Des risques différents selon les territoires
Sur le littoral, le recul du trait de côte fragilise les remparts de Saint-Malo, la citadelle de Bonifacio et le phare de la Coubre. En Normandie, l’érosion et la submersion menacent aussi des vestiges des plages du Débarquement. Outre-mer, le cimetière colonial de la plage des Raisins Clairs, en Guadeloupe, et le site sacré de Taputapuatea, en Polynésie française, sont également concernés par les effets de la mer.
Les crues et les sols instables font peser d’autres risques. Le château d’Azay-le-Rideau, en Indre-et-Loire, est exposé aux inondations ; à Chambord, dans le Loir-et-Cher, les alternances de sécheresse et de fortes pluies contribuent à fragiliser le bâti. Le Louvre doit, lui, prendre en compte le risque qu’une crue importante de la Seine touche des espaces du musée ou des réserves. Dans les Hauts-de-France, des inondations pourraient affecter des vestiges du bassin minier.

La chaleur, le manque d’eau et les incendies menacent aussi des paysages et des activités culturelles. Le recul de la Mer de glace transforme le panorama du Montenvers, en Haute-Savoie ; le canal du Midi connaît des périodes de manque d’eau. La Cité de Carcassonne et l’oppidum d’Ensérune, dans l’Hérault, sont exposés aux feux et aux fortes chaleurs. À Versailles, les jardins subissent également les épisodes de chaleur. Le rapport évoque par ailleurs les festivals d’Avignon, d’Aix-en-Provence et d’Arles, dont l’organisation et l’accueil du public peuvent être compliqués par les températures élevées.
Un constat, pas une liste de pertes inévitables
Parmi les autres sites étudiés figurent les climats du vignoble de Bourgogne, la cathédrale de Strasbourg, la grotte de Lascaux, les marais salants de Guérande et les paysages patrimoniaux affectés par les aléas climatiques. Les effets ne concernent pas seulement les monuments : ils peuvent aussi toucher les collections, les conditions de visite, les métiers et l’économie locale.
Le rapport appelle à mieux anticiper et adapter la gestion des sites. L’ADEME relève notamment que les sécheresses et les inondations ont aggravé des fissures à Chambord et qu’une inondation a entraîné la fermeture temporaire d’Azay-le-Rideau. Ces exemples illustrent des vulnérabilités concrètes, sans signifier que la disparition des lieux est certaine. Le Réseau Action Climat souligne toutefois que l’adaptation a ses limites si le réchauffement se poursuit.
Le rapport « 20 sites patrimoniaux menacés par le changement climatique » est présenté par le Réseau Action Climat. Des éléments de contexte sont également disponibles auprès de l’ADEME.
Source : franceinfo- Inondations et crues
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