Un ministre britannique juge « décevant » qu’il n’y ait pas eu de percée dans les négociations

 Un ministre britannique a jugé dimanche « décevant » que les négociations entre l’Iran et les Etats-Unis à Islamabad n’aient pas abouti, tout en appelant à les poursuivre. « Il est évidemment décevant de ne pas avoir encore constaté de percée dans les négociations ni de fin de cette guerre en Iran qui soit durable », a déclaré le ministre de la Santé Wes Streeting à Sky News. « Comme toujours en diplomatie, on échoue jusqu’à ce qu’on réussisse. Donc, même si ces discussions n’ont pas abouti, cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas de mérite à continuer d’essayer », a-t-il ajouté.

Les États-Unis et l’Iran échouent à trouver un accord à Islamabad

« Nous rentrons aux États-Unis sans être parvenus à un accord », a déclaré J.D. Vance lors d’une brève conférence de presse à Islamabad, où Américains et Iraniens négociaient depuis samedi, à un niveau inédit entre les deux pays depuis la Révolution islamique de 1979. « Je pense que c’est une mauvaise nouvelle pour l’Iran bien plus que ce ne l’est pour les États-Unis d’Amérique », a-t-il considéré.

Malgré des échanges intenses de plus de 20 heures, les discussions n’ont pas permis de rapprocher les positions. Avant de décoller du Pakistan, le vice-président américain J.D. Vance affirme ne pas avoir obtenu les garanties jugées indispensables sur le renoncement de Téhéran à l’arme nucléaire, une ligne rouge absolue pour Washington, qui pointe du doigt un manque de flexibilité de la partie iranienne, rapporte notre correspondante à Islamabad, Ondine de Gaulle.

Le vice-président a laissé entendre qu’il accordait encore du temps à l’Iran pour examiner l’offre américaine. « Nous avons besoin d’un engagement formel de leur part, par lequel ils ne chercheront pas à se doter d’une arme nucléaire et qu’ils ne chercheront pas à se procurer les moyens qui leur permettraient d’en fabriquer une rapidement », a déclaré M. Vance. « Nous n’avons pas encore vu cela. Nous espérons le voir », a-t-il poursuivi.

L’oléoduc saoudien est-ouest à nouveau «en état de fonctionnement» après des attaques

L’oléoduc traversant d’est en ouest l’Arabie saoudite, équipement crucial pour l’exportation de brut en période de blocage du détroit d’Ormuz, est à nouveau « en état de fonctionnement » après des attaques, ont annoncé dimanche les autorités du pays. « Les équipements énergétiques et l’oléoduc est-ouest endommagés par des attaques sont à nouveau en état de fonctionnement, améliorant la fiabilité de l’approvisionnement », a affirmé le ministère saoudien de l’Energie, cité par l’agence officielle SPA. Le Financial Times avait affirmé qu’une importante attaque de drone avait visé mercredi cet équipement, la Petroline, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran. Ni le gouvernement saoudien ni le géant pétrolier public Aramco, propriétaire de l’oléoduc, n’avaient alors commenté l’information.

Cinq personnes ont été tuées dans le sud du Liban selon l’Agence nationale de l’information (NNA)

Cinq personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées à Cana, dans le sud du Liban, après un raid israélien sur la région, rapporte la NNA, l’Agence nationale de l’information.

[Analyse] Des négociations intenses, mais aucun compromis trouvé

Malgré des échanges intenses, les discussions n’ont pas permis de rapprocher les positions. Avant de décoller du Pakistan, le vice-président américain J.D. Vance affirme ne pas avoir obtenu les garanties jugées indispensables sur le renoncement de Téhéran à l’arme nucléaire, une ligne rouge absolue pour Washington, qui pointe du doigt un manque de flexibilité de la partie iranienne, rapporte notre correspondante à Islamabad, Ondine de Gaulle.

En face, Téhéran retourne l’accusation, les positions américaines sont jugées trop rigides et trop maximalistes. Une source proche de la délégation iranienne va même plus loin, estimant que l’équipe américaine cherchait surtout un prétexte pour quitter la table des négociations. Côté iranien, le principal point de blocage reste le détroit d’Ormuz. Téhéran refuse catégoriquement tout mécanisme de patrouille conjoint, pourtant évoqué dans les discussions.

