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En Pays de la Loire, il existe 4 écoles de la deuxième chance, à Nantes, Saint-Nazaire, Le Mans et Laval. Ces établissements s’adressent à des jeunes de 16 à 30 ans qui ont quitté le système scolaire. En France, plus de 150 000 stagiaires ont été accueillis depuis leur création.
Ça ressemble à une salle de classe, mais ça n’en est pas une. L’adulte au tableau n’est pas professeur. Ceux et celles qui l’écoutent attentivement ne sont pas des élèves mais des stagiaires.
Clément ne s’est jamais épanoui à l’école. Il n’entrait dans aucune case. Décrocheur, il est entré à l’école de la deuxième chance depuis quatre mois. L’établissement lavallois accueille des jeunes sans diplôme.
« Globalement, je suis quelqu’un de très stressé. Tout ce qui est groupe, classe, école, pour moi, c’était insupportable, je n’arrivais pas à y aller. J’ai pris sur moi, j’ai fini mon collège, mais arrivé au lycée, je me suis dit : ça va être la même chose, je n’ai pas envie de subir ça, le même stress et tout. Donc, j’ai arrêté complètement », raconte-t-il.
Dans ce groupe, on ignore de quoi on est capable. Du coup, Josy nous aide à mieux comprendre nos compétences.
« On va vraiment travailler l’individuel. Là, ils sont en collectif, mais chacun travaille pour soi. Donc, c’est important. La relation est différente. On se vouvoie, mais on s’appelle par nos prénoms. C’est plus facile dans l’approche qu’on peut avoir avec eux », explique Josy Gatineau, formatrice.
Le parcours dure 7 mois, la formation alterne entre atelier et stage de découverte.
« Il y a des jeunes qui sont très réservés et qui ont pu rester un an, deux ans ou trois ans à la maison. Et puis, certains jeunes aussi qui sont simplement perdus dans leur orientation professionnelle et qui ne savent pas à quelle porte frapper, qui ne savent pas comment faire », constate Samuel Gatineau, directeur adjoint de l’école de la deuxième chance de Laval.
Une fois que le petit coup de pouce est donné, ça va très vite
Samuel GatineauDirecteur adjoint de l’école de la deuxième chance de Laval
Tahamida est passée par l’école de la deuxième chance. Après un stage en maison de retraite, elle a été embauchée en CDI au service restauration.
« J’aime bien parce qu’on est en contact avec les résidents », glisse-t-elle en servant le repas.
« Pour vous, ma petite dame, du riz cantonais. Oui, bon appétit. Vous ne voulez pas manger ? Pourquoi ? Vous ne voulez pas me faire plaisir un petit peu ? Juste goûter ? », Tahamida est aux petits soins.
« Elle sait qu’on a des problèmes, nous les anciens, alors elle aide. Elle est superbe, elle a toutes les qualités, cette enfant-là. Je l’aime bien », sourit une résidente en la regardant tendrement.
Maryline Dufour était sa tutrice durant son stage. Elle collabore régulièrement avec l’école de la deuxième chance.
Je pars du principe que j’ai des personnes qui n’ont pas de diplôme, mais qui travaillent très très bien et qui sont en capacité de faire le travail. Il suffit de vouloir et d’avoir l’envie surtout, et ça roule tout seul
Maryline DufourResponsable hébergement-Résidence Cigma
« Ce sont des postes difficiles à pourvoir, avec des contraintes. Elle travaille un week‑end sur deux, tard le soir et les jours fériés. Tout le monde n’est pas aussi motivé que Tahamida », directrice de la résidence Cigma.
À 22 ans, la jeune femme est mère de deux petites filles. Elle a quitté Mayotte pour la France dans l’espoir de trouver un travail.
J’avais vraiment besoin d’un travail. Là on m’annonce que j’aurai un CDI. J’étais folle de joie. Je sais que mon salaire va tomber à telle date et que je serai bien avec mes enfants. Je crois en moi
Tahamida YoussoufSalariée à la résidence Cigma
Comme Tahamida et Clément, ils sont à Laval environ 70 stagiaires chaque année. Plus de la moitié sort de l’école avec une formation ou un emploi.
Khadija Nemri est directrice de l’école de la deuxième chance de Nantes et de Saint-Nazaire. Comme tous les responsables elle s’inquiète des sévères coupes budgétaires annoncées par la région qui pourraient entraîner la fermeture des écoles de Laval et du Mans et la suppression de la prise en charge des stagiaires.
« Nous sommes en situation de profonde inquiétude pour les jeunes que nous sommes amenés à accompagner vers l’insertion. L’école de la deuxième chance, c’est une école qui est reconnue comme un organisme de formation, labellisée Caliopi et qui permet en fait à des jeunes qui ont entre 16 et 30 ans de suivre un parcours de formation qui les prépare à l’insertion professionnelle. Et nous sommes malheureusement actuellement dans une situation extrêmement inquiétante pour l’avenir de ces jeunes », déplore-t-elle.
Pourquoi ? « Il se trouve qu’il y a un appel d’offres qui a été publié par la région dans le cadre de sa nouvelle stratégie de développement sur la formation qui relève de sa compétence À la lecture de cet appel d’offres, nous n’avons pu que constater que nous ne pouvions raisonnablement postuler, même en rejoignant un regroupement d’organismes de formation pour répondre à la problématique des jeunes dont nous avons la charge », ajoute la directrice des écoles de la deuxième chance de Nantes et Saint-Nazaire.
« On a un marché sur lequel ils peuvent se positionner, sur lequel ils ont toute leur place, d’autant plus avec les compétences particulières qu’ils ont, ils peuvent apporter une vraie plus-value sur le nouveau marché. Nous avons fusionné les deux programmes que l’on avait avant, pour avoir des parcours sans coupure. Ils ont toute leur légitimité à intervenir sur les publics qui, bien sûr, sont plutôt les publics jeunes », rétorque Jean-Luc Catanzaro, vice-président à la formation et à l’emploi du conseil régional.
Il n’y a aucune volonté de notre part de sacrifier les écoles de la deuxième chance. Ce sont des centres de formation et ils peuvent répondre aux marchés publics comme les autres établissements.
Jean-Luc CantazaroVice-président à la formation et à l’emploi conseil régional des Pays de la Loire
Une main tendue qui ne garantit pas la pérennité des établissements.
« Les jeunes que nous avons en charge aujourd’hui sont des jeunes inemployables, donc ils ne sont pas prêts à aller vers le monde du travail et donc ça vient juste avant la préqualification, ce qu’on appelle de la remobilisation, et c’est dans ce sens-là que nous n’avons pas suffisamment de place dans cet appel d’offres pour pouvoir répondre aux besoins du territoire », affirme Khadija Nemri.
« Réapprendre à arriver à l’heure tous les jours, à se lever le matin, c’est un travail de longue haleine que réalisent les équipes des écoles de la deuxième chance. Ce sont des étapes essentielles pour leur permettre ensuite de réaliser des stages en entreprise et de construire un projet professionnel en fonction de leur appétence et de leurs possibilités », souligne-t-elle.
95 % des stagiaires accueillis n’ont aucune expérience professionnelle, pas de diplôme. Des jeunes isolés. Les écoles de la deuxième chance leur ouvrent de nouveaux horizons, les amènent à retrouver confiance et estime de soi.
« 60 à 70 % des jeunes que nous accompagnons sortent soit vers l’apprentissage, soit vers une formation qualifiante, soit vers un emploi. Mais, nous avons au préalable travaillé sur tous les savoir-être et sur la remise à niveau de ces publics. Je propose à la région de nous remettre autour de la table et de rediscuter de ce sujet », conclut la directrice. L’invitation est lancée…
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Écoles de la Deuxième Chance : Une Main Tendue qui Pourrait Devenir un Coup de Pied
En Pays de la Loire, les écoles de la deuxième chance, censées redonner espoir aux jeunes décrocheurs, risquent de disparaître sous les coupes budgétaires. Une ironie amère pour ceux qui espéraient un avenir meilleur.
Dans un monde où l’éducation est censée être le pilier de la réussite, les écoles de la deuxième chance en Pays de la Loire semblent être le dernier refuge pour les jeunes perdus dans les méandres d’un système scolaire qui les a abandonnés. À Laval, Nantes, Saint-Nazaire et Le Mans, ces établissements accueillent des jeunes de 16 à 30 ans, souvent sans diplôme, dans l’espoir de les réinsérer dans le monde du travail. Mais voilà, la réalité est plus cruelle que les promesses.
Ce qui se passe réellement
Clément, un jeune de Laval, a trouvé refuge dans l’une de ces écoles après avoir abandonné le lycée, trop stressé par un système qui ne lui correspondait pas. « J’ai fini mon collège, mais arrivé au lycée, je me suis dit : ça va être la même chose », confie-t-il. Ce parcours de sept mois, qui alterne ateliers et stages, vise à redonner confiance et compétences aux jeunes. Pourtant, malgré les efforts, le spectre des coupes budgétaires plane sur ces établissements, menaçant leur existence même.
Pourquoi cela dérange
Les responsables des écoles, comme Khadija Nemri, directrice de l’école de Nantes, expriment leur inquiétude face aux coupes budgétaires annoncées par la région. « Nous sommes en situation de profonde inquiétude pour les jeunes que nous sommes amenés à accompagner vers l’insertion », déplore-t-elle. Une situation paradoxale : alors que ces écoles sont reconnues comme des organismes de formation, elles sont menacées de fermeture. Qui aurait cru qu’un coup de ciseaux budgétaire pourrait trancher dans le tissu même de l’avenir de ces jeunes ?
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont directes : des jeunes qui, sans ces écoles, risquent de sombrer dans le désespoir et l’inaction. Avec 95 % des stagiaires n’ayant aucune expérience professionnelle, ces établissements sont souvent le dernier espoir pour des jeunes isolés et perdus. La fermeture de ces écoles signifierait non seulement la perte d’un lieu d’apprentissage, mais aussi la perte d’un espace où ils peuvent retrouver confiance en eux.
Lecture satirique
Ironiquement, alors que les discours politiques vantent l’importance de l’éducation et de l’insertion, la réalité est tout autre. Les promesses de soutien se heurtent à des décisions budgétaires qui semblent plus motivées par des considérations économiques que par un réel souci du bien-être des jeunes. « Il n’y a aucune volonté de notre part de sacrifier les écoles de la deuxième chance », affirme Jean-Luc Catanzaro, vice-président à la formation et à l’emploi du conseil régional. Mais à quel prix ?
Effet miroir international
Ce phénomène n’est pas isolé. À l’échelle mondiale, des politiques similaires se mettent en place, où les jeunes sont souvent sacrifiés sur l’autel de l’austérité. Que ce soit aux États-Unis, où les coupes dans l’éducation sont monnaie courante, ou en Russie, où l’accès à l’éducation est de plus en plus restreint, la tendance est inquiétante. Les jeunes, souvent les plus vulnérables, sont les premières victimes de ces décisions.
À quoi s’attendre
Si les coupes budgétaires se poursuivent, il est à craindre que ces écoles de la deuxième chance ne deviennent qu’un souvenir. Les jeunes, déjà en difficulté, pourraient se retrouver encore plus isolés, sans aucune perspective d’avenir. Un avenir qui, pourtant, pourrait être radieux si seulement les décisions politiques étaient en phase avec les réalités du terrain.
Sources
Source : france3-regions.franceinfo.fr




