Donald Trump : Du Bluff au Crime de Guerre ?
Alors que les tensions montent avec l’Iran, Donald Trump semble jouer à un jeu dangereux, oscillant entre menace et négociation. Mais à quel prix ?
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La question se pose plusieurs fois par jour : faut-il s’énerver à chaque publication de Donald Trump ou hausser les épaules en disant : c’est seulement du bluff ? Après tout, selon sa propre théorie des négociations, exposée dans The Art of the Deal, il faut utiliser tous les leviers au maximum, faire pression jusqu’à la dernière minute, et quand tout semble conclu, menacer de tout casser pour soutirer plus d’avantages.
Ce qui se passe réellement
Quand il dit qu’il va détruire l’Iran, ses ponts, ses usines d’électricité si les « fous furieux » ne signent pas une entente sur le « tabarnac de détroit d’Ormuz », il faut donc peut-être y voir l’expression subtile de sa technique de négociation. D’autant que des négociations ont lieu par l’intermédiaire du Pakistan. Lui-même dit qu’elles sont « significatives. »
Sauf qu’il ne s’agit pas d’un deal d’immeuble à Manhattan. Il s’agit d’une menace de commettre des crimes de guerre, émanant de l’homme à la tête de la plus puissante armée du monde. Dans le droit international humanitaire, même la menace d’attaques contre des installations civiles est une infraction.
Bien entendu que les États-Unis peuvent raser le pays. Déjà, officiellement, 13 000 attaques ont eu lieu en Iran depuis un mois. Entre 1400 et 2000 civils sont morts. Mais est-on vraiment rendu au point où l’armée américaine obéirait à un ordre aussi manifestement criminel ? Qui la mettrait sur le même pied moral que la Russie ?
Pourquoi cela dérange
Ce qui dérange ici, c’est la banalisation de la violence dans le discours politique. Un général qui ordonnerait la destruction d’une usine de désalinisation, ou de tous les ponts, ou des centrales électriques, pourrait se retrouver en cour martiale un jour, même si l’ordre venait de la Maison-Blanche. Politico rapportait que les juristes de l’armée préparent déjà une théorie pour légitimer de telles attaques : les infrastructures civiles sont utilisées par l’armée pour transporter le matériel militaire, donc ce sont des cibles légitimes. Une logique tordue qui rappelle les justifications fallacieuses utilisées par d’autres régimes autoritaires.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont désastreuses. Si les États-Unis détruisent le pays comme le président menace de le faire, la réputation des États-Unis serait aussi ravagée. On est loin des frappes punitives limitées contre un régime sanguinaire. Trump utilise des expressions guerrières d’il y a 2000 ans, comme « Au vainqueur le butin », justifiant ainsi que, comme au Venezuela, les États-Unis voudront leur part du pétrole en Iran.
Lecture satirique
Il est fascinant de voir comment Trump, en bon chef de gang, menace de commettre des crimes de guerre tout en jouant les négociateurs. Pendant ce temps, Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense, ne parle que de la force de frappe, jamais de la justification légale des actions. Il invoque la Bible, par contre. Une belle ironie pour un pays qui se dit défenseur des droits humains.
Effet miroir international
Ce discours déconnecté rappelle les dérives autoritaires dans d’autres pays. Les justifications de la violence et des attaques contre des infrastructures civiles sont des échos de ce que l’on voit dans des régimes comme celui de la Russie ou d’Israël, où les lois internationales sont souvent ignorées au nom de la sécurité nationale.
À quoi s’attendre
En attendant que l’échéance survienne, ce qui saute aux yeux est que la Maison-Blanche veut en finir au plus coupant avec cette guerre largement impopulaire, qui fait augmenter le prix de l’essence. Mais comment ? À partir de l’atteinte de quel objectif exactement ? Après deux jours, il criait victoire… Mais il y est encore.


