Un appel adressé à Emmanuel Macron
Mahamat Idriss Déby a été reçu à l’Élysée mardi 13 octobre. Les discussions entre les deux chefs d’État devaient porter sur la coopération économique, les investissements français au Tchad et la reprise de la coopération militaire entre les deux pays.
Avant cette rencontre, Emmanuel Deuhb a interpellé le président français dans une lettre ouverte. Il estime que Paris doit prendre clairement position sur la situation des droits humains au Tchad et condamner publiquement les exactions qu’il dénonce.
Le journaliste considère que la France a une responsabilité particulière dans ses relations avec le pouvoir tchadien. Selon lui, Emmanuel Macron, après la mort d’Idriss Déby, s’était opposé à une succession dynastique, mais celle-ci s’est finalement produite. Il souhaitait que le président français aborde ces questions avec Mahamat Idriss Déby avant la fin de son mandat.
Les inquiétudes exprimées par Emmanuel Deuhb
Dans l’entretien accordé à la Deutsche Welle, Emmanuel Deuhb décrit un espace politique et médiatique qu’il juge fortement restreint. Il affirme que l’opposition est absente, que la presse libre n’existe plus et que des journalistes sont arrêtés. Il évoque également la disparition d’organisations de défense des droits humains. Ces éléments sont présentés comme son appréciation de la situation au Tchad.
Il cite aussi les événements du 20 octobre 2022. Ce jour-là, des manifestants opposés à la prolongation de la transition ont été violemment réprimés et plusieurs personnes ont été tuées, selon les éléments rapportés dans l’entretien. Emmanuel Deuhb estime que ces violences demeurent l’un des faits les plus marquants de l’arrivée au pouvoir de Mahamat Idriss Déby.
Dans sa lettre, il mentionne en outre la déchéance de nationalité ainsi que les cas du blogueur Makaila Nguebla et du journaliste Charfadine Galmaye. Il demande à la France d’intervenir sur ces sujets, sans que l’entretien détaille davantage les situations individuelles évoquées.
« Rien n’est trop tard », selon le journaliste
Interrogé sur la possibilité d’une action française en faveur des droits humains, Emmanuel Deuhb estime qu’il n’est pas trop tard. Il appelle Paris à faire du respect de ces droits un sujet de discussion avec les autorités tchadiennes et à exprimer publiquement ses critiques.
Il s’agit de la position défendue par le journaliste dans sa lettre ouverte et son entretien. La source ne rapporte pas de réponse des autorités françaises ou tchadiennes à ses demandes.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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