Fast Fashion : Le Relais de Provence face à la baisse de qualité des dons de vêtements
Mise à jour le 2026-02-25 19:04:00 : Le Relais de Provence, à Avignon, déplore une hausse des vêtements acryliques, impactant le recyclage.
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Que deviennent nos dons de vêtements dans le Gard rhodanien ? Un peu partout dans l’agglomération, des bornes métalliques blanches, estampillées du logo Le Relais, accueillent blousons, chemises, jeans ou baskets. Mais que deviennent-ils ?
Plusieurs fois par semaine, les conteneurs sont vidés et les habits transportés vers l’entrepôt du Relais de Provence, situé au Village des métiers à Avignon. Ici, 4 200 tonnes de textiles provenant du Gard, de l’Hérault, du Vaucluse ou encore de la Drôme sont triées chaque année sur les tapis roulants.
Pourtant, derrière ce nombre impressionnant, qui augmente d’année en année, l’entreprise constate une baisse de la qualité des textiles, dont la fast fashion est le terrible porte-étendard.
« On reçoit de plus en plus de vêtements acryliques. Ils sont portés trois fois et quand nous les récupérons ils sont déjà usés et déformés donc on ne peut rien en faire », déplore David Fillon, directeur du Relais de Provence. Il cible notamment des enseignes comme Shein, Temu et Kiabi qui « utilisent les mêmes méthodes de conception ».

Les bons comportements à adopter pour que le don profite à tous
Près de 70 bornes blanches trônent un peu partout dans l’agglomération du Gard rhodanien. Elles accueillent les vêtements, maroquinerie et chaussures des habitants qui souhaitent faire un don ou simplement renouveler leur dressing. Un geste simple, solidaire… mais qui demande quelques précautions pour que vos habits aient une seconde vie.
Le Relais recommande d’emballer les vêtements dans des sacs en plastique, comme des sacs-poubelle. « S’il pleut ou que l’humidité s’infiltre, le vêtement est fichu », prévient David Fillon, directeur du site. Les chaussures doivent être attachées par leurs lacets pour ne pas se perdre en chemin. Et surtout, il ne faut jamais laisser de vêtements au pied des bornes : exposés aux intempéries ou à la poussière, ils risquent de s’abîmer avant même d’arriver à l’entrepôt.
Ces gestes simples permettent de protéger les dons et de garantir qu’ils seront triés, recyclés ou vendus en friperie dans les meilleures conditions.
Un travail manuel essentiel
Dans l’entrepôt, de nombreuses cages métalliques sont pleines à déborder de vêtements en tout genre : robe cintrée, pull en laine, chaussures usées. Ces textiles sont triés un à un par les 60 salariés, dont 18 sont en insertion professionnelle. Les locaux ressemblent à une usine, où le travail manuel est essentiel.
Chaque pièce trouve sa place : vente en friperie, export ou recyclage. Les jeans ou pulls trop abîmés sont transformés en mousse isolante. Les t-shirts en coton deviennent des chiffons utilisés au quotidien par les employés.

Mais pour les vêtements synthétiques, ça coince. « Ce sont des assemblages de matières compliqués à recycler. Il faudrait des outils spécifiques, que nous n’avons pas en France. Les développer prendra encore des années », déplore David Fillon.
Une fois triés, ces vêtements sont stockés dans l’entrepôt, parfois en piles gigantesques de ballotins soigneusement attachés. Certains partent à l’étranger, par exemple au Pakistan, où ils sont recyclés et transformés en nouvelles fibres. « Ils ne sont pas là pour prendre toute la misère du monde et de la France en particulier, donc on essaie de limiter. Et nos stocks grossissent encore », témoigne David Fillon.

Le prix de la tonne fixé à 304 €
L’impact n’est pas que logistique : l’économie de l’entreprise est également touchée. Les textiles non vendables ne rapportent rien, alors que le prix de la tonne triée est de 304 €. Le Relais reçoit une partie de cette contribution via Refashion, l’éco-organisme financé par la responsabilité des producteurs de vêtements. Cette année, la projection prévoit une aide de 228 € par tonne.

Malgré ces nouvelles contraintes, Le Relais de Provence constate « la même générosité » chez les donateurs, avec une « grosse » quantité de vêtements en bon état. « On continue de réceptionner beaucoup d’habits de marque en bonne qualité », ajoute David Fillon.
Grâce à ces dons en bon état, l’entreprise arrive à alimenter sa friperie avignonnaise. 8 à 10 % des textiles triés se retrouvent en vente. Ils sont étiquetés « en moyenne trois à quatre fois moins cher que le prix d’origine », précise le directeur du site.
L’entreprise espère que ces gestes, qui impactent également l’écologie, continueront chez les habitants du Gard rhodanien.

Source d’origine : Voir la publication initiale
Date : 2026-02-25 19:04:00 — Site : www.midilibre.fr
Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets
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Publié le : 2026-02-25 19:04:00 — Slug : on-recoit-de-plus-en-plus-de-vetements-acryliques-la-plateforme-de-tri-de-vetements-davignon-deplore-les-derives-de-la-fast-fashion
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