Éducation : Quand le Pluralisme devient le Bouc Émissaire

Le livre blanc de Gabriel Nadeau-Dubois sur la réussite des garçons à l’école vise la mauvaise cible, selon le chercheur Étienne-Alexandre Beauregard. Une ironie qui soulève des questions sur notre système éducatif.

Cette semaine, le grandiose Gabriel Nadeau-Dubois a dévoilé son livre blanc sur la réussite des garçons à l’école, pointant du doigt le système éducatif pluraliste du Québec et ses soi-disant « trois vitesses » comme coupable de cet écart persistant. Mais, à l’instar d’un enfant qui blâme son cartable pour ses mauvaises notes, il semble que Nadeau-Dubois rate la vraie cible. En effet, si la réussite des garçons est un problème criant, il est grand temps de s’attaquer aux causes réelles, et non à des boucs émissaires comme les projets pédagogiques particuliers (PPP) ou les écoles privées subventionnées.

Ce qui se passe réellement

À l’échelle internationale, l’écart de réussite entre garçons et filles est un phénomène universel. Dans tous les pays de l’OCDE, les filles de 15 ans surpassent systématiquement les garçons en lecture. Ce qui les rend plus susceptibles de terminer leur secondaire et de poursuivre des études postsecondaires. En fait, au Canada, l’écart de diplomation entre garçons et filles persiste, sans lien avec la proportion d’élèves fréquentant les écoles privées. Le livre blanc de Nadeau-Dubois révèle que plus de garçons décrochent dans le système public régulier que dans les PPP ou au privé. Mais, surprise ! Le taux de décrochage annuel reste environ 1,4 fois plus élevé pour les garçons que pour les filles.

Pourquoi cela dérange

Il est fascinant de constater que Nadeau-Dubois, tout en dénonçant le pluralisme, semble ignorer que l’inflexibilité du système scolaire est probablement plus responsable des difficultés des garçons. Les garçons, qui entrent à l’école avec un développement cérébral souvent en retard par rapport aux filles, se heurtent à un système rigide qui ne prend pas en compte leurs besoins spécifiques. Des spécialistes comme Égide Royer soulignent que le cursus scolaire est peu adapté aux particularités des jeunes garçons, dont le besoin de bouger est souvent négligé. Mais bon, pourquoi s’attaquer à la racine du problème quand on peut simplement blâmer les écoles privées ?

Ce que cela implique concrètement

En réalité, les garçons ont tout à gagner de la multiplication des cheminements particuliers intégrant des approches adaptées à leurs besoins. La démocratisation des programmes de sports-études, par exemple, a prouvé son efficacité sur la motivation des garçons. Mais Nadeau-Dubois préfère s’attaquer aux écoles privées, comme si cela allait résoudre le problème. En fait, la liberté de choix a permis d’élever le niveau général du réseau scolaire. Retirer cette liberté serait une erreur monumentale.

Lecture satirique

Il est presque comique de voir un politicien prôner la suppression de la liberté de choix dans l’éducation tout en prétendant défendre les intérêts des garçons. C’est comme si un chef cuisinier décidait de retirer tous les ingrédients épicés d’un plat, puis se plaignait que le goût est insipide. En somme, Nadeau-Dubois semble vouloir réduire la liberté d’éducation pour mieux « aider » ceux qu’il prétend défendre. Une belle contradiction, n’est-ce pas ?

Effet miroir international

En regardant au-delà de nos frontières, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec les politiques éducatives autoritaires d’autres pays. Que ce soit en Russie ou aux États-Unis, la tendance à blâmer des éléments extérieurs pour des échecs systémiques est omniprésente. Mais au lieu de tirer des leçons, certains semblent déterminés à reproduire ces erreurs.

À quoi s’attendre

Si nous continuons sur cette voie, nous risquons de voir une génération de garçons encore plus perdue dans un système qui ne répond pas à leurs besoins. La solution réside dans l’accès à des cheminements personnalisés, non dans la restriction des choix éducatifs. En fin de compte, il est temps de se demander si nous voulons vraiment aider ces garçons ou simplement les utiliser comme un argument politique.

Sources

Source : www.lapresse.ca

Visuel — Source : www.lapresse.ca
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