Guerre en Iran : Donald Trump, le roi des promesses non tenues

Chapeau : Après avoir déclenché une guerre, le président américain peine à trouver une issue. Le cessez-le-feu annoncé est déjà en péril, et les contradictions s’accumulent.

Ce qui se passe réellement

Il est plus facile de déclencher une guerre que d’y mettre fin. Donald Trump en fait l’expérience douloureuse avec les débuts laborieux du cessez-le-feu annoncé le 7 avril avec l’Iran, visant à trouver une issue au conflit déclenché par Israël et les États-Unis le 28 février. Les divergences sur le cadre des négociations et l’extension du cessez-le-feu au Liban, frappé par de nouveaux bombardements israéliens, rendent la voie de l’apaisement singulièrement étroite.

Cette confusion témoigne de l’empressement du président américain à se sortir du piège dans lequel il s’est lui-même précipité. Après une escalade verbale et des menaces aux accents génocidaires, Trump a déclaré qu’un document en dix points des positions maximalistes de l’Iran constituait « une base solide sur laquelle négocier ». Ces positions sont pourtant incompatibles avec celles d’un président qui exigeait il y a peu une « reddition complète » de Téhéran.

Tout indique que le moment est venu de donner une nouvelle chance à la diplomatie. Le bilan de près de six semaines de bombardements intensifs a souligné les limites de la force. Les objectifs avancés par Trump pour justifier cette guerre — renverser le régime iranien, frapper un programme nucléaire « anéanti » et neutraliser les capacités balistiques — semblent de plus en plus illusoires.

Pourquoi cela dérange

Le président et son secrétaire à la guerre, Pete Hegseth, ont claironné un succès total, mais la réalité leur résiste. L’arrivée d’une nouvelle génération de dirigeants en Iran, suite à la décapitation de l’ancienne direction, témoigne de la résilience du régime. Les États-Unis n’ont pas réussi à mettre la main sur un stock d’uranium hautement enrichi, et les effets dévastateurs des drones iraniens ont été sous-estimés. De plus, la guerre a généré un nouveau contentieux avec la fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran, qui impose un droit de passage digne d’un racket.

Ce que cela implique concrètement

Il est difficile pour des belligérants de passer du registre de la guerre à celui de la négociation. Le régime iranien est réputé pour sa capacité à négocier uniquement pour gagner du temps. Les États-Unis, en faisant mine de s’engager dans des pourparlers en février alors qu’ils avaient déjà choisi la guerre, ont écorné leur crédit. L’alternative à un échec des discussions qui doivent s’ouvrir le 10 avril est la poursuite de la guerre, le maintien du verrou iranien sur Ormuz et la déstabilisation chronique du Golfe, ne laissant que des perdants.

Lecture satirique

Ah, Donald Trump, ce grand architecte de la paix ! Après avoir promis de « détruire » l’Iran, il se retrouve à négocier avec un document en dix points qui, selon lui, serait une base solide. C’est un peu comme si un pyromane proposait de discuter des meilleures pratiques en matière de sécurité incendie. Les contradictions s’accumulent, et le décalage entre ses promesses et la réalité est aussi flagrant qu’un panneau « interdit de fumer » dans une salle de fumeurs.

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres dérives autoritaires à travers le monde. Comme en Russie, où la rhétorique guerrière se heurte à la réalité du terrain, Trump semble piégé par ses propres discours. Les promesses de paix se transforment en menaces, et les dirigeants autoritaires se retrouvent souvent à jongler avec des promesses qu’ils ne peuvent pas tenir.

À quoi s’attendre

Les discussions du 10 avril pourraient bien être un tournant, mais la tendance actuelle laisse présager une poursuite des hostilités. Les conséquences économiques de la fermeture du détroit d’Ormuz pourraient faire plonger l’économie mondiale dans une récession. Les perdants ? Tous ceux qui espéraient un retour à la paix.

Sources

Source : www.lemonde.fr


Visuel — Source : www.lemonde.fr

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