Après 21 heures de négociations marathon, “l’issue de la guerre” au Moyen-Orient “reste” donc “incertaine”, observe CNN.

Le vice-président américain J.D. Vance qui s’est rendu ce week-end à Islamabad au Pakistan pour y mener des pourparlers avec Téhéran, a annoncé dimanche 12 avril que les États-Unis et l’Iran avaient échoué à trouver un accord pour mettre fin au conflit.

“Nous rentrons aux États-Unis sans être parvenus à un accord”, a déclaré le républicain lors d’une brève conférence de presse dans la capitale pakistanaise, où Américains et Iraniens négociaient depuis samedi, avec l’aide du Pakistan. Le vice-président américain a notamment déploré l’absence de “promesse ferme” de Téhéran pour un abandon de son programme d’armement nucléaire, exigence clé du président américain Donald Trump depuis le déclenchement le 28 février de cette guerre qui a fait des milliers de morts et ébranlé l’économie mondiale.

“Nous repartons d’ici avec une proposition très simple, une approche qui constitue notre offre finale et la meilleure que nous puissions faire. Nous verrons si les Iraniens l’acceptent”, a-t-il ajouté, avant de remonter dans son avion et de quitter le Pakistan.

Mais Téhéran a de son côté confirmé la fin des discussions, attribuant leur échec aux “demandes déraisonnables” de Washington, selon la télévision d’État iranienne.

“Des négociations longues attendues”

Il était de toute façon “peu probable que le vice-président Vance parvienne à un accord en une seule session de négociation”, analyse l’un des correspondants du New York Times à la Maison-Blanche, David Sanger. “L’accord conclu avec l’Iran en 2015 avait nécessité près de deux ans de discussions”, rappelle-t-il. “Si le contexte actuel est différent – les deux pays étant de facto en guerre –, la complexité des enjeux, l’importance centrale du programme nucléaire dans l’identité nationale iranienne, ainsi que les différends autour du contrôle du détroit d’Ormuz laissent présager des négociations longues.”

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, a d’ailleurs lui-même assuré dimanche que “personne ne s’attendait” à ce que les États-Unis et l’Iran parviennent à un accord dès le premier cycle de négociations. Il s’est dit “sûr que nos contacts avec le Pakistan, ainsi que nos autres amis dans la région, se poursuivront”.

“Même si les discussions n’ont pas débouché sur une avancée diplomatique majeure, le fait que le président du Parlement iranien, qui dirigeait la délégation de Téhéran, ait rencontré le vice-président américain reste exceptionnel, compte tenu de l’hostilité de longue date entre les deux pays”, souligne le New York Times, en rappelant qu’il “y a à peine six semaines, des frappes aériennes américaines et israéliennes ont tué le guide suprême iranien”.

Pendant que Vance évoquait l’impasse des négociations à Islamabad, le président américain Donald Trump et son secrétaire d’État Marco Rubio se trouvaient eux à Miami où ils assistaient à l’UFC 327, un événement de sports de combat, rapporte Fox News. Le locataire de la Maison-Blanche avait tenté un peu plus tôt samedi de “minimiser l’importance des négociations de paix avec l’Iran en affirmant que les États-Unis avaient de toute façon déjà remporté la guerre”, note le Wall Street Journal. “Cela m’est égal” si un accord est conclu ou non avec l’Iran, avait-il affirmé. “Nous les avons vaincus militairement”.

Des incertitudes concernant le cessez-le-feu et le détroit d’Ormuz

“L’impasse des négociations laisse maintenant le cessez-le-feu de deux semaines conclu la semaine dernière en suspens, avec le risque d’une reprise et d’une escalade des combats”, souligne Axios.

Dimanche, J.-D. Vance n’a pas répondu aux questions de la presse “concernant la reprise éventuelle des combats ou le statut du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz”, observe le Washington Post.

Islamabad a de son côté exhorté les États-Unis et l’Iran à continuer de respecter le cessez-le-feu, malgré l’échec des négociations. “Le Pakistan a joué et continuera à jouer son rôle pour faciliter le dialogue entre la République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique dans les jours à venir”, a par ailleurs insisté le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar.

Un peu plus tôt samedi, alors que les pourparlers entre Américains et Iraniens étaient toujours en cours, l’armée américaine avait affirmé que deux de ses destroyers avaient franchi le détroit d’Ormuz dans une opération préalable à son déminage. “On balaye le détroit”, avait renchéri Donald Trump, auprès de la presse.

