, car les habitants sont ancrés dans des traditions anciennes.

« Ce que tu peux garder, tu le gardes »

À Tây Hô, où le foncier a flambé, les expropriations suscitent des interrogations. Les autorités affirment respecter la loi foncière, réformée en 2024, mais Quang Anh, ancien diplomate, note la tension entre modernité et préservation du patrimoine. « Ce que tu peux garder, tu le gardes », dit-il, mais on se demande si cela inclut les quartiers rasés pour faire place à des infrastructures modernes.

Le Vietnam vise une croissance ambitieuse, avec l’objectif de devenir un pays à revenus élevés d’ici 2045. Les grands chantiers d’infrastructures, comme les rocades et les nouvelles lignes de métro, sont censés stimuler l’économie. Mais Hanoï, longtemps affectée par une mauvaise gestion urbaine, semble plus préoccupée par son image que par le bien-être de ses habitants.

Pourquoi cela dérange

Les incohérences sont frappantes : d’un côté, un discours sur la préservation du patrimoine, de l’autre, la destruction de quartiers historiques. Les promesses de croissance rapide cachent une réalité où les habitants sont souvent les laissés-pour-compte de cette urbanisation à outrance.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : des communautés entières sont déracinées, et les traditions locales menacées. Les projets d’infrastructures, bien que nécessaires, semblent souvent plus servir les intérêts des investisseurs que ceux des habitants.

Lecture satirique

Le discours politique, rempli de promesses de modernité et de prospérité, se heurte à une réalité bien moins reluisante. Les autorités parlent de « soft power » tout en rasant des quartiers, comme si la culture pouvait être construite sur des ruines. Ironiquement, Hanoï semble vouloir devenir une vitrine internationale, mais à quel prix ?

Effet miroir international

Ce phénomène n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les gouvernements privilégient le développement économique au détriment des droits des citoyens. Hanoï, en quête de reconnaissance mondiale, pourrait bien devenir un exemple de ce que l’on appelle le « développement à tout prix ».

À quoi s’attendre

À l’avenir, Hanoï continuera probablement sur cette voie de transformation rapide. Mais les tensions entre modernité et tradition risquent de s’intensifier, et les voix des riverains pourraient se faire de plus en plus entendre.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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