Éducation aux médias : un remède contre la désinformation ou un placebo ?

À Abidjan, le Club RFI s’attaque à la désinformation, mais peut-on vraiment éduquer ceux qui préfèrent croire aux fake news ?

Cette semaine, le Club RFI d’Abidjan met en lumière son activité consacrée à l’éducation aux médias. À l’ère de la révolution numérique et face à la prolifération des fausses informations, l’éducation aux médias et à l’information (EMI) s’impose. L’objectif : développer la culture médiatique du public pour mieux appréhender ce milieu, mais aussi contribuer à la lutte contre la désinformation devenue un fléau.

Ce qui se passe réellement

Avec la participation de Aman Baptiste Ado, président du club RFI Abidjan, et Audrey Akabé, le programme vise à sensibiliser le public sur les dangers des fausses informations. En invitant Samba Kone, président de l’Autorité nationale de la presse, le club espère établir un dialogue sur la nécessité d’une presse responsable. En parallèle, le portrait de Konan N’da N’Rdi, jeune chef de projet communication scientifique, illustre l’engagement des jeunes dans cette lutte. Et pour couronner le tout, une bande-son entraînante avec « Afouê Yaa » de Papa Notchet feat. Evangeliste Gnanzo.

Pourquoi cela dérange

Éduquer le public aux médias semble être une noble cause, mais n’est-ce pas un peu comme donner des lunettes à un aveugle ? La désinformation prospère non pas par manque d’éducation, mais par un choix délibéré de croire aux récits qui confortent nos préjugés. Les fausses nouvelles sont souvent plus séduisantes que la vérité, et cela, même les plus brillants des jeunes chefs de projet ne peuvent pas changer.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette initiative sont encore floues. Si l’éducation aux médias peut aider certains à mieux discerner le vrai du faux, elle risque aussi de se heurter à un mur d’indifférence. Les sceptiques de la vérité, armés de leur smartphone, continueront à partager des informations douteuses, peu importe le nombre de séminaires organisés.

Lecture satirique

Il est ironique de voir des institutions prôner l’éducation aux médias alors que, dans le même souffle, elles sont souvent les premières à relayer des informations sensationnelles. Entre promesses de transparence et réalité de l’opacité, le fossé se creuse. On pourrait presque croire que la désinformation est un business florissant, et que l’éducation aux médias n’est qu’un gadget marketing pour faire bonne figure.

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, des pays comme les États-Unis et la Russie montrent que la désinformation est un outil de pouvoir. Les gouvernements manipulent les médias pour contrôler les narrations, et ici, à Abidjan, on se demande si la lutte contre la désinformation ne sera pas un combat de Sisyphe. Les leçons tirées des dérives autoritaires ailleurs devraient servir de mise en garde, mais sont-elles vraiment entendues ?

À quoi s’attendre

Si cette initiative parvient à toucher un public réceptif, on pourrait espérer une prise de conscience collective. Mais si elle reste confinée à un cercle restreint de participants, le risque est grand que la désinformation continue de prospérer, alimentée par l’ignorance et le déni.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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