
Table Of Content
Peut-être avez-vous déjà entendu cette phrase de la part d’un agriculteur, « on nous a demandé d’enlever des haies, aujourd’hui on nous demande d’en replanter, c’est n’importe quoi ! ».
La question de la plantation des haies est très clivante chez les exploitants, et le Parc Naturel Régional – qui relance cette année un appel à candidatures pour la plantation de haies, sur la partie ornaise de son territoire – en sait quelque chose. « Ce programme est à destination aussi bien des particuliers que des professionnels, mais il est vrai que l’année dernière, il a été assez difficile de convaincre les agriculteurs », souligne Julia Hegedus, animatrice du programme de plantation de haie pour le PNR du Perche.
Une prise en charge à hauteur de 80 %
Pourtant, avec ce programme, les contraintes liées à la plantation de haies sont réduites au strict minimum. « C’est le Parc qui s’occupe de tout », appuie Julia Hegedus. « Il suffit juste de remplir un dossier et de vouloir planter au minimum 150 m de haies ».
Ensuite, un agent du Parc vient sur place vérifier si le projet peut se mettre en place et présenter un vrai intérêt dans une réflexion globale sur la continuité écologique.
Les plantations se font en automne et en hiver. L’accompagnement se veut logistique, mais surtout financier : le reste à charge pour l’exploitant (ou le particulier) est de 20 %, l’enveloppe est financée par le Parc via des fonds européens FEDER. « Un mètre de haie nous coûte aux alentours de 13 €, l’agriculteur n’en aura qu’une petite partie à débourser de sa poche. »
Cette année, le programme devrait permettre la plantation d’une dizaine de kilomètres de haies dans le Perche ornais. « Ce qu’il faut comprendre, c’est que le fait de planter des haies n’est pas incompatible avec le souhait d’avoir de grandes parcelles », appuie Julia Hegedus.
Cet agriculteur a misé sur les haies
Sylvain Durey est le co-fondateur de la ferme du Val Primbert, créée à Perche-en-Nocé (Orne) en 2007 ; mais il possède également des terres au Gué-de-la-Chaîne, c’est d’ailleurs là-bas qu’il a pu bénéficier de l’accompagnement du PNR, en 2022, avec lequel il a planté près d’un kilomètre de luzerne, de la haie fourragère – qui fait partie de la dizaine d’espèces locales utilisées par le Parc – pour un coût d’environ 2 500 € pour l’exploitant en agriculture biologique.
En toute transparence, l’agriculteur faisait déjà partie des « convaincus », avant même d’être accompagné par le Parc. « On le sait très bien, planter des haies a de nombreux avantages : c’est un refuge pour la biodiversité, c’est un bouclier climatique, ça limite l’érosion et le ruissellement, c’est une ressource fourragère. Bien sûr, on n’en profite pas dans l’immédiat, mais il faut se demander quelles terres on veut laisser pour le futur, à nos enfants ».
Pour bon nombre d’exploitants, c’est l’entretien des haies qui représente une contrainte : « je n’ai pour but de convaincre personne, mais la contrainte est peut-être moins présente qu’on pourrait l’imaginer ; au final, une haie, on peut la laisser s’épanouir sans la tailler au millimètre ». Par exemple, Sylvain Durey indique tailler ses haies avec un lamier d’élagage, tous les trois ans.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.
Haies : Entre Promesses Écologiques et Réalités Contradictoires
Les agriculteurs oscillent entre l’injonction d’éradiquer les haies et celle de les replanter, révélant un flou politique troublant.
Il semblerait que le monde agricole soit devenu le théâtre d’un véritable va-et-vient : « On nous a demandé d’enlever des haies, aujourd’hui on nous demande d’en replanter, c’est n’importe quoi ! » s’exclame un agriculteur, visiblement désorienté par les directives qui changent plus vite que les saisons. Le Parc Naturel Régional du Perche, dans sa quête de verdure, relance un appel à candidatures pour la plantation de haies, mais peine à convaincre les exploitants. Comme quoi, la nature n’est pas la seule à avoir besoin d’un peu de cohérence.
Ce qui se passe réellement
Le Parc, qui vise à reboiser le territoire, propose un programme de plantation de haies, à destination des particuliers et des professionnels. Julia Hegedus, animatrice du programme, admet que l’année dernière, il a été difficile de convaincre les agriculteurs. Pourtant, avec une prise en charge de 80 % des coûts, il serait étonnant que les exploitants fassent la fine bouche. « C’est le Parc qui s’occupe de tout », assure-t-elle, comme si cela suffisait à balayer les réticences. Les plantations se font en automne et en hiver, et pour un coût d’environ 13 € le mètre, l’agriculteur n’a qu’une petite partie à débourser. Mais qui a dit que la logique économique était toujours en phase avec la réalité écologique ?
Pourquoi cela dérange
La contradiction est frappante : d’un côté, on encourage les agriculteurs à défricher pour agrandir leurs parcelles, de l’autre, on leur demande de replanter des haies. Une véritable danse des masques où chacun essaie de cacher son jeu. Les agriculteurs, souvent déjà accablés par des réglementations multiples, se retrouvent à jongler avec des injonctions contradictoires. Qui peut vraiment croire que cette politique de replantation est une solution viable à long terme ?
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette incohérence sont multiples : un manque de confiance des agriculteurs envers les politiques environnementales, une biodiversité qui peine à se rétablir, et une image de l’agriculture qui se dégrade. En effet, planter des haies, c’est bien, mais encore faut-il que cela s’inscrive dans une vision globale et cohérente de l’agriculture durable.
Lecture satirique
Il est presque comique de voir les politiques environnementales se contredire à ce point. On pourrait presque imaginer un ministre de l’Agriculture déclarant : « Nous avons besoin de haies pour la biodiversité, mais n’oubliez pas de détruire tout ce qui pourrait gêner votre tracteur ! » Une belle illustration du décalage entre les promesses politiques et la réalité du terrain. Les agriculteurs, eux, doivent naviguer dans ce labyrinthe d’instructions contradictoires, comme des marins perdus en mer.
Effet miroir international
À l’étranger, des politiques similaires se mettent en place, souvent avec des résultats désastreux. Prenons l’exemple des États-Unis, où les agriculteurs sont encouragés à adopter des pratiques durables tout en étant submergés par des subventions pour des cultures intensives. Une belle ironie qui montre que le discours environnemental est souvent déconnecté des réalités économiques.
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, nous pourrions assister à une désillusion croissante parmi les agriculteurs. Les promesses de soutien à la biodiversité pourraient se transformer en un simple slogan, laissant place à une agriculture de plus en plus isolée et désenchantée.
Sources




