Fact-Checking en Afrique Francophone : Un Rempart ou un Mirage ?

Alors que la désinformation fait des ravages, les fact-checkers se battent avec des armes en papier. Qui a dit que la vérité était une priorité ?

Dans un monde où les fake news pullulent comme des champignons après la pluie, la Plateforme africaine des fact-checkers francophones (PAFF) appelle à une « véritable pause introspective ». Oui, vous avez bien lu. La pandémie de Covid-19 a été le catalyseur d’une explosion d’initiatives de fact-checking, mais la question demeure : est-ce vraiment efficace ? Les auteurs de l’étude affirment que le fact-checking est « un rempart essentiel pour les sociétés démocratiques confrontées à des vagues continues de contenus falsifiés ». Mais est-ce un rempart ou un mirage ?

Ce qui se passe réellement

La PAFF a analysé près de 3.000 articles de 26 organisations de fact-checking dans neuf pays francophones : RDC, Mali, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Centrafrique, Sénégal et Togo. Premier constat : la politique et la sécurité sont les sujets les plus vérifiés, représentant presque un article sur deux. Cela s’explique par des crises persistantes, mais aussi par la menace terroriste qui rôde dans le Sahel. En revanche, les droits des femmes et l’égalité entre les sexes ? Moins de 2% des articles. Les enjeux climatiques ? À peine 3%.

Pourquoi cela dérange

Il est fascinant de voir que, malgré la sophistication croissante du fact-checking, ce dernier ne concerne qu’un article sur dix. La majorité des efforts se concentre sur le debunking, cette pratique qui consiste à démasquer les fausses informations. En gros, on passe plus de temps à balayer les miettes qu’à cuisiner un repas complet. Et pendant ce temps, les vérités essentielles sur le climat et l’égalité sont laissées de côté, comme des invités non désirés à une fête.

Ce que cela implique concrètement

La faible représentation du fact-checking est attribuée à ce que les auteurs appellent le « pluralisme autoritaire ». Autrement dit, les médias existent, mais sous le contrôle des pouvoirs en place. Les fact-checkers sont perçus comme des trouble-fêtes, et dans des pays comme le Burkina Faso ou le Mali, ils sont pris dans une guerre de récits où la vérité est souvent la première victime.

Lecture satirique

Les gouvernements, en particulier ceux qui se croient au-dessus de tout, semblent avoir une peur bleue des fact-checkers. Pourquoi ? Parce qu’ils démolissent la propagande de tout pouvoir. Imaginez un peu : un gouvernement qui se vante de sa transparence, mais qui tremble à l’idée qu’un fact-checker puisse pointer du doigt une incohérence. C’est un peu comme un magicien qui dévoile ses tours : pas très bon pour le spectacle.

Effet miroir international

Et pendant que nous luttons contre la désinformation en Afrique, de l’autre côté de l’Atlantique, les États-Unis et la Russie s’illuminent de la même lueur. Les discours politiques déconnectés de la réalité, les promesses non tenues et les manipulations médiatiques sont des maux universels. Loin d’être un problème isolé, la désinformation est un fléau qui traverse les frontières, et les fact-checkers, armés de leur seule volonté, se battent contre des moulins à vent.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, on peut s’attendre à ce que le fact-checking devienne un champ de bataille encore plus intense. Les pouvoirs en place vont continuer à tenter de museler ceux qui osent dire la vérité, et les fact-checkers devront redoubler d’efforts pour couvrir l’ensemble des informations trompeuses. Mais qui sait ? Peut-être qu’un jour, la vérité finira par l’emporter.

Sources

Source : www.dw.com

Visuel — Source : www.dw.com
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