Frontex : Quand la chasse aux migrants devient un sport de haut niveau

La plainte contre Fabrice Leggeri, ancien patron de Frontex, pour complicité de crimes contre l’humanité, révèle l’absurdité d’une Europe qui se dit humaniste tout en transformant la Méditerranée en cimetière.

Il y a des nouvelles qui, au premier abord, semblent tout droit sorties d’un mauvais film d’horreur. La plainte déposée en avril 2024 par la Ligue des droits de l’homme (LDH) contre Fabrice Leggeri, l’ancien patron de Frontex, pour complicité de crimes contre l’humanité, est de celles-là. Après deux ans de procédures, la cour d’appel de Paris a décidé qu’il y avait « lieu à informer sur les faits tels qu’ils résultent de la plainte ». Voilà un bel exemple de justice qui ne se laisse pas abattre, même si les 34 000 morts en Méditerranée depuis 2014 semblent faire partie d’un décor tragique que l’on préfère ignorer.

Ce qui se passe réellement

Les accusations portées contre Leggeri sont précises : complicité de refoulement, détention arbitraire et violences commises par les garde-côtes grecs en mer Égée. Rappelons-nous de la photo du petit Aylan Kurdi, ce symbole tragique de l’indifférence européenne, retrouvé noyé sur une plage grecque. La plainte vise aussi la collaboration étroite entre Frontex et les garde-côtes libyens, qui, avec l’appui financier et logistique de l’agence, ont pu agir en dehors de leurs eaux nationales. Ces opérations ont souvent conduit au retour des exilés dans un pays en guerre, où ils sont livrés à tous les trafics et exactions.

Pourquoi cela dérange

Ce qui est dérangeant, c’est la dissonance entre les discours politiques et la réalité sur le terrain. D’un côté, on nous parle de droits humains et de solidarité, et de l’autre, on finance des opérations qui mènent à des tragédies humaines. Fabrice Leggeri, selon son avocat, aurait même « délibérément caché et donné des consignes pour dissimuler les faits ». Une belle manière de jouer à l’autruche tout en étant aux commandes d’une agence qui prétend protéger les frontières de l’Europe.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette politique sont tragiques. La Méditerranée est devenue le plus grand cimetière du monde, et les chiffres, souvent sous-estimés, parlent d’eux-mêmes. La responsabilité de ceux qui orchestrent ces politiques de chasse aux migrants doit être mise en lumière. L’enquête qui s’ouvre pourrait bien être un tournant, mais il est légitime de se demander si elle ne sera pas étouffée par les mêmes forces qui ont permis à ces atrocités de se produire.

Lecture satirique

Il est ironique de constater que ceux qui prônent une Europe forte et sécurisée sont souvent les mêmes qui ferment les yeux sur les horreurs qui se déroulent sous leurs nez. Les promesses de protection des droits humains se heurtent à une réalité où l’on préfère sacrifier des vies pour maintenir une image de forteresse. On pourrait presque croire que les dirigeants européens prennent des notes sur les méthodes de gestion des frontières… de la Russie ou des États-Unis.

Effet miroir international

En effet, si l’on regarde au-delà de nos frontières, on voit des politiques ultraconservatrices qui se nourrissent de la peur et de la haine. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, la chasse aux migrants est devenue une stratégie politique. L’Europe, en se comportant de la sorte, ne fait que suivre le mouvement, tout en prétendant être le phare des droits humains.

À quoi s’attendre

Les prochaines étapes de cette enquête pourraient révéler des vérités bien sombres sur la manière dont l’Europe gère ses frontières. Mais, comme souvent, il est à craindre que les vérités soient étouffées sous le poids des intérêts politiques. La question demeure : jusqu’où ira cette hypocrisie avant que la conscience collective ne se réveille ?

Sources

Source : www.humanite.fr

Visuel — Source : www.humanite.fr
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