Avec 138 voix sur 188, le maire de Sailly-lez-Lannoy conserve le poste de président de la Métropole européenne de Lille (MEL), qu’il occupait par intérim depuis le 9 janvier 2026. Face à lui, l’Insoumise Lahouaria Addouche a récolté 21 voix.
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Résultats des élections municipales 2026
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Ce 10 avril, les 188 conseillers communautaires ont eu la lourde tâche de désigner le nouveau président (ou la nouvelle présidente) de la Métropole européenne de Lille (MEL). Un scrutin qui était presque joué d’avance en faveur du président d’intérim Éric Skyronka, qui remplaçait le démis de ses fonctions Damien Castellain depuis le 9 janvier 2026, à la tête de la quatrième plus grande métropole française. Le maire de Sailly-lez-Lannoy a largement remporté le suffrage, sans grande surprise, face à un conseil métropolitain peu bouleversé par les élections municipales.
Eric Skyronka dans son siège de président de la MEL.
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© MEL
Issu du groupe Métropole passions communes, constitué de petites communes rurales qui restent majoritaires numériquement dans le conseil, Éric Skyronka a reçu le soutien de plusieurs élus centristes et de droite, restant sur la lignée de son prédécesseur.
Une seule candidate s’est présentée face à Éric Skyronka. La France insoumise, à travers le maire de Roubaix David Guiraud, avait annoncé qu’elle aurait un candidat ou une candidate. Lors de la séance, Lahouaria Addouche, arrivée en seconde position à la mairie de Lille lors des dernières municipales, a annoncé son intention de briguer le poste de présidente pour Métropole Insoumise écologiste et solidaire. « La Métropole européenne de Lille telle qu’elle fonctionne aujourd’hui est une institution éloignée du peuple, qui décide beaucoup mais sans le peuple, ce système produit des injustices très concrètes.«
Lahouaria Addouche était candidate à la mairie de Lille.
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© Sébastien Gurak / FTV
Face à elle, Éric Skyronka, qui a reçu de nombreux soutiens notamment du côté des socialistes, remercie les conseillers de lui avoir laissé les clés du conseil, dont il explique assumer « la présidence de la MEL avec sérieux et avec un engagement sans faille, porté par une vision simple : notre métropole n’a de sens que si elle est utile.«
Vers 15h30, après une heure de prises de paroles, les conseillers métropolitains ont finalement procédé au vote, élisant Éric Skyronka avec 138 voix. 22 votes blancs ont été comptés, ainsi que 21 voix pour Lahouaria Addouche.
L’ancien maire de Péronne-en-Mélentois, Damien Castelain, a été condamné à 18 mois d’emprisonnement avec sursis, 20 000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et effet immédiat, par la cour d’appel de Douai le 16 décembre 2025. L’ancien président de la MEL, élu depuis 2014, était jugé notamment pour détournement de fonds publics. Sa condamnation l’a empêché de se représenter aux municipales et, ainsi, de briguer un nouveau mandat à la tête de la Métropole lilloise.
La seule zone d’ombre de cette élection concerne l’exécutif, avec la désignation du ou de la vice président·e, traditionnellement socialiste. Selon le politologue Pierre Mathiot : « La question est, quelle place va être accordée à la gauche ? Les Insoumis et les Écologistes ont déjà informé qu’ils ne voulaient pas gouverner dans l’exécutif. Alors où vont être Arnaud Deslandes et ses adjoints ? S’ils ne sont pas dans l’exécutif ce sera un message et un changement forts.«
Historiquement, le titre de vice-président est revenu à la majorité qui gouverne la ville principale, en l’occurrence Lille, aux mains des socialistes depuis les années 50. « Ce serait une rupture historique que l’équipe dirigeante de la ville centre soit exclue de l’exécutif« , souligne l’expert.
Francis Vercamer, maire de Hem, et vice-président de la MEL.
