
Table Of Content
- Pas de transition écologique sans les entreprises
- La question cruciale du salaire
- Faire de l’impôt sur les sociétés un outil de transformation
- Ce qui se passe réellement
- Pas de transition écologique sans les entreprises
- Pourquoi cela dérange
- Ce que cela implique concrètement
- Lecture satirique
- Effet miroir international
- À quoi s’attendre
- Sources
Les organisations politiques et syndicales sociales-démocrates ont au fil du temps perdu le contact avec les ouvriers et employés au profit de formations extrémistes et/ou du vaste parti des abstentionnistes, qui rassemble ceux qui ne croient plus au progrès social et n’accordent plus leur confiance à quiconque.
Le contrat social en entreprise, qui doit normalement articuler les droits et les devoirs des salariés avec les engagements des employeurs, a été abandonné pour ne s’occuper que de l’emploi et de lutte contre le chômage. Dans les entreprises, le manque de reconnaissance du travail, la verticalité du management et la perte de sens au travail provoquent insatisfaction, désengagement et perte de confiance.
Pas de transition écologique sans les entreprises
La social-démocratie s’est souvent réfugiée dans une posture d’aversion envers l’entreprise qui ne serait préoccupée que par le profit pour quelques-uns. En privilégiant une relation exclusive avec l’économie sociale et solidaire, la gauche sociale-démocrate oublie que 90 à 95 % du PIB de la France provient de plusieurs millions d’entreprises fonctionnant en SA, SARL, SAS… et que beaucoup d’entre elles s’investissent dans leur responsabilité sociale, qui est, malgré tout, un véritable axe de progrès.
Citoyens et salariés veulent des entreprises offrant une « performance globale » qui place la performance sociale, environnementale et éthique au même niveau d’attention que la performance financière. Par ailleurs, faut-il souligner que l’on ne fera pas de transition écologique, dont les coûts sont astronomiques, sans les entreprises ? Il est donc temps de reconnaître que les entreprises ne sont pas toujours le problème, mais aussi la solution.
Celles-ci doivent se mobiliser sur deux grands axes de transformation. Tout d’abord, se doter d’une double vision, économique et sociétale, comme le disait déjà si justement Antoine Riboud, patron de Danone, il y a cinquante ans. Les entreprises doivent donc se donner une raison d’être centrée sur l’utilité à la société.
Elles devront aller au-delà des préconisations de la loi Pacte (2019), au-delà du déclaratif et décliner leur raison d’être dans la stratégie en objectifs et en pratiques environnementaux, sociaux et économiques.
La question cruciale du salaire
En second lieu, avec leurs partenaires sociaux, les entreprises doivent reconstruire le contrat social autour des trois piliers du travail que sont la capacité de « gagner sa vie » dignement, de façon décente ; le fait de « s’insérer socialement » tout au long du parcours professionnel ; et la possibilité de « se réaliser » par l’autonomie et la participation aux décisions concernant les salariés.
Quelques mesures simples placeraient les entreprises sur la voie de la transformation écologique et du bien commun, au cœur du projet social-démocrate. D’abord, installer un dialogue professionnel permettant aux salariés, métier par métier, de s’exprimer sur leur travail et les changements à apporter à l’organisation.
Ensuite, se pencher sur la question cruciale du salaire : se détacher progressivement du smic pour aller vers le salaire décent, concept proposé par l’ONU et d’ores et déjà appliqué par certaines grandes entreprises, à savoir un salaire qui permet à tout salarié de payer le logement, la nourriture, mais aussi le loisir pour une famille ayant deux enfants ; fixer un horizon court (cinq ans) pour installer la parité salariale entre hommes et femmes ; réduire les écarts de salaire en n’accordant plus l’exonération des charges sociales pour la part des rémunérations au-delà d’un million d’euros ; proposer que la rémunération variable des dirigeants soit basée à 50 % sur des critères économiques et 50 % sur des critères environnementaux et sociaux.
Faire de l’impôt sur les sociétés un outil de transformation
Pour favoriser la participation des salariés aux décisions, accroître le nombre d’administrateurs salariés dans les conseils d’administration, jusqu’à concurrence d’un tiers, serait bénéfique. Pour favoriser l’actionnariat de long terme, on pourrait n’accorder aucun droit de vote dans la première année de détention, puis doubler les droits de vote à partir de la troisième année.
