Un déplacement annulé entre Dinard et Landivisiau
Le Rugby Club Dinardais a renoncé au tournoi de rugby à 5 prévu le week-end des 3 et 4 octobre à Landivisiau, à environ 200 kilomètres. D’après le président du club, Antony Stafford, le minibus habituellement mis à disposition n’était pas disponible. Les joueurs auraient donc dû utiliser leurs voitures personnelles, une dépense que le club a préféré éviter.
Cette décision illustre un arbitrage concret pour les associations : maintenir les rencontres et les tournois, ou limiter les frais de route pour ne pas faire peser davantage la facture sur les bénévoles et les familles. Le club de Dinard indique qu’il privilégiera, pour l’instant, les déplacements les moins lointains.
Des coûts qui s’ajoutent aux budgets déjà serrés
À Plaintel, dans les Côtes-d’Armor, le club de football s’appuie encore sur les parents pour conduire les jeunes aux matchs à l’extérieur. Mais l’équipe senior, engagée en Régional 1, doit aussi effectuer des trajets plus longs, notamment vers le Finistère. Son président, Guénaël Burlot, estime que le surcoût pourrait atteindre 3 000 à 5 000 euros sur la saison si les prix ne diminuent pas.
À Saint-Grégoire, en Ille-et-Vilaine, le club de handball indique consacrer environ 100 000 euros par an au transport, sur un budget proche de 900 000 euros. Son président évoque une hausse de 10 à 15 % de cette dépense et prévient que la saison s’annonce difficile. Les équipes de jeunes dépendent aussi de parents conducteurs ; le club leur apporte un soutien financier, selon les kilomètres parcourus.
Les clubs de disciplines moins répandues peuvent être particulièrement exposés : des équipes de rink-hockey de Pacé, à l’ouest de Rennes, doivent parfois traverser une grande partie du pays pour jouer. Leur président explique que l’argent consacré au carburant ne peut alors être affecté au matériel ou à la formation.
Une aide annoncée, mais des modalités à préciser
La Fédération française de football a annoncé, selon les informations rapportées par 20 Minutes, une enveloppe de 1,5 million d’euros en bons de carburant destinée aux clubs amateurs en difficulté. Cette aide concerne le football : elle ne constitue pas un dispositif général pour l’ensemble des sports. Au 10 octobre, les modalités précises de répartition et le montant qui pourrait revenir aux clubs bretons cités ne sont pas établis dans les éléments disponibles.
Pour les associations, l’effet immédiat se joue donc surtout dans les choix de déplacement, la mobilisation des parents et la recherche de partenaires. Les clubs interrogés disent aussi que les sponsors sont plus difficiles à solliciter dans un contexte où d’autres acteurs subissent eux-mêmes la hausse de leurs coûts. On ne sait pas encore combien de rencontres ou de tournois seront annulés ni si l’aide annoncée suffira à compenser les dépenses supplémentaires.
Source : 20Minutes – Actu Rennes
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