*Par Claude Barate, universitaire, député honoraire

 

 

Dans le journal L’Indépendant daté du 9 avril 2026, un article intéressant vient poser le problème de la création d’une gare TGV sur la ligne nouvelle qui doit, relier Montpellier au réseau à grande vitesse existant, en contournant Perpignan

 

Rappelons qu’un TGV a pour objectif d’aller le plus rapidement possible d’un point à un autre. Par nature, il n’aime pas perdre du temps pour ralentir et rentrer dans le cœur des villes moyennes.

Le MEDEF du département s’inquiète, à juste titre, du déclassement possible de Perpignan. En effet le risque est majeur : le train à grande vitesse, ignorant la ville et sa station actuelle en centre-ville, pourrait passer à côté de Perpignan, sans s’arrêter. Il rejoindrait ainsi plus rapidement l’important nœud ferroviaire de Narbonne au confluent des lignes sud-nord et est-ouest.

Je partage totalement cette crainte et je ne voudrais pas que demain nous soyons obligés de prendre une navette à Perpignan pour aller prendre le TGV à Narbonne.

Je regrette simplement ne pas avoir été appuyé il y a plus de trente ans, lorsque député et 1ér adjoint au maire de Perpignan, je défendais l’idée d’installer la gare TGV sur la ligne nouvelle, à côté de l’aéroport de Perpignan pour créer ainsi un échange intermodal qui dynamise l’un et l’autre.

C’est cette perspective que j’avais intégré dans le projet de technopole dédié aux métiers du sport et de la santé que je souhaitais réaliser entre Perpignan, Saint-Estève et Rivesaltes.

C’est ce projet que les électeurs de Perpignan, ne m’ont pas permis de réaliser, aux élections municipales anticipées de 1993 !

Je dois préciser que je n’ai jamais été hostile à l’implantation d’une gare du côté de Saint-Assiscle. Dans un premier temps, avant la liaison à la grande vitesse européenne, elle était indispensable pour accueillir le TGV en provenance de Barcelone.

Je n’ai jamais cru aux sornettes de ceux qui disaient que cela permettrait aux Barcelonais de venir vivre à Perpignan et de continuer à travailler à Barcelone… Comme si Perpignan était une banlieue de la capitale catalane : idéologie ou simplement erreur de lecture de la sociologie des Barcelonais ?

Par contre, l’ouverture d’un pendant de la gare du centre-ville, si chère à Salvador Dali, du côté de Saint-Assiscle, offre l’immense avantage d’un accès plus rapide au train par la rocade de contournement de la Ville.

Créer le moment venu une gare TGV sur la ligne nouvelle à côté de l’aéroport de Perpignan, ne signifie pas l’arrêt de la gare côté de Saint-Assiscle. Bien au contraire, elle servira utilement au développement des transports inter régionaux et à la liaison avec la gare TGV.

Il n’est pas indispensable, d’obtenir dans un 1er temps la création de la gare TGV à côté de l’aéroport. Mais si on peut le faire tant mieux !
Par contre, il serait irresponsable de ne pas prévoir dans le tracé du contournement de Perpignan, cette possibilité technique pour pouvoir la réaliser le moment venu.

Dernière recommandation, à propos de la nature du tracé entre Perpignan et Montpellier, le TGV devra-t-il être consacré uniquement au transport de passagers, ou devra-t-il permettre également le transport de marchandises ?

La réponse est sans aucun doute transport mixte et le tracé de la voie nouvelle doit permettre ce caractère mixte.

J’entends déjà protester contre une dépense supplémentaire, inutile à leurs eux, ceux qui, n’ont comme horizon que le bout de leur nez
Quand un choix politique doit être fait, il doit toujours permettre le développement à venir : l’avenir doit toujours l’emporter sur le présent !

 

Claude Barate, universitaire, député honoraire

Gare TGV : Perpignan, la ville qui pourrait devenir un simple souvenir

La création d’une gare TGV à Montpellier pourrait bien reléguer Perpignan au rang de ville fantôme. Un projet qui soulève des inquiétudes légitimes, mais qui semble ignorer la réalité des besoins locaux.

Dans le journal L’Indépendant daté du 9 avril 2026, un article intéressant vient poser le problème de la création d’une gare TGV sur la ligne nouvelle qui doit relier Montpellier au réseau à grande vitesse existant, en contournant Perpignan. Rappelons qu’un TGV a pour objectif d’aller le plus rapidement possible d’un point à un autre. Par nature, il n’aime pas perdre du temps pour ralentir et rentrer dans le cœur des villes moyennes.

