Fin de vie : Une Girondine dénonce l’absence de choix pour son mari malade

Mise à jour le 2026-01-19 18:00:00 : Sophie Risler-Charière raconte comment son mari a souffert sans pouvoir choisir sa fin de vie.

Alors que les propositions de loi sur la fin de vie sont examinées par le Sénat à partir de ce mardi 20 janvier, Sophie Risler-Charière raconte à ICI Gironde comment son mari Patrick, atteint d’une maladie neuro-dégénérative incurable, a passé les six derniers mois de sa vie à demander à mourir.

« On a volé sa mort à mon mari » : c’est le cri de colère lancé par une Girondine au moment où le Sénat examine à partir de ce mardi les propositions de loi sur la fin de vie. Portant d’une part, sur les soins palliatifs et de l’autre, sur l’aide à mourir, ce texte reporté à maintes reprises a été érigé comme priorité du deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron sur le volet sociétal.

« Pendant les six derniers mois, il a demandé à mourir toutes les semaines »

En décembre 2022 à Mérignac, ICI Gironde avait rencontré Sophie et Patrick Risler-Charière au cours d’un reportage consacré à ces Girondins qui réclament le suicide assisté. Alors âgé de 75 ans, Patrick souffrait d’une paralysie supranucléaire progressive, une maladie neuro-dégénérative incurable. Ce professeur de lettres à la retraite est finalement décédé le 12 juin 2023 après des mois de souffrance. « [Patrick] est mort en soins palliatifs« , raconte sa veuve Sophie. J’en veux d’avoir été obligée de le mettre dans un Ehpad parce qu’un Ehpad, ce n’est pas un endroit pour quelqu’un qui a une maladie neurodégénérative, qui réclamait effectivement auprès des médecins qu’ils l’aident à mourir. Et il n’a pas varié d’un iota les six derniers mois. Pendant les six derniers mois, il a demandé à mourir toutes les semaines. Il y avait une équipe de soins palliatifs qui lui disait – Monsieur, on peut pas, Monsieur, on peut pas.

Pour finir, Patrick a arrêté de s’alimenter et comme il a refusé d’être sous perfusion, il est quand même presque mort de faim et de soif. Et puis après, on a bien voulu le sédater quand vraiment il était au bout du bout (…) Alors les soins palliatifs, c’est merveilleux. Mais si on pouvait vivre effectivement toute sa fin de vie en soins palliatifs, ça irait. Ce qui n’a pas été le cas puisque mon mari a été obligé de passer sept mois en Ehpad. En France, on n’a pas les structures. Patrick il est allé à Marie Galène, à Saint-André. Ce sont des endroits merveilleux avec un personnel merveilleux. N’empêche qu’ils n’ont pas le droit de vous aider à mourir tant que vous n’êtes pas dans des souffrances. Mais qui pouvez juger des souffrances de mon mari qui avait toute sa tête mais qui ne pouvait plus ni manger, ni répondre au téléphone, ni lire, ni plus rien faire. Je ne souhaite à personne de vivre ce qu’on a vécu, ni ce qu’il a vécu lui, ni ce que moi j’ai vécu comme aidante et comme aimante.

Ma révolte, elle est totale parce que moi je demande à ce que chacun puisse choisir. Je n’oblige personne à mourir, mais chacun devrait avoir le droit de choisir sa mort. Mon mari et moi, nous avons vécu des moments que je juge indignes. On lui a volé sa mort. On m’a volé aussi sa fin de vie parce que c’est vrai que j’aurais aimé que ça se passe différemment. J’aurais aimé qu’il meure entouré de ses amis et de sa famille. Alors bien sûr qu’à l’hôpital Saint-André on pouvait aller le voir. Mais moi j’ai un fils qui vit au Canada. Si sa mort avait été prévue, il aurait été à côté de lui. J’ai des amis qui vivent très loin. Peut-être que j’aurais pu faire une fête de départ pour que Patrick voit une dernière fois tous ses amis et ça, on nous l’a volé.

Du « droit à l’aide à mourir » à « l’assistance médicale à mourir »

La droite sénatoriale, majoritaire, a rejeté via des amendements « le droit à l’aide à mourir », lui préférant le principe d’une « assistance médicale à mourir » beaucoup plus encadrée, et réservée aux patients dont le « pronostic vital » est engagé à « court terme » soit « de quelques heures à quelques jours » selon la Haute Autorité de Santé. L’assistance médicale à mourir pourrait être pratiquée par un médecin ou un infirmier, dans les cas où la personne serait trop faible pour s’administrer elle-même la substance létale. La proposition de loi initiale prévoyait un périmètre plus large en faisant mention d’une affection grave et incurable […] en phase avancée.

Sources

Source : France Bleu

Source : Sénat

Visuel d’illustration — Source : www.francebleu.fr

Source d’origine : Voir la publication initiale

Date : 2026-01-19 18:00:00 — Site : www.francebleu.fr


Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets

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Publié le : 2026-01-19 18:00:00 — Slug : fin-de-vie-on-a-vole-sa-mort-a-mon-mari-patrick-temoigne-une-merignacaise-favorable-au-suicide-assiste-ici

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