Équateur : Quand l’« Offensive Totale » fait des vagues… et des promesses

35 000 militaires, un état d’exception et un couvre-feu : bienvenue dans le grand cirque de la lutte contre la délinquance organisée en Équateur, où les promesses de sécurité se heurtent à la réalité du terrain.

À l’aube du 31 mars, l’Équateur a officiellement mis fin à sa dernière opération militaire, intitulée « Offensive Totale ». Pendant 15 jours, 35 000 militaires ont été déployés dans quatre provinces côtières, sous l’œil bienveillant des États-Unis, pour éradiquer les groupes armés et la délinquance organisée. Mais, au-delà des explosions et des arrestations, que reste-t-il de cette offensive ?

Ce qui se passe réellement

Les militaires équatoriens, armés de vieux tanks français AMX-13 et de canons de 105 mm, ont mis le cap sur 250 hectares de mines illégales dans la paroisse du Chical, à proximité de la frontière colombienne. Selon des militaires anonymes, l’objectif est de « bloquer les ressources économiques » des groupes liés à la production d’or illégale. En effet, ces groupes, qu’ils soient colombiens ou équatoriens, engrangeaient jusqu’à 250 000 euros par mois tout en ravageant l’environnement.

Depuis le 16 mars, le pays a vu la destruction de huit pistes clandestines, la saisie de 275 armes à feu et l’arrestation de 845 délinquants. Gian Carlo Loffredo, ministre de la Défense, se félicite de ces résultats, mais à quel prix ?

Pourquoi cela dérange

Cette opération soulève des questions sur l’efficacité des méthodes employées. En effet, la militarisation de la lutte contre la délinquance semble plus être un spectacle qu’une véritable solution. Les militaires, avec leurs tanks vintage, semblent jouer à un jeu d’enfants, tandis que les véritables problèmes de fond, tels que la corruption et le manque d’opportunités économiques, restent intacts.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette offensive sont multiples. D’un côté, une apparente victoire sur le papier, de l’autre, une population qui continue de vivre dans la peur et l’incertitude. Les groupes criminels, bien que touchés, ne disparaissent pas comme par magie. Ils s’adaptent, se cachent et continuent d’opérer dans l’ombre, laissant les citoyens dans une situation précaire.

Lecture satirique

Ironiquement, cette opération rappelle les promesses de sécurité des gouvernements autoritaires à travers le monde. « Nous allons éradiquer le crime ! » clament-ils, tout en laissant les véritables causes de la délinquance intactes. L’Équateur, avec son opération militaire, semble suivre ce modèle à la lettre, prouvant que les discours politiques sont souvent déconnectés de la réalité.

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, cette situation fait écho aux dérives autoritaires observées dans d’autres pays, où les gouvernements utilisent la peur pour justifier des mesures drastiques. Les États-Unis, avec leur soutien à l’Équateur, ne sont pas en reste, prônant la sécurité tout en fermant les yeux sur les violations des droits humains.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il est probable que l’Équateur continue de s’enliser dans ce cycle de violence et de répression. Les promesses de sécurité risquent de se heurter à la réalité d’un pays en proie à des problèmes structurels profonds.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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