Espagne : Quand l’Église se réveille enfin… à deux mois de la visite du pape

Un accord « pionnier » pour indemniser les victimes d’agressions sexuelles, mais à quel prix pour la crédibilité de l’Église ?

Le 30 mars, le gouvernement de Pedro Sánchez a signé un accord avec l’Église espagnole pour indemniser les victimes d’agressions sexuelles commises par des religieux. Un geste qui arrive après des années de déni et d’opacité, juste à temps pour accueillir le pape Léon XIV. Coincidence ? On en doute.

Ce qui se passe réellement

Ce fameux accord, conclu en janvier, concerne « les affaires qui sont prescrites ou lorsque l’auteur est décédé », a précisé le ministre de la Justice, Félix Bolaños. À l’issue de la signature, il a qualifié cette journée de « journée de justice » pour les milliers de victimes qui ont longtemps été mises sous silence. Mais comment peut-on parler de justice quand les indemnisations seront décidées au cas par cas, sans barème établi ?

Ce document, paraphé avec la Conférence épiscopale espagnole (CEE), est « pionnier dans le monde ». En effet, il stipule que l’État a le dernier mot et que l’Église doit verser les indemnisations. Mais, dans un monde idéal, qui aurait dû être le premier à agir ? L’Église, ou l’État ?

Pourquoi cela dérange

Ce qui est dérangeant, c’est la lenteur avec laquelle l’Église a réagi. Après des années de dénégation, elle a finalement accepté d’enquêter sur les abus en 2022. Mais il aura fallu un rapport du Défenseur du peuple, estimant que plus de 200 000 mineurs auraient subi des agressions depuis 1940, pour que l’Église se décide à bouger. Et encore, elle conteste les chiffres !

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cet accord sont doubles. D’une part, il représente une avancée pour les victimes, mais d’autre part, il soulève des questions sur la responsabilité réelle de l’Église. En effet, comment peut-on parler de reconnaissance de responsabilité quand les chiffres varient selon les rapports ?

Lecture satirique

Ironiquement, l’Église, qui a longtemps prêché la vérité et la transparence, semble avoir oublié ces valeurs lorsqu’il s’agit de ses propres abus. « Reconnaître sa responsabilité » après des décennies de silence, c’est un peu comme un voleur qui revient sur les lieux du crime pour dire « Désolé, j’ai pris votre portefeuille ».

Effet miroir international

En observant cette situation, on ne peut s’empêcher de penser aux dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les institutions religieuses et politiques se protègent mutuellement. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, la manipulation de la vérité et le silence face aux abus sont des pratiques qui semblent universelles.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il sera crucial de suivre l’évolution de cet accord. Les victimes obtiendront-elles réellement justice, ou cet accord ne sera-t-il qu’un écran de fumée pour apaiser les consciences ?

Sources

Source : www.la-croix.com

Visuel — Source : www.la-croix.com
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