Aux confins du parc national de la Jacques-Cartier, le skieur dévale silencieusement une pente douce lorsque subitement, il aperçoit deux grands canidés sur le sentier. Ceux-ci disparaissent en un clin d’œil, laissant une question en suspens : est-ce qu’il s’agissait de loups ? De coyotes ? Ou de quelque chose entre les deux ?
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« Au Québec, on reconnaît deux espèces chez les grands canidés, le loup gris et le coyote, explique Marianne Cheveau, biologiste-chercheuse au ministère québécois de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP). Mais quand on creuse un peu, en termes génétiques, il y a quatre groupes : le coyote et trois groupes génétiques de loups, soit le loup gris, le loup boréal et le loup de l’Est. »
Pour compliquer les choses, il y a beaucoup d’hybrides, pas seulement entre les différents groupes de loups, mais entre les loups et les coyotes.
« Et il y a même parfois un peu de chien domestique chez certains grands canidés sauvages », ajoute Mme Cheveau.
Des chercheurs ont étudié récemment le profil génétique de 538 grands canidés récolté dans différentes régions du Québec. Ils ont déterminé qu’il s’agissait de loups gris (17 %), de loups boréaux (23 %), de loups de l’Est (2 %), de coyotes de l’Est (33 %) et d’hybrides (25 %).
Si on prend les trois familles génétiques de loups, physiquement, ils sont pas mal pareils. Qu’il s’agisse des traits physiques, de la taille ou de la coloration de la fourrure, c’est pratiquement impossible de les distinguer.
Marianne Cheveau, biologiste-chercheuse au MELCCFP
Elle reconnaît que cette distinction entre trois familles génétiques de loups intéresse essentiellement les scientifiques. Le randonneur « ordinaire », lui, cherche surtout à savoir si le gros canidé qu’il aperçoit est un loup ou un coyote. Malheureusement, il n’est pas facile de répondre à cette question en raison de l’hybridation. L’emplacement peut donner un indice.
PHOTO MARIE TISON. ARCHIVES LA PRESSE
Il n’est pas facile de photographier un loup en pleine nature. Cette photo a donc été prise au Sanctuaire de loups Lupo.
« Si on est sur la rive sud du Saint-Laurent, où on retrouve presque exclusivement des coyotes, on peut être pas mal certain que c’est un coyote qu’on a rencontré, mais dès qu’on est au nord du fleuve, on ne peut pas être certain à 100 % parce que les deux espèces sont là et qu’il y a beaucoup d’hybridation », déclare Mme Cheveau.
En théorie, les loups sont un peu plus massifs que les coyotes, leurs traces sont plus grosses.
« Mais avec l’hybridation, c’est difficile de savoir, souligne Mme Cheveau. Il y a aussi des pistes de chien qui ressemblent beaucoup aux pistes de coyote et de loup. Parfois, on a l’impression d’avoir vu un canidé sauvage, mais dans le fond, c’est un chien qui est passé par là. »
PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE
Les empreintes de loup et de coyote se ressemblent. Ici, il s’agirait d’un coyote.
Les excréments des loups et des coyotes se ressemblent également. Contrairement aux crottes de chien, on y trouve beaucoup de poils parce qu’ils mangent la totalité de leurs proies. Les loups vont peut-être manger de plus grosses proies que les coyotes : le poil serait plus gros, plus rigide que le poil des petites proies des coyotes. Mais avec l’hybridation, tout ça peut changer.
« On a justement un projet pour voir comment le taux d’hybridation influence le régime alimentaire », note Marianne Cheveau.
Le comportement des deux espèces est également similaire.
PHOTO GETTY IMAGES
Un coyote de l’Est
« Je pense que l’on constate davantage des différences entre les individus. Les animaux ont leur propre personnalité. »
En général, les grands prédateurs sont plus actifs au lever ou au coucher du soleil. Mais ils peuvent aussi être actifs en pleine journée. Une rencontre est donc toujours possible, même si les loups et les coyotes essaient d’éviter les humains.
On a répertorié très peu d’attaques de loups contre les humains. Il y a eu des cas de coyotes agressifs, mais selon Mme Cheveau, ça reste anecdotique.
On ne connaît pas les circonstances exactes. On sait que les animaux peuvent être agressifs s’ils ont des jeunes, ou s’ils sont surpris.
Marianne Cheveau, biologiste-chercheuse au MELCCFP
Règle générale, c’est une bonne idée de faire connaître sa présence lorsqu’on se promène en forêt, soit en utilisant une clochette ou en jasant avec son partenaire de randonnée, pour éviter de surprendre un animal.