Ce qui se passe réellement

Le MEDEF du département s’inquiète, à juste titre, du déclassement possible de Perpignan. En effet, le risque est majeur : le train à grande vitesse, ignorant la ville et sa station actuelle en centre-ville, pourrait passer à côté de Perpignan, sans s’arrêter. Il rejoindrait ainsi plus rapidement l’important nœud ferroviaire de Narbonne, au confluent des lignes sud-nord et est-ouest.

Je partage totalement cette crainte et je ne voudrais pas que demain nous soyons obligés de prendre une navette à Perpignan pour aller prendre le TGV à Narbonne.

Je regrette simplement ne pas avoir été appuyé il y a plus de trente ans, lorsque député et 1er adjoint au maire de Perpignan, je défendais l’idée d’installer la gare TGV sur la ligne nouvelle, à côté de l’aéroport de Perpignan pour créer ainsi un échange intermodal qui dynamise l’un et l’autre.

C’est cette perspective que j’avais intégrée dans le projet de technopole dédié aux métiers du sport et de la santé que je souhaitais réaliser entre Perpignan, Saint-Estève et Rivesaltes. C’est ce projet que les électeurs de Perpignan ne m’ont pas permis de réaliser, aux élections municipales anticipées de 1993 !

Je dois préciser que je n’ai jamais été hostile à l’implantation d’une gare du côté de Saint-Assiscle. Dans un premier temps, avant la liaison à la grande vitesse européenne, elle était indispensable pour accueillir le TGV en provenance de Barcelone.

Je n’ai jamais cru aux sornettes de ceux qui disaient que cela permettrait aux Barcelonais de venir vivre à Perpignan et de continuer à travailler à Barcelone… Comme si Perpignan était une banlieue de la capitale catalane : idéologie ou simplement erreur de lecture de la sociologie des Barcelonais ?

Par contre, l’ouverture d’un pendant de la gare du centre-ville, si chère à Salvador Dali, du côté de Saint-Assiscle, offre l’immense avantage d’un accès plus rapide au train par la rocade de contournement de la Ville.

Créer le moment venu une gare TGV sur la ligne nouvelle à côté de l’aéroport de Perpignan ne signifie pas l’arrêt de la gare côté de Saint-Assiscle. Bien au contraire, elle servira utilement au développement des transports inter régionaux et à la liaison avec la gare TGV.

Il n’est pas indispensable d’obtenir dans un 1er temps la création de la gare TGV à côté de l’aéroport. Mais si on peut le faire, tant mieux ! Par contre, il serait irresponsable de ne pas prévoir dans le tracé du contournement de Perpignan cette possibilité technique pour pouvoir la réaliser le moment venu.

Dernière recommandation, à propos de la nature du tracé entre Perpignan et Montpellier, le TGV devra-t-il être consacré uniquement au transport de passagers, ou devra-t-il permettre également le transport de marchandises ?

La réponse est sans aucun doute transport mixte et le tracé de la voie nouvelle doit permettre ce caractère mixte.

J’entends déjà protester contre une dépense supplémentaire, inutile à leurs yeux, ceux qui n’ont comme horizon que le bout de leur nez. Quand un choix politique doit être fait, il doit toujours permettre le développement à venir : l’avenir doit toujours l’emporter sur le présent !

Pourquoi cela dérange

Les inquiétudes soulevées par la création d’une gare TGV à Montpellier ne sont pas infondées. La possibilité que Perpignan devienne une ville de passage, une simple ombre sur la carte ferroviaire, est une réalité qui ne peut être ignorée. Les promesses d’un développement intermodal semblent se heurter à la dure réalité des choix politiques.

Ce que cela implique concrètement

Si Perpignan est effectivement contournée, les conséquences seront désastreuses pour son économie locale. Les entreprises, déjà fragilisées, risquent de souffrir davantage de ce déclassement. Les habitants, quant à eux, pourraient se retrouver isolés, obligés de faire des détours pour accéder à des services essentiels.

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment les discours politiques se parent de bonnes intentions, tout en négligeant les réalités locales. Promettre une gare TGV à côté de l’aéroport tout en laissant la ville de Perpignan sur le bas-côté, c’est un peu comme promettre un festin à un affamé tout en lui laissant une miette. La déconnexion entre promesses et réalité est frappante.

Effet miroir international

Ce phénomène n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires que l’on observe ailleurs, où les décisions sont prises sans tenir compte des besoins des citoyens. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, la tendance à ignorer les voix locales au profit d’une vision centralisée est alarmante.

À quoi s’attendre

Si rien ne change, il est à craindre que Perpignan devienne un simple souvenir sur la carte ferroviaire. Les choix politiques doivent impérativement évoluer pour garantir un avenir où les villes ne sont pas sacrifiées sur l’autel de la vitesse.

Sources

Source : ouillade.eu

Tribune Libre/ Claude Barate* : “Pour une gare TGV à côté de l’aéroport de Perpignan”
Visuel — Source : ouillade.eu
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