Guinée-Bissau : L’ONU « choquée » par le « meurtre brutal » d’un militant, mais qui s’en soucie vraiment ?

Un militant de la société civile, Vigario Luis Balanta, a été retrouvé mort en Guinée-Bissau, suscitant l’indignation de l’ONU. Mais dans un pays où la démocratie est un concept en voie de disparition, qui peut encore croire à une enquête « approfondie et impartiale » ?

Le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits humains a exprimé, jeudi 2 avril, son « choc » face au « meurtre brutal » de Vigario Luis Balanta, un critique de la junte au pouvoir. Découvert sans vie, le militant a été « apparemment battu à mort », selon Seif Magango, qui appelle les autorités à mener une enquête. Mais dans un contexte où l’espace civique se réduit comme peau de chagrin, on peut se demander si cette enquête ne sera pas aussi efficace qu’un parapluie dans un ouragan.

Ce qui se passe réellement

La mort de Balanta, coordinateur du mouvement Po di Terra, survient dans un climat de répression croissante. Des membres de l’opposition et des défenseurs des droits humains sont régulièrement « arbitrairement détenus, agressés, harcelés et intimidés ». Les manifestations sont dispersées, et les stations de radio, suspendues. En somme, un véritable festival de la répression, où la liberté d’expression est aussi rare qu’un bon café en période de coup d’État.

Pourquoi cela dérange

La Ligue guinéenne des droits humains (LGDH) a qualifié la mort de Balanta d’« assassinat ». Ce qui dérange, c’est que ce n’est pas un événement isolé, mais le symptôme d’une maladie bien plus grave : la dérive autoritaire. La junte, qui a pris le pouvoir en novembre 2025, semble avoir décidé que la démocratie était un luxe qu’elle ne pouvait pas se permettre.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : la peur s’installe, et les voix dissidentes se taisent. Les manifestants, qui ont tenté de réclamer justice pour Balanta, ont été dispersés par la police à coups de matraque et de gaz lacrymogène. Au moins une dizaine d’entre eux ont été arrêtés, prouvant que la liberté d’expression est un concept aussi flou qu’un mirage dans le désert.

Lecture satirique

Ironiquement, alors que le général Horta N’Tam promet des élections pour le 6 décembre, on pourrait se demander si ces élections ne seront pas aussi transparentes qu’un mur de briques. Les promesses de retour à la démocratie semblent aussi crédibles que les promesses d’un vendeur de voitures d’occasion.

Effet miroir international

En observant la Guinée-Bissau, on ne peut s’empêcher de faire des parallèles avec d’autres régimes autoritaires à travers le monde. Que ce soit en Russie, où la dissidence est étouffée, ou aux États-Unis, où la liberté d’expression est parfois mise à mal, la dérive autoritaire semble être une tendance mondiale. Peut-être que l’ONU devrait se pencher sur ces cas avant de s’étonner du sort de Balanta.

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se poursuit, il est probable que la Guinée-Bissau continuera à glisser vers une répression encore plus sévère. Les élections de décembre pourraient bien n’être qu’un simulacre, une farce orchestrée par ceux qui préfèrent le silence à la voix du peuple.

Sources

Source : www.lemonde.fr

Visuel — Source : www.lemonde.fr
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire