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C’est une entreprise du groupe céréalier régional Axereal qui a le vent en poupe. Fertiberry, le spécialiste européen de la semence de légumineuses, va investir pour augmenter ses capacités de production. L’entreprise castelroussine surfe sur de nouveaux marchés gagnés dans l’est de l’Europe.
C’est un simple hangar dans la périphérie de Châteauroux et, sans la modeste pancarte « Berry Semences », on pourrait passer devant sans en connaître l’existence. La société Fertiberry vit donc cachée et heureuse, car les bons chiffres et les nouveaux clients s’accumulent depuis plusieurs années.
« Nos semences certifiées leur apportent de la valeur ajoutée et leur permettent d’augmenter leur potentiel agronomique et leurs rendements » : ce slogan a valeur d’engagement pour le directeur industriel d’Axereal, la coopérative céréalière du Centre-Val de Loire qui possède Fertiberry.
Le groupe est donc prêt à pousser les murs de ce hangar pour lui permettre de se développer.
Une décision stratégique pour Axereal, dont le chiffre d’affaires s’effrite depuis 2023, passant de 5 milliards d’euros à un peu plus de 3 milliards en 2025. Axereal qui vient d’ailleurs de changer de président -départ de Jean-François Loiseau et arrivée de David Gonin- pour tenter de relancer la coopérative.
Dans cette atmosphère morose, le marché céréalier étant régulièrement marqué à la baisse, les bonnes nouvelles de l’entreprise castelroussine sont un véritable baume au cœur. Les perspectives sont très favorables car le semencier s’est positionné sur une activité soutenue par la PAC, la politique agricole commune, désormais orientée vers les pratiques agroécologiques.
« Notre entreprise est appelée à se développer car nous avons une expertise incomparable sur des espèces devenues incontournables.
Nous sommes le spécialiste des semences de légumineuses, luzerne, pois, féveroles, lupins etc, qui sont à la fois nécessaires pour les couverts d’intercultures, afin d’apporter de l’engrais naturel et qui ont un rôle majeur dans la captation du CO2 de l’atmosphère.
Pascal Gaucher, responsable opérationnel de Fertiberry
Toutes ces solutions sont soutenues par les états européens et nous assurent un avenir brillant. »
Fertiberry a développé un système de certification quasi infaillible, assurant une précision de plus de 99,5% sur l’ensemble du tri des semences.
Autrement dit, lorsqu’un client y achète des semences, il peut déjà se projeter vers une récolte prometteuse, grâce à la grande qualité des graines livrées.
Sur le plan technique, la PME castelroussine est presque seule en Europe à offrir cette garantie. Elle peut même répondre à des cahiers des charges très contraignants.
Nous avons répondu à un appel d’offres venant d’Uruguay où l’on acceptait de livrer des semences n’ayant aucun grain exogène. Par exemple, dans un kilo de semence de luzerne, on garantissait 100% de pureté. On a la même chose avec le sarrazin, qui permet de fabriquer des farines sans gluten.
Pascal Gaucher, responsable opérationnel de Fertiberry
« Dans ce cas, on utilise un trieur optique qui permet de garantir un produit totalement sans gluten. Parfois on utilise même des champs électromagnétiques pour exclure des semences en définissant leur profil en surface par rapport à l’espèce ou la variété que l’on souhaite conserver. »
Cette expertise vient conforter le positionnement de l’entreprise dans une filière appelée à s’accroître.
Si les pays de l’Est, Pologne, Tchéquie, Lituanie, sont venus taper à la porte de Fertiberry comme l’avait déjà fait l’Italie, l’Allemagne, le Danemark ou les Pays-Bas, c’est en raison de l’intérêt des semences de légumineuses fournies.
Elles représentent une avancée pour réduire les engrais azotés, plus chers et plus polluants et, surtout, elles ont l’avantage de stocker du CO2. Un hectare de luzerne, qui peut rester deux ou trois ans en terre avant d’être broyé pour laisser place à une nouvelle culture, est capable de capter autant de CO2 qu’un hectare de forêt.
Pour cette raison l’Union européenne va accentuer les aides à leur utilisation, renforçant, par ricochet, les perspectives de croissance de l’entreprise.
Fertiberry : La semence de l’absurde au cœur de l’agriculture européenne
Dans un hangar discret de Châteauroux, Fertiberry, spécialiste des semences légumineuses, s’apprête à conquérir l’Est de l’Europe, tandis qu’Axereal, son propriétaire, tente désespérément de redresser la barre financière.
Dans un monde où les promesses de croissance fleurissent comme des mauvaises herbes, Fertiberry, cette petite entreprise cachée derrière une pancarte modeste, semble avoir trouvé la recette miracle. Avec des chiffres en hausse et des clients qui affluent, il est difficile de ne pas se demander si cette success story n’est pas un mirage dans un désert économique. « Nos semences certifiées apportent de la valeur ajoutée », clame le directeur d’Axereal, comme si cela suffisait à compenser la chute vertigineuse de son chiffre d’affaires, passé de 5 milliards à 3 milliards d’euros en quelques années.
Ce qui se passe réellement
Fertiberry, sous l’égide d’Axereal, se positionne sur un marché en plein essor grâce à la politique agricole commune (PAC), désormais tournée vers l’agroécologie. Le semencier, qui se vante d’une précision de tri de 99,5%, attire des clients de l’Est européen, tout en se vantant de sa capacité à fournir des semences sans gluten, un exploit qui semble presque magique. Mais derrière cette façade de succès, la réalité est plus complexe.
Pourquoi cela dérange
Alors que Fertiberry se vante de son expertise, la coopérative Axereal est en pleine tourmente. Le changement de président, de Jean-François Loiseau à David Gonin, ne fait qu’ajouter une couche d’incertitude à une situation déjà précaire. Les promesses de croissance de Fertiberry semblent presque cyniques face à la réalité d’un marché céréalier en déclin.
Ce que cela implique concrètement
Les semences de légumineuses, vantées pour leur capacité à réduire les engrais azotés et à capter le CO2, sont présentées comme la solution aux maux de l’agriculture moderne. Pourtant, cette vision idyllique cache des enjeux plus vastes : la dépendance à des aides européennes et la nécessité de répondre à des cahiers des charges de plus en plus stricts.
Lecture satirique
Il est ironique de voir une entreprise qui se présente comme le champion de l’agroécologie prospérer dans un contexte où les discours politiques se contredisent. D’un côté, on prône la durabilité et la réduction des émissions de CO2, de l’autre, on assiste à une course effrénée à la rentabilité, où les promesses de croissance sont souvent déconnectées de la réalité du terrain.
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, des pays comme les États-Unis et la Russie montrent que les discours politiques peuvent être tout aussi déconnectés des réalités économiques. Les promesses de prospérité et de durabilité sont souvent suivies de décisions qui favorisent l’agriculture intensive et polluante. Fertiberry, malgré ses bonnes intentions, ne fait pas exception à cette règle.
À quoi s’attendre
Si Fertiberry continue sur sa lancée, on peut s’attendre à une expansion rapide, mais à quel prix ? Les promesses de croissance doivent être examinées de près, car elles pourraient bien se heurter à la réalité d’un marché en crise.
Sources
Source : france3-regions.franceinfo.fr