Enfin, il serait judicieux de faire de l’impôt sur les sociétés un outil de transformation de notre modèle économique en accordant un crédit d’impôt aux entreprises qui s’engagent dans la responsabilisation, leur performance sociale et environnementale devant être mesurée par le biais d’un outil simple tel que l’impact score développé par le mouvement Impact France.
Cette mesure ou les résultats de la CSRD (la directive sur la durabilité des entreprises) pourrait être utilisée comme critère pour délivrer des bonifications de points dans l’accès aux aides publiques et aux marchés publics.
Avec de telles mesures, on redonne du sens au travail et à l’entreprise. En fait, la mission des organisations sociales-démocrates est bien de « mettre le travail humain au cœur de l’entreprise et de mettre l’entreprise au cœur de la cité ». Voilà une ambition forte, capable de rallier les salariés, les entrepreneurs et les citoyens.
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Entreprises : Les Nouveaux Héros de la Transition Écologique ?
Chapeau : Alors que les organisations sociales-démocrates semblent avoir perdu le contact avec les travailleurs, les entreprises se positionnent comme les sauveurs d’une transition écologique tant attendue. Ironie ou réalité ?
Ce qui se passe réellement
Les organisations politiques et syndicales sociales-démocrates ont, au fil du temps, perdu le contact avec les ouvriers et employés. Ce décalage a ouvert la voie à des formations extrémistes et à un vaste parti des abstentionnistes, ceux qui ne croient plus au progrès social. Pendant ce temps, le contrat social en entreprise, qui devrait équilibrer les droits des salariés et les engagements des employeurs, a été relégué au second plan, se concentrant uniquement sur l’emploi et la lutte contre le chômage. Dans ce contexte, le manque de reconnaissance du travail, la verticalité du management et la perte de sens au travail engendrent insatisfaction et désengagement.
Pas de transition écologique sans les entreprises
La social-démocratie a souvent adopté une posture d’aversion envers les entreprises, les considérant comme uniquement préoccupées par le profit. Pourtant, 90 à 95 % du PIB de la France provient de millions d’entreprises, dont beaucoup s’engagent dans des pratiques de responsabilité sociale. Les citoyens et salariés réclament des entreprises qui placent la performance sociale, environnementale et éthique au même niveau que la performance financière. Faut-il rappeler que la transition écologique, dont les coûts sont astronomiques, ne pourra se faire sans elles ? Il est temps de reconnaître que les entreprises peuvent être la solution, et non seulement le problème.
Pourquoi cela dérange
Cette vision optimiste des entreprises comme agents de changement soulève des questions. Pourquoi ces mêmes entreprises, souvent critiquées pour leurs pratiques douteuses, seraient-elles soudainement les champions de la responsabilité sociale ? La réalité est que, malgré les belles promesses, beaucoup d’entre elles continuent à privilégier le profit à court terme au détriment de l’éthique et de l’environnement.
Ce que cela implique concrètement
Les entreprises doivent se mobiliser sur deux grands axes : d’abord, adopter une double vision économique et sociétale. Ensuite, elles doivent reconstruire le contrat social autour de trois piliers : la dignité au travail, l’insertion sociale et la possibilité de réalisation personnelle. Des mesures simples, comme un dialogue professionnel permettant aux salariés de s’exprimer, pourraient amorcer cette transformation.
Lecture satirique
Ironiquement, alors que les entreprises sont appelées à se réinventer, elles continuent de verser des salaires indécents à leurs dirigeants tout en proposant des augmentations dérisoires aux employés. Le concept de « salaire décent » proposé par l’ONU semble encore lointain pour beaucoup. Et que dire des promesses de parité salariale entre hommes et femmes, qui semblent souvent rester lettre morte ?
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, cette situation rappelle les dérives autoritaires où les discours politiques se déconnectent de la réalité. Prenons exemple sur les États-Unis, où les grandes entreprises sont souvent vues comme des acteurs clés de la transition écologique, tout en continuant à financer des politiques qui vont à l’encontre de cet objectif.
À quoi s’attendre
Si les entreprises ne changent pas réellement leurs pratiques, nous risquons de voir une montée de la colère sociale, alimentée par des promesses non tenues et un fossé grandissant entre les discours et la réalité. La transformation ne sera pas facile, mais elle est nécessaire pour éviter une crise de confiance encore plus profonde.
Sources

Visuel — Source : www.la-croix.com


