Près de 8 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire le prochain chef de l’État, qui succèdera à Patrice Talon. Deux candidats sont en lice : Romuald Wadagni, le candidat du pouvoir et Paul Hounkpè du parti FCBE, opposition dite modérée. Les bureaux de vote ont ouvert à 7h (6h TU) et ferment à 16h (15h TU).
Table Of Content
Un bulletin de vote unique avec d’un côté, la photo de Romuald Wadagni et Mariam Talata sur fond bleu et de l’autre, celle de Paul Hounkpè et Rock Hounwanou, sur fond vert. Les électeurs doivent tamponner le côté de leur choix.
Les deux candidats à la magistrature suprême sont tous deux originaires du Mono, département du Sud-ouest du Bénin, frontalier du Togo. Romuald Wadagni se présente avec l’actuelle vice-présidente du pays est à 49 ans, le dauphin de Patrice Talon. Ministre de l’Économie et des Finances depuis l’arrivée au pouvoir de ce dernier, il y a 10 ans, le candidat de la mouvance présidentielle, lunettes bordées de noir, a un profil de technocrate. Romuald Wadagni est expert-comptable de formation. Formation qu’il a suivie en France. C’est la première fois que le natif de Lokossa se présente à une élection.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Face à lui, Paul Hounkpè, 56 ans, et son co-listier Rock Hounwanou se présentent sous les couleurs du parti FCBE (opposition dite modérée), les Forces cauris pour un Bénin émergent dont il est devenu le secrétaire exécutif suite à la crise au sein de la formation politique en 2019. Crise qui a abouti à la formation du parti Les Démocrates. Enseignant, Paul Hounkpè a été maire de la commune de Bopa, dont il est originaire, et ministre de la Culture sous la présidence de Thomas Boni Yayi. Il était le co-listier du candidat Alassane Soumanou lors de la dernière présidentielle il y a cinq ans.
La participation, chiffre clé de l’élection
Combien seront-ils à le faire ? Le chiffre sera scruté après le vote, d’autant que la participation a baissé ces dernières années, rappelle notre envoyée spéciale à Cotonou, Magali Lagrange. 50% lors de la dernière présidentielle de 2021, selon les chiffres officiels, contre 65% en 2016. Bien moins pour les législatives qui ont eu lieu depuis. Pendant la campagne, les candidats ont appelé les électeurs à se mobiliser. La participation déterminera la légitimité du prochain président.
Se pose aussi la question du choix des électeurs des Démocrates, le principal parti de l’opposition, qui ne présente pas de candidat faute de parrainages suffisants. Ces derniers ont appelé leurs militants à ne voter pour aucun des deux candidats. Quant à leurs anciens camarades passés dans le camp du candidat du pouvoir Romuald Wadagni ont, eux, mobilisé dans leurs fiefs pour réclamer une bonne participation.
En janvier, le double scrutin législatif et communal s’est tenu partout sans incident majeur (hormis des retards parfois conséquents), y compris dans le nord où l’armée lutte contre des groupes terroristes. La présidentielle est la dernière étape des élections générales de cette année. Les prochaines auront lieu dans sept ans.
Sécuriser le vote
Un autre enjeu important : la sécurité. Le gouvernement et les hauts responsables militaires ont tenu à ce que chaque bureau de vote ouvre ses portes, y compris dans les zones où la menace terroriste est réelle, rapporte notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan.
Un important dispositif mixte, soldats et policiers, est déployé à travers tout le territoire, avec une vigilance renforcée dans l’Alibori et dans les localités frontalières du Nigeria. Le transport et le rapatriement des urnes seront eux aussi sécurisé.
Élections au Bénin : Entre technocrates et promesses creuses, le choix est… bleu ou vert ?
Près de 8 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire un nouveau président, mais entre le dauphin de Patrice Talon et l’opposition modérée, le choix semble aussi palpitant qu’un bulletin de vote unique.
Alors que les bureaux de vote ont ouvert leurs portes, les électeurs du Bénin se retrouvent face à un dilemme : choisir entre Romuald Wadagni, le candidat du pouvoir, et Paul Hounkpè, représentant d’une opposition qualifiée de « modérée ». Un choix qui, à première vue, pourrait sembler aussi excitant qu’un match de pétanque un dimanche après-midi. Avec un bulletin de vote unique, il ne reste plus qu’à tamponner le côté de son choix, comme on coche une case sur un formulaire d’impôts.
Ce qui se passe réellement
Près de 8 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire le prochain chef de l’État, qui succédera à Patrice Talon. Les bureaux de vote ont ouvert à 7h (6h TU) et ferment à 16h (15h TU). Un bulletin de vote unique présente d’un côté la photo de Romuald Wadagni et Mariam Talata sur fond bleu, et de l’autre, celle de Paul Hounkpè et Rock Hounwanou sur fond vert. Les deux candidats, originaires du Mono, département du Sud-ouest du Bénin, sont en lice pour la magistrature suprême.
Romuald Wadagni, 49 ans, est le dauphin de Patrice Talon, ministre de l’Économie et des Finances depuis une décennie. Expert-comptable formé en France, il se présente pour la première fois. Face à lui, Paul Hounkpè, 56 ans, ancien maire et ministre de la Culture, représente le parti FCBE, qui a connu des crises internes, donnant naissance à des factions comme Les Démocrates.
Pourquoi cela dérange
La participation électorale, un chiffre clé, est en chute libre : 50% lors de la dernière présidentielle contre 65% en 2016. Les électeurs sont de plus en plus désillusionnés, et la question se pose : qui se déplacera vraiment pour choisir entre deux candidats aux promesses aussi vagues qu’un discours politique ? Les Démocrates, le principal parti d’opposition, ne présentent pas de candidat, appelant leurs militants à boycotter le scrutin. Ironiquement, ceux qui ont rejoint le camp de Wadagni semblent plus motivés à mobiliser leurs troupes.
Ce que cela implique concrètement
La légitimité du prochain président repose sur la participation. Si les chiffres continuent de chuter, le nouveau chef de l’État pourrait se retrouver avec un mandat aussi contesté qu’un plat de haricots mal cuits. En janvier, les élections législatives se sont déroulées sans incident majeur, mais la menace terroriste plane toujours, rendant la sécurité des bureaux de vote cruciale.
Lecture satirique
Le gouvernement a déployé un impressionnant dispositif de sécurité, mélange de soldats et de policiers, pour assurer que chaque bureau de vote reste ouvert, même dans les zones à risque. On pourrait presque croire que la démocratie est une marchandise à protéger, plutôt qu’un droit à exercer. Pendant ce temps, les promesses de sécurité et de participation se heurtent à la réalité d’un électorat désabusé.
Effet miroir international
Ce tableau n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires observées ailleurs, où les élections deviennent des spectacles orchestrés, où le choix est réduit à une illusion de démocratie. Les États-Unis et la Russie, avec leurs propres jeux de pouvoir, pourraient bien sourire en voyant le Bénin jongler avec ses propres contradictions.
À quoi s’attendre
Si la tendance se maintient, le prochain président pourrait se retrouver à la tête d’un pays où la légitimité est aussi fragile qu’un château de cartes. Les prochaines élections générales ne sont pas prévues avant sept ans, laissant le temps à la désillusion de s’installer confortablement.
Sources




