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La mise en ligne d’une carte militante offrant une vue détaillée des banques et autres entreprise du luxe à Genève provoque l’inquiétude des milieux économiques. Ils craignent notamment l’organisation de manifestations anti-G7, dont le sommet se déroulera à Evian-les-Bains du 15 au 17 juin.
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Derrière les vitrines, l’angoisse monte à Genève. Une carte militante intitulée « Multinationales et autres fripouilles : carte au trésor » a été mise en ligne, ciblant les banques, entreprises internationales, assurances ou encore le secteur du luxe.
Les milieux économiques ne cachent pas leurs craintes en Suisse, près de deux mois avant la tenue du sommet du G7 à Evian-les-Bains (Haute-Savoie), de l’autre côté du Léman. « Ce qui me dérange, c’est d’être sur cette carte parce qu’on a l’impression d’être une cible d’éventuels actes de vandalisme dans le cadre des manifestations du G7 », constate Arnaud Bürgin, président de la Fédération des entreprises romandes (FER), association d’employeurs comptant 29 000 membres et dont le siège est à Genève.
Une large coalition de collectifs, d’associations et d’organisations – baptisée No-G7 et qui dit lutter contre « le fascisme« , « l’impérialisme » et « le capitalisme » – a déjà annoncé vouloir manifester à Genève le 14 juin et organiser un contre-sommet sur une grande place de la ville-monde. Le sommet « est en réalité une réunion de discours fascistes, impérialistes, capitalistes, antiféministes et racistes« , explique-t-elle.
Mais le sommet du G8 en 2003 à Evian a laissé des traces et des mauvais souvenirs dans la cité de Calvin. Plusieurs milliers de casseurs avaient déferlé dans les rues de Genève et de Lausanne dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2003. Des heurts laissant derrière eux une ardoise salée de plusieurs millions d’euros, en partie remboursés par la France, et surtout un traumatisme en Suisse.
Est-ce qu’on doit se barricader, commander des palissades ? Est-ce qu’on doit mettre nos employés en télétravail ? Comment ça va se passer ?
Arnaud Bürgin, président de la Fédération des entreprises romandes (FER)
« Il y avait un très fort déploiement policier et militaire, le plus important en Suisse depuis la Seconde Guerre mondiale, et malgré cela, il y a eu plus de 40 millions de déprédation causés principalement à des commerces. (…) On ne peut pas laisser cela se reproduire », estime M. Bürgin qui espère l’interdiction de toute manifestation, notamment à caractère politique, pendant la tenue du sommet.
La Fédération des entreprises romandes a reçu de nombreuses demandes d’informations de la part de ses adhérents, grandes entreprises ou petits commerçants. « Tous nous demandent ce qu’ils doivent faire. Est-ce qu’on doit se barricader, commander des palissades ? Est-ce qu’on doit mettre nos employés en télétravail ? Comment ça va se passer ? Aujourd’hui, on n’a pas de réponse à leur donner et c’est la principale problématique », regrette son président, demandant une feuille de route claire au Conseil d’État.
Si cette carte dérange certains, elle est nécessaire selon Pablo Cruchon, membre du comité de l’Union populaire, parti politique classé à gauche. Le militant se dit plutôt préoccupé par le silence du Conseil d’État qui, depuis son arrêté du 26 novembre 2025 acceptant sous réserve d’autorisation les manifestations politiques, ne s’est pas exprimé sur le sujet. Des négociations ont été engagées avec la France sur l’accueil des manifestations.
Genève et la Suisse n’étant ni organisatrices, ni parties prenantes au G7, « nous considérons que le pays organisateur, la France, doit pouvoir garantir sur son territoire un lieu susceptible d’accueillir un contre-sommet et/ou des manifestations liées au G7« , déclarait la Conseillère d’État (membre de l’exécutif cantonal) genevoise Carole-Anne Kast.
« On a besoin d’une ligne claire. Or, menacer de suspendre des droits démocratiques et en même temps, ne pas prendre position, rend la gestion de ce moment très difficile, tant du point de vue de l’État que du point de vue des militantes et des militants. (…) Il faut donner les conditions pour que ça se passe bien, et ça veut dire donner le droit démocratique aux gens de manifester », prône Pablo Cruchon. Un mouvement de résistance s’organise d’ores et déjà à Genève alors que le sommet du G7 approche. Il se tiendra du 15 au 17 juin à l’hôtel Evian Resort.
Genève : La carte au trésor des multinationales fait trembler les puissants
Une carte militante dévoilant les banques et entreprises du luxe à Genève suscite l’inquiétude des milieux économiques, à l’approche des manifestations anti-G7.
À Genève, l’angoisse monte plus vite que le prix des montres de luxe. Une carte militante, intitulée « Multinationales et autres fripouilles : carte au trésor », a été mise en ligne, ciblant les banques, entreprises internationales et assurances. Les milieux économiques, visiblement en émoi, craignent que cette carte ne devienne le GPS des manifestants en colère lors du sommet du G7 à Evian-les-Bains, prévu du 15 au 17 juin.
Ce qui se passe réellement
Arnaud Bürgin, président de la Fédération des entreprises romandes (FER), s’inquiète : « Être sur cette carte, c’est comme porter une cible sur le dos. » À deux mois de l’événement, les craintes d’éventuels actes de vandalisme se font sentir. Une coalition de collectifs, baptisée No-G7, a déjà annoncé son intention de manifester à Genève le 14 juin, dénonçant un sommet qu’elle qualifie de « réunion de discours fascistes, impérialistes et capitalistes. »
Le souvenir du G8 de 2003, où des milliers de casseurs avaient déferlé dans les rues de Genève, hante encore les esprits. Les dégâts avaient atteint des millions d’euros, laissant un traumatisme durable.
« Est-ce qu’on doit se barricader ? Mettre nos employés en télétravail ? Comment ça va se passer ? »
Arnaud Bürgin
Pourquoi cela dérange
La peur des milieux économiques est palpable. Ils demandent des réponses claires au Conseil d’État, mais pour l’instant, le silence est assourdissant. « On ne peut pas laisser cela se reproduire, » déclare Bürgin, espérant une interdiction des manifestations politiques pendant le sommet.
Ce que cela implique concrètement
Les entreprises se retrouvent dans une position délicate, oscillant entre la nécessité de protéger leurs biens et le respect des droits démocratiques. La Fédération des entreprises romandes a reçu de nombreuses demandes d’informations de la part de ses membres, mais ne peut offrir que des réponses vagues.
Lecture satirique
Ironiquement, alors que les entreprises craignent pour leur sécurité, les militants de gauche comme Pablo Cruchon affirment que cette carte est essentielle pour dénoncer les abus du capitalisme. « On a besoin d’une ligne claire, » plaide-t-il, soulignant l’absurdité de menacer de suspendre des droits démocratiques tout en restant muet sur les manifestations.
Effet miroir international
Cette situation rappelle les dérives autoritaires observées ailleurs, où les gouvernements tentent de museler la contestation. Les États-Unis, avec leur tendance à criminaliser les manifestations, et la Russie, où toute forme de dissidence est réprimée, sont des exemples éloquents de ce que pourrait devenir une gestion trop répressive des droits civiques.
À quoi s’attendre
À l’approche du sommet, les tensions risquent de monter. Les entreprises doivent se préparer à un été chaud, tant sur le plan climatique que politique. Les manifestations pourraient bien redéfinir le paysage de Genève, transformant la ville en un champ de bataille symbolique entre le capital et la contestation.
Sources
Source : france3-regions.franceinfo.fr




