Les « appartements à cendres » : un nouveau marché funéraire en Chine

Face à la saturation des cimetières, les Chinois se tournent vers des logements bon marché pour conserver les cendres de leurs défunts, une pratique désormais ciblée par les autorités.

Introduction

En Chine, la mort prend une tournure inattendue. Alors que les cimetières débordent, des familles trouvent refuge dans des « appartements à cendres ». Oui, vous avez bien lu : des appartements où l’on entrepose les urnes de nos chers disparus. Une solution radicale qui, comme tout bon phénomène chinois, attire l’attention des autorités.

Ce qui se passe réellement

La pratique des « gu hui fang » (appartements à cendres) s’est développée en réponse à une urbanisation galopante et un vieillissement de la population. En 2025, la Chine a enregistré 11 millions de décès, mais les espaces pour les cendres se font rares. Les prix des concessions funéraires flambent, atteignant l’équivalent de six mois de salaire pour un enterrement. Face à cette situation, certaines familles choisissent d’acheter des appartements bon marché pour y conserver les urnes de leurs proches.

Ces logements, souvent achetés à prix dérisoire, sont transformés en sanctuaires. Les fenêtres sont condamnées pour éviter les nuisances, et la décoration se fait dans un style… disons, très personnel, avec autels, lumières rouges et brûleurs d’encens. Un studio peut suffire pour plusieurs urnes, et avec plus de 60 millions d’appartements vides en Chine, le marché est florissant.

Pourquoi cela dérange

Mais voilà, le gouvernement central, après avoir longtemps ignoré ce phénomène, a décidé de frapper un grand coup. Fin mars, une nouvelle législation a été annoncée : il sera désormais interdit de stocker des urnes dans ces appartements. Les familles devront se tourner vers des cimetières classiques ou des alternatives moins coûteuses, comme la dispersion des cendres en mer. Un bel exemple de déconnexion entre la réalité des familles et les décisions politiques.

Ce que cela implique concrètement

Cette législation ne fait qu’ajouter à la détresse des foyers les plus modestes, qui voient leurs options funéraires se réduire. Les appartements à cendres, bien qu’inhabituels, représentaient une solution pragmatique face à une crise funéraire. En interdisant cette pratique, le gouvernement ne fait qu’aggraver la situation, laissant les familles dans l’incertitude.

Lecture satirique

Ironiquement, alors que le gouvernement prône des valeurs de respect et de dignité pour les défunts, il choisit de fermer les yeux sur les réalités économiques qui poussent les familles dans cette situation. La promesse d’un « système funéraire digne » s’effondre face à la réalité des coûts exorbitants. Une belle contradiction, n’est-ce pas ?

Effet miroir international

En regardant au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec d’autres régimes autoritaires qui tentent de contrôler la vie, et même la mort, de leurs citoyens. Que ce soit aux États-Unis avec des politiques d’immigration strictes ou en Russie avec la répression des libertés, la tendance à vouloir contrôler les choix individuels est universelle.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il est probable que les familles devront s’adapter à des solutions encore plus radicales. Peut-être que la dispersion des cendres en mer deviendra la norme, ou que des « cimetières flottants » verront le jour. Qui sait ? Une chose est sûre : la mort, tout comme la vie, se monétise.

Sources

Franceinfo


Visuel — Source : www.franceinfo.fr

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