Djibouti : Vers un Sixième Mandat pour Guelleh, ou le Triomphe de l’Autocratie Électorale ?
Le 10 avril, les électeurs djiboutiens seront appelés à choisir entre un président sortant qui a déjà tout prévu et un challenger sans siège. Un vrai choix démocratique, n’est-ce pas ?
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C’est une élection présidentielle dont l’issue est déjà “largement prévisible”, affirme Geeska. Le titre somalien en est certain, il y a de grandes chances que le président Ismaïl Omar Guelleh, dit “IOG”, remporte l’élection présidentielle du 10 avril et s’engage ainsi dans un sixième mandat. Les 243 471 électeurs inscrits, selon un décompte d’Al-Jazeera, devront choisir entre le président sortant, qui se représente sous la bannière du parti au pouvoir, le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP), et Mohamed Farah Samatar, ancien membre du parti au pouvoir et chef du Centre démocratique unifié (CDU), qui ne dispose d’aucun siège au Parlement. Un vrai duel de titans, n’est-ce pas ?
Ce qui se passe réellement
Un boulevard électoral s’ouvre donc devant le candidat-président qui, depuis sa première élection en 1999, a su habilement jongler avec les amendements constitutionnels pour multiplier ses candidatures. En 2010, il a supprimé la limitation du nombre de mandats. L’amendement le plus récent, adopté à la fin de 2025, a même supprimé la limite d’âge de 75 ans, ouvrant ainsi la voie à cette sixième candidature de Guelleh, âgé de 78 ans. Mais son âge commence à poser question, notamment en raison d’une succession politique à préparer. Qui a dit que la démocratie était un sport de jeunes ?
Pourquoi cela dérange
La situation à Djibouti soulève des questions sur la santé de la démocratie. Avec un président qui a littéralement réécrit les règles du jeu à son avantage, on pourrait se demander si les électeurs ont vraiment le choix. La présence ininterrompue de Guelleh depuis 1999 n’est-elle pas le signe d’une autocratie déguisée en démocratie ?
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont directes : un climat politique où la contestation est étouffée, et où les voix dissidentes sont souvent réduites au silence. Les électeurs, face à un choix aussi limité, pourraient bien se sentir comme des figurants dans une pièce de théâtre dont le dénouement est déjà écrit.
Lecture satirique
Il est fascinant de voir comment Guelleh, en bon prestidigitateur, a réussi à faire disparaître toute notion de limite dans son mandat. Promettre un avenir radieux tout en s’accrochant au pouvoir comme une moule à son rocher, voilà une belle contradiction ! Les discours politiques semblent déconnectés de la réalité, où la seule promesse qui semble se réaliser est celle de l’immobilisme.
Effet miroir international
En observant cette situation, on ne peut s’empêcher de faire des parallèles avec d’autres régimes autoritaires à travers le monde. Que ce soit en Russie ou aux États-Unis, la manipulation des règles électorales pour maintenir le pouvoir est une tendance inquiétante qui semble se répandre comme une traînée de poudre.
À quoi s’attendre
Si les tendances actuelles se poursuivent, il est probable que Guelleh remporte cette élection, consolidant ainsi son emprise sur le pays. Les électeurs djiboutiens devront alors se préparer à vivre encore plusieurs années sous le joug d’une autocratie électorale.
Sources
Source : www.courrierinternational.com



