Édouard Geffray : Le ministre qui veut « nourrir intellectuellement » les bons élèves… mais à quel prix ?
Le ministre de l’Éducation nationale annonce un concours général pour les collégiens, mais les critiques fusent : un gadget élitiste ou une vraie avancée ?
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Dans un élan de générosité intellectuelle, Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale, a décidé de créer un « concours général » pour les collégiens de 3ème. Présenté comme une initiative visant à valoriser les bons élèves, souvent moqués dans les couloirs des collèges, ce projet semble plus une opération de communication qu’une réelle avancée éducative. Et si l’on se penche un peu plus sur cette annonce, on pourrait se demander si le ministre ne cherche pas simplement à faire briller son étoile à moindre coût.
Ce qui se passe réellement
Édouard Geffray, en bon ministre soucieux de son image, a promis d’« nourrir intellectuellement » les bons élèves. Ce concours, prévu pour 2026-2027, s’inspire du modèle des lycées, mais avec une touche « moins parisienne ». En effet, le ministre veut éviter que les établissements parisiens, tels que Henri-IV ou Stanislas, ne raflent tous les prix, laissant les autres collèges sur le carreau. Il semble donc que l’objectif soit de créer une émulation, tout en évitant de froisser les susceptibilités des établissements moins prestigieux.
Pourquoi cela dérange
Les critiques ne se sont pas fait attendre. Les syndicats enseignants dénoncent un projet « gadget », qui ne répond pas aux véritables urgences du système éducatif. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a souligné que si ce concours devait devenir une antichambre du concours général des lycées, cela ne ferait qu’accentuer l’élitisme déjà présent dans notre système éducatif. En d’autres termes, on ne fait que déplacer le problème sans le résoudre.
Ce que cela implique concrètement
Le concours, qui ne coûtera que quelques milliers d’euros à l’État, ne semble pas être une priorité face aux suppressions de postes d’enseignants qui touchent déjà de nombreux établissements. En effet, à peine dix mille euros pour rétribuer les professeurs correcteurs des copies, c’est un budget qui fait sourire, mais qui interroge sur les véritables intentions du ministre. Est-ce vraiment de l’excellence qu’il s’agit, ou simplement une manière de faire du bruit sans engager de réelles réformes ?
Lecture satirique
Il est ironique de voir un ministre qui consacre 80 % de son temps aux élèves défavorisés se préoccuper soudainement des « boloss » de la classe. On pourrait presque croire qu’il a découvert la crème de la crème des élèves, ceux qui, jusqu’ici, étaient laissés pour compte. Mais à quel prix ? En réalité, ce concours ne fait que masquer les véritables problèmes du système éducatif, tout en offrant une belle vitrine à un ministre en quête de légitimité.
Effet miroir international
Si l’on observe les dérives autoritaires à l’étranger, comme celles qui se déroulent aux États-Unis ou en Russie, on pourrait dire que cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large : celle de valoriser une élite au détriment de l’égalité des chances. En effet, ces politiques éducatives, qui semblent parfois déconnectées de la réalité, rappellent les discours des dirigeants qui prônent l’excellence tout en négligeant les fondements mêmes de l’éducation.
À quoi s’attendre
À l’avenir, il est à craindre que ce concours ne soit qu’un simple coup de com’, sans véritable impact sur le terrain. Les enseignants, déjà épuisés par des réformes incessantes, risquent de voir leurs efforts dilués dans un système qui continue de privilégier l’élitisme au détriment de l’égalité. Si le ministre souhaite vraiment valoriser les bons élèves, il serait peut-être plus judicieux de commencer par renforcer les moyens alloués à l’éducation, plutôt que de se concentrer sur des concours qui ne feront qu’ajouter à la pression déjà exercée sur les élèves.



