Espagne : Quand l’Église se met à l’heure de la justice… à la traîne
Un accord « pionnier » pour indemniser les victimes d’agressions sexuelles, mais à quel prix ? Entre promesses et réalité, la messe est-elle vraiment dite ?
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Le 30 mars, le gouvernement de Pedro Sánchez et l’Église espagnole ont signé un accord qui se veut révolutionnaire pour indemniser les victimes d’agressions sexuelles commises par des religieux. Après des années de silence et d’opacité, voilà que l’Église se réveille à deux mois de la visite du pape Léon XIV. Coïncidence ? On pourrait le croire, mais l’optimisme est de mise dans les couloirs du pouvoir.
Ce qui se passe réellement
Ce fameux accord, conclu en janvier, concerne uniquement « les affaires qui sont prescrites ou lorsque l’auteur est décédé », comme l’a précisé le ministre de la Justice, Félix Bolaños. Une journée de justice, dit-il, pour ces milliers de victimes qui, jadis, ont subi des abus au sein de l’Église catholique, sans jamais recevoir le soutien qu’elles méritaient. L’accord, qui ne fixe pas de barèmes d’indemnisation, sera traité au cas par cas, avec la participation du gouvernement, de l’Église et du Défenseur du peuple espagnol.
Pourquoi cela dérange
Le ministre se félicite d’un accord « pionnier dans le monde », mais on ne peut s’empêcher de se demander si l’Église n’est pas simplement en train de jouer la carte de la responsabilité à moindres frais. Après des décennies de dénégation, l’Église a enfin décidé d’enquêter sur les abus, mais seulement après qu’un rapport a révélé que plus de 200 000 mineurs auraient pu être victimes d’agressions. Un chiffre qui pourrait atteindre 400 000 si l’on inclut les laïcs. L’Église, quant à elle, a trouvé 2 056 victimes. Une belle performance, n’est-ce pas ?
Ce que cela implique concrètement
Les victimes devront donc se battre pour obtenir une indemnisation, sans barème clair, dans un processus qui pourrait s’apparenter à un parcours du combattant. L’État a le dernier mot, mais qui peut vraiment croire que l’Église va se plier à une justice véritable ?
Lecture satirique
Ironie du sort : l’Église, qui a longtemps gardé le silence sur ces abus, se retrouve aujourd’hui à reconnaître sa responsabilité, mais uniquement dans les cas où les coupables sont déjà six pieds sous terre. Une belle manière de faire amende honorable, n’est-ce pas ? Entre promesses de justice et réalité, il y a un gouffre que même le Vatican aurait du mal à franchir.
Effet miroir international
Si l’on regarde au-delà des Pyrénées, on constate que cette situation n’est pas unique. Aux États-Unis, des scandales similaires continuent de faire surface, tandis qu’en Russie, l’Église orthodoxe reste un bastion de pouvoir, souvent au détriment des droits humains. La question se pose : l’Église catholique espagnole s’inspire-t-elle des méthodes de ses homologues ?
À quoi s’attendre
Avec un tel accord, on peut s’attendre à une lenteur administrative qui pourrait faire passer un escargot pour un coureur olympique. Les victimes devront faire preuve de patience, et peut-être même de désespoir, avant d’obtenir une quelconque forme de réparation.