Les Gardiens de la révolution ont eux averti tôt dimanche qu’ils agiraient avec “sévérité” contre les navires militaires transitant par le détroit.

Selon des déclarations d’un responsable iranien non identifié, relayées par l’agence de presse Fars, affiliée aux services de sécurité iraniens, Téhéran prévoit “de perturber le passage des navires dans le détroit d’Ormuz tant qu’il n’aura pas obtenu une offre acceptable de la part des États-Unis”, rapporte le Wall Street Journal. “L’Iran n’est pas pressé”, aurait affirmé le responsable.

Échec à Islamabad : Quand les États-Unis et l’Iran se retrouvent à la case départ

Après 21 heures de discussions, les États-Unis et l’Iran rentrent chez eux les mains vides, laissant des milliers de vies en suspens.

Dans un monde où les négociations de paix ressemblent de plus en plus à un combat de boxe, le vice-président américain J.D. Vance a annoncé dimanche 12 avril que les pourparlers à Islamabad n’avaient pas abouti. « Nous rentrons aux États-Unis sans être parvenus à un accord », a-t-il déclaré, comme si cela était une surprise. Qui aurait cru qu’un conflit de plusieurs mois pourrait nécessiter plus qu’une simple séance de speed-dating diplomatique ?

Ce qui se passe réellement

Les États-Unis et l’Iran, après des heures de discussions, n’ont pas réussi à s’entendre sur un point crucial : l’abandon du programme d’armement nucléaire iranien. Vance a exprimé son désarroi face à l’absence de « promesse ferme » de Téhéran, une exigence que le président Trump a martelée depuis le début de cette guerre, qui a déjà coûté des milliers de vies et ébranlé l’économie mondiale. « Nous repartons d’ici avec une proposition très simple, notre meilleure offre », a-t-il ajouté, avant de quitter le Pakistan, probablement pour un bon repas.

De l’autre côté, Téhéran a attribué l’échec des négociations aux « demandes déraisonnables » de Washington. Comme si l’on pouvait s’attendre à ce qu’un pays en guerre abandonne son programme d’armement sur un coup de tête !

“Des négociations longues attendues”

Les experts, comme David Sanger du New York Times, n’étaient pas vraiment surpris. « Il était peu probable que Vance parvienne à un accord en une seule session », a-t-il souligné. En effet, l’accord de 2015 avait nécessité près de deux ans de discussions. Mais qui a le temps pour cela quand on peut simplement se rendre à l’UFC 327 à Miami ?

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, a confirmé que « personne ne s’attendait » à un accord immédiat. Mais il a également noté que les contacts avec le Pakistan et d’autres alliés se poursuivraient. Une belle manière de dire : « On n’a pas fini de discuter, mais on va prendre notre temps. »

Pourquoi cela dérange

Cette impasse laisse le cessez-le-feu de deux semaines en suspens, avec le risque d’une reprise des combats. Pendant ce temps, Trump et son secrétaire d’État Marco Rubio se la coulent douce à Miami, minimisant l’importance des négociations. « Cela m’est égal », a déclaré Trump, « nous les avons vaincus militairement ». Une belle façon de déconnecter la réalité des conséquences humaines de cette guerre.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette impasse sont déjà visibles : des milliers de vies sont en jeu, et l’économie mondiale continue de trembler. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères a appelé à respecter le cessez-le-feu, mais avec des Gardiens de la Révolution menaçant d’agir « avec sévérité » contre les navires militaires dans le détroit d’Ormuz, la situation reste tendue.

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment les discours politiques peuvent être si déconnectés de la réalité. D’un côté, un vice-président qui semble découvrir que la diplomatie prend du temps, de l’autre, un président qui se vante de victoires militaires tout en ignorant les conséquences tragiques de ses décisions. La promesse d’une paix rapide s’est transformée en une farce tragique, où les vies humaines ne sont qu’un détail dans le grand jeu de la géopolitique.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les dirigeants semblent plus préoccupés par leur image que par le bien-être de leur peuple. Les États-Unis, avec leur approche militariste, ne sont pas si différents des régimes qu’ils prétendent combattre.

À quoi s’attendre

À moins d’un miracle diplomatique, il semble que nous soyons condamnés à assister à un long processus de négociations, avec des vies humaines en jeu et une escalade potentielle des conflits. Les promesses de paix semblent aussi solides qu’un château de cartes.

Sources

Source : www.courrierinternational.com

À Islamabad, les États-Unis et l’Iran échouent à trouver un accord de paix
Visuel — Source : www.courrierinternational.com
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