« S’il y a une rencontre et que l’animal s’approche, il faut rester debout, garder un contact visuel, parler d’une voix ferme, recommande Mme Cheveau. On ne fuit pas, on ne tourne pas le dos, on s’éloigne tranquillement en reculant. Si l’animal est vraiment agressif, on peut lancer des choses pour le faire fuir. »
PHOTO GETTY IMAGES
Comme les loups, les coyotes peuvent hurler.
Après une discussion avec un naturaliste du parc national de la Jacques-Cartier, le skieur conclut qu’il a probablement vu des loups. Il est content.
En effet, les gens semblent davantage fascinés par les loups que par les coyotes. Les loups sont un peu plus mythiques, légendaires.
« Le coyote, je ne sais pas pourquoi, est plus mal aimé, déplore Mme Cheveau. Ça reste que les deux espèces jouent un peu le même rôle dans l’écosystème, ce sont des prédateurs de haut niveau. »
Les coyotes devraient peut-être engager une firme de relations publiques pour rehausser leur cote de popularité.
Suggestion vidéo
Attaque de loup
Un loup attaque une caméra de surveillance installée par le Voyageur Wolf Project, au Minnesota. La caméra a survécu.
Le chiffre de la semaine
70
C’est le poids en kilogrammes que peut atteindre un gros loup mâle.
Est-ce un loup ou un coyote ? La grande confusion des canidés
Chapeau : Un skieur au parc national de la Jacques-Cartier se retrouve face à un dilemme canin : loup ou coyote ? Une question qui, comme bien des enjeux contemporains, révèle des incohérences troublantes dans notre rapport à la nature.
Ce qui se passe réellement
Aux confins du parc national de la Jacques-Cartier, un skieur dévale silencieusement une pente douce lorsqu’il aperçoit deux grands canidés sur le sentier. Ces créatures disparaissent en un clin d’œil, laissant le skieur perplexe : s’agissait-il de loups, de coyotes, ou d’un hybride des deux ? Selon Marianne Cheveau, biologiste-chercheuse au ministère québécois de l’Environnement, la réponse est plus compliquée qu’il n’y paraît. Au Québec, on reconnaît deux espèces principales : le loup gris et le coyote. Mais en grattant un peu, on découvre un véritable casse-tête génétique avec quatre groupes : le coyote, le loup gris, le loup boréal et le loup de l’Est.
Pour compliquer les choses, l’hybridation entre ces espèces est courante, et il n’est pas rare de croiser des canidés qui ont un peu de chien domestique dans leur ADN. Des chercheurs ont récemment analysé 538 grands canidés au Québec et ont trouvé un mélange de loups gris (17 %), de loups boréaux (23 %), de loups de l’Est (2 %), de coyotes de l’Est (33 %) et d’hybrides (25 %). Un vrai melting-pot canin !
Pourquoi cela dérange
Cette confusion n’est pas sans rappeler les discours politiques actuels, où les frontières entre les vérités et les mensonges semblent s’estomper. Comme les canidés, les promesses politiques se mélangent et se hybridisent, créant un flou qui déroute le citoyen. Les politiciens, tout comme les biologistes, semblent parfois incapables de distinguer le vrai du faux.
Ce que cela implique concrètement
La difficulté à identifier ces animaux a des conséquences directes sur la gestion de la faune et la sécurité des randonneurs. Si un skieur pense avoir vu un loup, il pourrait réagir différemment que s’il avait vu un coyote. Or, la réalité est que les deux espèces jouent un rôle similaire dans l’écosystème. Cette mécompréhension peut mener à des décisions absurdes, comme la mise en place de politiques de gestion qui ne tiennent pas compte de la complexité de la situation.
Lecture satirique
La fascination pour les loups, souvent perçus comme des créatures mythiques, contraste avec le sort des coyotes, qui semblent mal-aimés. Comme le souligne Mme Cheveau, les coyotes pourraient même envisager de faire appel à une agence de relations publiques pour améliorer leur image. Une ironie qui fait écho à la manière dont certaines populations sont traitées dans le discours politique : les « loups » d’un côté, les « coyotes » de l’autre. Qui mérite vraiment notre attention ? Qui est le véritable prédateur ?
Effet miroir international
Cette confusion n’est pas unique à notre écosystème. À l’échelle internationale, les discours politiques se mélangent également, entre promesses de paix et actions militaires. Les États-Unis, par exemple, jonglent entre l’image d’un protecteur des droits humains et celle d’un acteur militaire sur la scène mondiale. Comme nos canidés, les nations semblent parfois incapables de se définir clairement.
À quoi s’attendre
À l’avenir, il est probable que cette hybridation se poursuive, tant chez les canidés que dans le discours politique. Les citoyens devront naviguer dans un paysage de plus en plus complexe, où les vérités sont souvent aussi floues que les empreintes laissées dans la neige.
Sources

Visuel — Source : www.lapresse.ca