Pour certains observateurs proches de la République islamique, ces pourparlers avaient surtout une autre fonction : montrer au monde que Washington n’était pas selon eux de bonne foi. Après le départ de la délégation américaine, le ministre pakistanais des Affaires étrangères a appelé les deux parties à respecter le cessez-le-feu alors que ni Washington ni Téhéran n’ont commenté cette trêve fragile, censée durer deux semaines.

Désormais, le message américain est clair, une offre finale est sur la table, à prendre ou à laisser. Sauf que côté iranien, les médias d’État citant des sources officielles assurent que Téhéran, à ce stade, ne veut pas ouvrir un nouveau cycle de négociations. Reste Islamabad, où l’on insiste sur un point, le canal de médiation pakistanais, lui, n’est pas totalement fermé.

L’Australie exhorte les États-Unis et l’Iran à reprendre les négociations

La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a appelé les États-Unis et l’Iran à respecter le cessez-le-feu et à reprendre les pourparlers. « Il est regrettable que les pourparlers d’Islamabad entre les États-Unis et l’Iran se soient soldés par un échec », a déclaré Penny Wong dans un communiqué relayé par les médias australiens. « La priorité doit désormais être de maintenir le cessez-le-feu et de reprendre les négociations. Nous souhaitons toujours une résolution rapide de ce conflit. » Elle a averti que « toute escalade du conflit aurait des conséquences humaines encore plus graves et impacterait davantage l’économie mondiale ».

Confusion autour de la situation dans le détroit d’Ormuz

L’Iran a rejeté les affirmations de Washington selon lesquelles deux navires de guerre de la marine américaine auraient traversé le détroit d’Ormuz pour déminer cette voie navigable stratégique, Téhéran avertissant que tout navire militaire tentant de franchir le détroit « ferait l’objet de mesures sévères ». Plus tôt samedi, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait indiqué que deux destroyers de la marine américaine avaient franchi le détroit d’Ormuz pour commencer à « poser les conditions » d’un déminage de cette voie contrôlée par l’Iran. Les deux navires ont opéré dans le cadre « d’une mission plus large visant à s’assurer que le détroit est entièrement débarrassé des mines marines précédemment posées par les Gardiens de la révolution iraniens », a précisé le Centcom dans un communiqué sur la plateforme X. « On balaye le détroit », a déclaré le président américain Donald Trump à la presse.

[Chronique] Iran, 40 jours d’errance stratégique pour les États-Unis qui rebattent les cartes au Moyen-Orient

La trêve décrétée mercredi par les États-Unis montre les limites de l’intervention américaine déclenchée le 28 février, pour renverser le régime iranien. Selon les experts, l’opération militaire de Washington pourrait avoir des conséquences à long terme.

Téhéran assure que personne ne s’attendait à un accord dès les premières négociations

Téhéran a considéré ce dimanche que « personne ne s’attendait » à ce que les États-Unis et l’Iran parviennent à un accord dès le premier cycle de négociations, selon le porte-parole de la diplomatie iranienne. « Il était évident dès le départ que nous ne devions pas nous attendre à atteindre un accord en une seule session (de négociations). Personne ne s’y attendait », a déclaré Esmaeil Baqaei à la télévision d’État iranienne, après l’annonce de l’échec des discussions à Islamabad pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien s’est dit « sûr que nos contacts avec le Pakistan, ainsi que nos autres amis dans la région, se poursuivront ».

Le Pakistan appelle Américains et Iraniens à continuer à observer le cessez-le-feu après l’échec des négociations

Le Pakistan a exhorté ce dimanche les États-Unis et l’Iran à continuer à respecter leur cessez-le-feu de deux semaines en vigueur, malgré l’échec de leurs négociations de paix à Islamabad. « Il est impératif que les parties continuent à respecter leur engagement en faveur du cessez-le-feu », a déclaré le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, dont le pays a été l’hôte des négociations et a servi de médiateur. « Le Pakistan a joué et continuera à jouer son rôle pour faciliter le dialogue entre la République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique dans les jours à venir », a-t-il ajouté.