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© MEL
Pourtant, c’est bel et bien ce qu’il s’est produit ce vendredi après-midi, puisqu’Éric Skyronka, fraîchement élu, a proposé le nom de Francis Vercamer, maire UDI de Hem, pour occuper ce poste. Sans aucun autre candidat prononcé, l’ancien député a ainsi été élu vice-président de la MEL à l’unanimité (excepté 40 abstentions).
Avec 2 milliards d’euros de budget, les compétences de la Métropole sont extrêmement importantes car elles sont structurelles pour le territoire. La MEL se charge notamment du lourd dossier des transports, en gérant notamment Ilévia et l’arrivée des rames BOA, elle se charge aussi de la gestion des ordures, de l’eau, des gens du voyage, des infrastructures… Bref, des sujets politiques lourds, qui influencent directement la vie des habitants des 95 communes.
Éric Skyronka : Le Grand Retour du Président Invisible
Éric Skyronka, réélu à la tête de la Métropole européenne de Lille, incarne une continuité politique qui laisse perplexe. Pendant ce temps, l’opposition se débat dans l’ombre.
Le 10 avril, les 188 conseillers communautaires ont eu l’honneur de réélire Éric Skyronka, le maire de Sailly-lez-Lannoy, à la présidence de la Métropole européenne de Lille (MEL) avec un score écrasant de 138 voix. Face à lui, la candidate de La France Insoumise, Lahouaria Addouche, n’a pu rassembler que 21 voix. Un résultat qui, à première vue, semble confirmer la stabilité du paysage politique local, mais qui, en réalité, soulève des questions sur la représentativité et l’engagement démocratique.
Ce qui se passe réellement
Skyronka, qui a pris les rênes de la MEL après le départ controversé de Damien Castelain, condamné pour détournement de fonds publics, a su s’entourer de soutiens centristes et de droite. Cette élection, qui aurait pu être l’occasion d’un véritable renouvellement, s’est transformée en une formalité. Le conseil métropolitain, peu perturbé par les élections municipales, a donc opté pour la continuité.
Pourquoi cela dérange
La réélection de Skyronka met en lumière une institution qui semble déconnectée des préoccupations des citoyens. Lahouaria Addouche a souligné que la MEL fonctionne comme une « institution éloignée du peuple », un constat qui résonne comme un cri d’alarme dans un contexte où la démocratie locale est souvent mise à mal. Alors que les promesses de transparence et d’inclusivité se heurtent à la réalité d’un système verrouillé, la question se pose : qui décide vraiment ?
Ce que cela implique concrètement
Avec un budget de 2 milliards d’euros, les décisions prises par la MEL ont un impact direct sur la vie quotidienne des 95 communes qu’elle dessert. Pourtant, la gestion des transports, des déchets et des infrastructures semble plus préoccupée par des intérêts politiques que par le bien-être des habitants. Les promesses de changement se heurtent à une réalité bien plus terne.
Lecture satirique
Skyronka, avec son discours sur l’engagement et l’utilité, semble jouer un rôle de chef d’orchestre dans une symphonie où les notes de la démocratie sont souvent étouffées. La contradiction entre ses paroles et les actes de son prédécesseur, condamné pour corruption, est frappante. On pourrait presque croire que la MEL est devenue un club privé où l’accès aux clés du pouvoir est réservé à une élite bien rodée.
Effet miroir international
Dans un monde où des dirigeants comme Donald Trump ou Vladimir Poutine se moquent des principes démocratiques, la situation à Lille semble presque banale. Pourtant, elle illustre une dérive inquiétante : la normalisation d’un système où la transparence et la responsabilité sont reléguées au second plan. La France, terre des droits de l’homme, pourrait-elle devenir un modèle de ce que l’on appelle « la démocratie illibérale » ?
À quoi s’attendre
À l’avenir, il est à craindre que la MEL continue de naviguer dans des eaux troubles, avec une opposition qui peine à se faire entendre. Les enjeux locaux, pourtant cruciaux, risquent d’être éclipsés par des luttes de pouvoir internes. Les citoyens, eux, resteront-ils passifs face à cette mascarade ?
Sources
Source : france3-regions.franceinfo.fr

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