Entre les États-Unis et le Brésil, tous deux baignés par l’Atlantique, cet océan qui charrie autant de banzo [une mélancolie propre aux personnes réduites en esclavage et arrachées à leur terre] que de création culturelle, les lignes de séparation imaginaires recèlent aussi de puissants liens culturels et politiques. Même si la doctrine officielle de l’empire états-unien s’emploie à les cacher.
Table Of Content
Non seulement le mouvement pour les droits civiques et d’autres mouvements de gauche venus des États-Unis ont influencé la mobilisation noire au Brésil, mais l’inverse est tout aussi vrai. En témoigne par exemple l’importance, auprès des révolutionnaires du Black Panther Party, du Minimanual do guerrilheiro urbano, de Carlos Marighella [un célèbre opposant marxiste à la dictature (1911-1969), dont l’ouvrage est disponible en français sous le titre Manuel du guérillero urbain].
Et si, dans le domaine culturel, le Brésil souffre bien d’une forme d’impérialisme venu des États-Unis, notre musique a aussi nourri le rap nord-américain, dont les producteurs, en majorité noirs, ont abondamment puisé leurs samples dans la bossa-nova, la MPB [musique populaire brésilienne] et autres sons de chez nous.
Populaire mais controversé
C’est dans l’un de ces nombreux épisodes de va-et-vient entre les commu
Pour lire la suite de cet article, abonnez-vous
Accédez à l’intégralité de nos contenus sur le site et l’application en vous abonnant à l’offre spéciale.
Dès 3,99 €/mois
Sans engagement • Résiliable en ligne
Profitez d’un accès illimité (-43%)
3,99 € par mois
au lieu de 6,99 €, résiliable à tout moment
Source de l’article
Fondé en 2008 par le journaliste Breno Altman, Opera Mundi est installé à São Paulo mais couvre l’actualité internationale à l’aide d’un réseau de correspondants. Sa ligne éditoriale ouvertement progressiste permet de classer ce site d’information à gauche. L’attention d’Opera Mundi est particulièrement tournée vers l’Amérique latine, mais le média publie des reportages, des analyses ou des traductions d’articles d’autres journaux venus du monde entier.
Si le site est hébergé sur le portail UOL (du groupe Folha de São Paulo) aux termes d’un partenariat depuis 2010, l’entreprise et la rédaction restent indépendantes. Opera Mundi propose des newsletters, et des vidéos (dont beaucoup de podcasts filmés) sur sa chaîne YouTube.
Nos services
Entre États-Unis et Brésil : Quand l’Atlantique charrie des idéologies
Des liens culturels puissants entre deux nations, mais une doctrine impérialiste qui cherche à les effacer.
Entre les États-Unis et le Brésil, deux géants baignés par l’Atlantique, se dessinent des lignes de séparation qui, loin d’être infranchissables, recèlent des liens culturels et politiques profonds. Pourtant, l’empire états-unien, avec sa doctrine officielle, s’efforce de masquer ces connexions. Ironique, n’est-ce pas, que l’Atlantique, symbole de séparation, soit aussi un vecteur d’union ?
Ce qui se passe réellement
Le mouvement pour les droits civiques aux États-Unis a non seulement influencé la mobilisation noire au Brésil, mais ce dernier a également laissé une empreinte indélébile sur les luttes américaines. Prenons l’exemple du Minimanual do guerrilheiro urbano de Carlos Marighella, qui a inspiré les révolutionnaires du Black Panther Party. Ce célèbre opposant à la dictature brésilienne (1911-1969) a su transcender les frontières, prouvant que les luttes pour la justice sociale ne connaissent pas de limites géographiques.
Dans le domaine culturel, le Brésil, tout en subissant un impérialisme musical américain, a également nourri le rap nord-américain. Les producteurs, majoritairement noirs, ont puisé dans la richesse de la bossa-nova et de la MPB, créant ainsi un échange culturel qui, bien que souvent ignoré, est d’une richesse inestimable.
Pourquoi cela dérange
Cette interconnexion dérange, car elle remet en question la narrative dominante qui veut que les États-Unis soient les seuls acteurs de l’émancipation. Les discours politiques qui se veulent progressistes se heurtent à la réalité d’un monde où les luttes sont partagées et où les influences circulent dans les deux sens. La contradiction est flagrante : comment prôner l’égalité tout en ignorant les racines communes des luttes ?
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette dynamique sont profondes. Les mouvements sociaux, qu’ils soient brésiliens ou américains, doivent reconnaître et célébrer leurs influences mutuelles. Ignorer cette réalité, c’est se condamner à répéter les erreurs du passé, à s’enfermer dans des discours déconnectés de la réalité.
Lecture satirique
Il est fascinant de voir comment les discours politiques se parent de belles promesses tout en restant déconnectés des luttes réelles. Les politiciens américains, par exemple, se présentent comme les champions des droits civiques, tout en oubliant que ces luttes ont été nourries par des voix venues d’ailleurs. Une belle ironie, n’est-ce pas ?
Effet miroir international
Cette dynamique n’est pas unique au Brésil et aux États-Unis. D’autres pays, comme la Russie, montrent également comment les discours autoritaires peuvent tenter de masquer les influences extérieures. La lutte pour la justice sociale est universelle, mais les tentatives de la contrôler sont tout aussi globales.
À quoi s’attendre
À l’avenir, il est probable que ces échanges culturels et politiques continueront à se renforcer. Les mouvements sociaux devront s’adapter et évoluer, en intégrant ces influences pour construire un avenir plus juste et équitable.
Sources
Source : www.courrierinternational.com