Bonjour à toutes et à tous !

Bienvenue dans ce nouveau direct consacré à la guerre au Moyen-Orient pour la journée de ce samedi 11 avril 2026. Pour retrouver toutes les informations de la veille, vous pouvez lire notre article ici :

Échec à Islamabad : Quand les négociations entre l’Iran et les États-Unis se transforment en un grand numéro de duettistes

Les pourparlers entre l’Iran et les États-Unis à Islamabad ont échoué, laissant les diplomates dans un état de déception palpable. Qui aurait cru que la diplomatie pouvait être si… peu diplomatique ?

Dans un monde où les promesses de paix se heurtent à la réalité des tensions géopolitiques, les négociations entre l’Iran et les États-Unis ont pris des airs de farce tragique. Le ministre britannique de la Santé, Wes Streeting, a qualifié l’absence de percée de « décevante ». Peut-être aurait-il dû se rappeler que dans le monde de la diplomatie, « décevant » est souvent synonyme de « habituel ».

Ce qui se passe réellement

Les discussions, qui ont duré plus de 20 heures, ont vu le vice-président américain J.D. Vance déclarer qu’ils rentraient « sans accord ». Étrangement, il a trouvé cela « plus mauvais pour l’Iran que pour les États-Unis ». Un peu comme dire que le Titanic a eu un problème de « navigation » après avoir heurté un iceberg. Les États-Unis, en quête de garanties sur le renoncement de Téhéran à l’arme nucléaire, ont pointé un manque de flexibilité de la part iranienne, tandis que Téhéran rétorquait que les exigences américaines étaient trop rigides. Un vrai match de ping-pong diplomatique, où personne ne veut vraiment marquer.

Pourquoi cela dérange

Ce qui est réellement dérangeant, c’est l’absurdité de la situation. Les deux parties semblent jouer à un jeu de poker où chacun bluffe, mais personne n’ose montrer ses cartes. Pendant ce temps, des vies continuent d’être perdues dans cette guerre qui semble ne jamais vouloir se terminer. Les promesses de paix se heurtent à des réalités tragiques, et les discours politiques se transforment en un véritable festival de contradictions.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cet échec sont claires : un cessez-le-feu fragile, des tensions qui continuent de monter, et une population iranienne qui souffre des effets collatéraux de cette impasse. Pendant que les diplomates s’écharpent, les civils paient le prix fort. Cinq personnes ont été tuées dans un raid israélien au Liban, un rappel brutal que la guerre ne prend jamais de pause, même lorsque les négociations échouent.

Lecture satirique

Il est ironique de voir des politiciens parler de « dialogue » tout en continuant à brandir des menaces. Les États-Unis veulent des garanties, mais semblent oublier que les promesses sont souvent aussi solides qu’un château de cartes. Pendant ce temps, l’Iran, qui se dit prêt à discuter, refuse de céder sur des points cruciaux. Comme si l’on s’attendait à ce qu’un chat devienne soudainement un chien juste parce qu’on lui a demandé gentiment.

Effet miroir international

Ce spectacle n’est pas sans rappeler d’autres dérives autoritaires à travers le monde. Les discours de paix sont souvent utilisés comme des outils de propagande, tandis que les véritables enjeux restent cachés derrière des façades de diplomatie. Les États-Unis, avec leur penchant pour l’interventionnisme, semblent parfois oublier que la paix ne se négocie pas à coups de menaces.

À quoi s’attendre

À moins d’un miracle diplomatique, il est peu probable que les tensions se calment. Les États-Unis semblent déterminés à maintenir la pression sur l’Iran, tandis que Téhéran, de son côté, ne semble pas prêt à céder. Une impasse qui pourrait bien se prolonger, avec des conséquences désastreuses pour la région.

Sources

Source : www.rfi.fr

EN DIRECT - Guerre au Moyen-Orient: le Pakistan appelle Américains et Iraniens à continuer de respecter le cessez-le-feu
Visuel — Source : www.rfi.fr
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire