Une série de découvertes qui inquiète Ekurhuleni
Elizabeth Moselakgomo, 38 ans, avait disparu après être partie courir seule après le travail. Son corps a été retrouvé le 12 septembre. Elle avait une fille de 8 ans, qui l’attendait à la maison, rapporte l’autrice du témoignage, elle-même résidente de Kempton Park.
La mort de cette joggeuse s’inscrit dans une série de découvertes macabres dans la municipalité d’Ekurhuleni, qui comprend notamment Kempton Park, Olifantsfontein, Kwa-Thema et Tembisa. Le témoignage indique que neuf femmes y avaient été retrouvées mortes, et que le bilan atteignait 11 victimes au début du mois d’octobre.
Les enquêteurs cherchaient alors à établir si ces meurtres étaient liés et pouvaient être le fait d’un seul auteur, ou s’ils impliquaient plusieurs criminels. Aucun lien définitif entre les affaires n’est établi dans le récit.
Pour l’autrice, l’annonce tardive des premières découvertes nourrit la colère. Elle estime que la police aurait dû communiquer après les premiers cas et avance que cette information aurait peut-être pu sauver Tsontso. Il s’agit de son appréciation, et non d’une conclusion établie sur l’issue de l’enquête.
La peur gagne les habitudes quotidiennes
La série de meurtres a bouleversé cette habitante, qui dit avoir grandi à Kempton Park dans un environnement qu’elle percevait comme plus sûr. Elle évoque aujourd’hui les herbes hautes et les espaces mal entretenus, notamment dans les cimetières, qu’elle juge propices à la dissimulation de crimes. Selon elle, l’herbe n’a été coupée qu’après la mort de Tsontso, à l’endroit où celle-ci a été tuée.
Lorsqu’elle promène son chien, elle emporte du spray au poivre, un petit couteau et une crosse de hockey, qu’elle prévoyait d’utiliser contre des chiens errants. Elle dit désormais craindre que ces objets puissent aussi servir à se protéger d’agresseurs humains. Son récit fait ainsi apparaître les précautions auxquelles certaines femmes estiment devoir recourir pour leurs déplacements ordinaires.
Le texte rappelle que l’Afrique du Sud figure parmi les pays aux taux de féminicides les plus élevés. Pour 2022, il avance un taux de 12,2 victimes pour 100 000 habitants, présenté comme près de six fois supérieur au taux mondial.
Les réactions misogynes en ligne dénoncées
Au-delà des meurtres, l’autrice s’alarme des commentaires publiés sur les réseaux sociaux. Elle rapporte notamment qu’une vidéo d’animateurs du podcast Podcast and Chill, Sol Phenduka et MacG, plaisantant sur la disparition de Tsontso, a suscité de vives réactions.
Elle décrit aussi des échanges sur X où des hommes ont opposé aux discussions sur les féminicides les meurtres d’hommes. Dans l’un de ces échanges, un internaute aurait adressé à deux femmes un avertissement sur leur sécurité et évoqué leur mort. Selon le témoignage, ses publications ont ensuite été supprimées après avoir été dénoncées par d’autres utilisateurs.
L’autrice appelle les hommes à condamner la haine misogyne et à ne pas banaliser les menaces visant les femmes. Elle interpelle également les autorités sud-africaines, qu’elle accuse de réagir trop tard aux dangers signalés, et réclame des lieux publics mieux entretenus et plus sûrs.
Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)
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