À Djibouti, le président Ismaïl Omar Guelleh a été réélu sans surprise, vendredi 10 avril, avec 97,81% des voix et une participation de plus de 80 %, selon les chiffres officiels. Si le gouvernement affiche sa satisfaction, du côté de l’opposition, on pointe l’absence de développement.

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Pour le porte-parole du parti présidentiel en Europe, la réélection du président Ismaïl Omar Guelleh à un sixième mandat est une très bonne nouvelle. Joint par Alexandra Brangeon de la rédaction Afrique de RFI, Houmed Daoud affirme qu’il s’agit là d’un signe que le chef de l’État a su bâtir un pays fort.

« Nous nous en réjouissons et les Djiboutiens s’en réjouissent aussi, ce qui explique cette participation massive et puis aussi, l’adhésion au programme du chef de l’État qui a toujours, pour mission, pour projet, de bâtir un Djibouti fort, économiquement fort, politiquement fort.

L’enjeu principal est de protéger Djibouti. Nous sommes un petit pays. La région est trouble, et la position stratégique de notre pays impose l’attention du monde entier. Nous sommes à l’entrée du détroit de Bab-el-Mandeb et de la mer Rouge et donc, il faut une habileté diplomatique. D’ailleurs, la diplomatie djiboutienne est basée sur la neutralité, et le président Guelleh a toujours su ménager les uns et les autres, dans le sens des intérêts de la République de Djibouti et des Djiboutiens.»

« Un manque de réel développement »

Pour l’opposition, le taux de participation annoncé de 80 % ne relate pas la réalité ; les bureaux de vote étaient quasiment vides et pour ce qui est du bilan du chef de l’État, il est mitigé. Joint par RFI, Alexis Mohamed, ancien conseiller du chef de l’État devenu opposant, souligne que « ce n’est pas parce qu’il y a absence de conflit à l’intérieur du pays qu’il y a stabilité ». Il n’y a pas de réel développement économique selon lui.

« Aujourd’hui, vous avez 72 % de la population – de la jeunesse du moins – de Djibouti qui malheureusement subit le chômage de plein fouet. Nous avons une gestion opaque de l’État et, tant que cela ne sera pas rendu transparent, on ne pourra jamais parler de développement.

D’ailleurs, c’est quoi le développement, à Djibouti ? Les ports effectivement sont les poumons économiques de ce pays mais si vous enlevez les ports, il n’y a absolument rien du tout ! Il n’y a aucune diversité économique notamment.

Et puis, nous avons un secteur privé qui est quasiment inexistant. Pourquoi ? Parce que trois ou quatre personnes se partagent, aujourd’hui, le secteur privé qui est très dépendant du marché public, mais à part cela, il n’y a absolument rien. Ce n’est pas parce qu’on a crée des immeubles ou des belles villas – grâce au détournement de deniers publics – qu’il s’agit de développement ».

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Avec 97,81% des voix, Ismaïl Omar Guelleh remporte un sixième mandat. Mais derrière les chiffres, l’opposition dénonce un pays à l’agonie.

Le 10 avril, Djibouti a célébré une élection présidentielle qui, selon les chiffres officiels, a vu le président Ismaïl Omar Guelleh réélu avec un score digne des plus grands régimes autoritaires. Une participation de plus de 80% ? Ne vous inquiétez pas, les bureaux de vote étaient si vides qu’on aurait pu y organiser un concert de musique classique sans déranger personne.

Ce qui se passe réellement

Pour le porte-parole du parti présidentiel, la réélection de Guelleh est la preuve d’un « Djibouti fort ». Mais pour l’opposition, cette « force » est un mirage. Alexis Mohamed, ancien conseiller devenu critique acerbe, rappelle que la stabilité ne se mesure pas à l’absence de conflit, mais à la qualité de vie des citoyens. En effet, 72% des jeunes Djiboutiens sont au chômage, un chiffre qui ferait rougir n’importe quel ministre de l’Économie.

Pourquoi cela dérange

Le taux de participation annoncé est un parfait exemple de la dissonance entre le discours officiel et la réalité. Les promesses de développement économique se heurtent à une gestion opaque et à un secteur privé quasi inexistant. En effet, si l’on enlève les ports, qui sont les poumons économiques du pays, que reste-t-il ? Des immeubles construits avec des fonds détournés, mais pas de diversité économique.

Ce que cela implique concrètement

La réélection de Guelleh n’est pas seulement une victoire pour lui, mais un coup de poignard pour l’espoir d’un avenir meilleur pour les Djiboutiens. Les jeunes, désillusionnés, voient leur avenir s’assombrir alors que le gouvernement continue de se gargariser de succès fictifs.

Lecture satirique

Le discours politique de Guelleh est un chef-d’œuvre de déconnexion. « Nous bâtissons un Djibouti fort », dit-il, tout en laissant la jeunesse se débattre dans le chômage. C’est un peu comme si un chef cuisinier vantait ses plats tout en servant des restes froids à ses clients.

Effet miroir international

En observant la situation à Djibouti, on ne peut s’empêcher de faire des parallèles avec d’autres régimes autoritaires. Que ce soit en Russie ou aux États-Unis, la manipulation des chiffres et la répression de l’opposition semblent être des stratégies universelles pour maintenir le pouvoir. À quand un sommet des chefs d’État pour échanger des astuces sur la manière de « gagner » des élections ?

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, Djibouti risque de devenir un cas d’école sur la manière de transformer un pays en une vitrine de façade, où les chiffres brillent mais où la réalité est bien plus sombre. Les Djiboutiens doivent se préparer à une nouvelle ère de promesses non tenues et de désillusion croissante.

Sources

Source : www.rfi.fr

Le président Guelleh réélu à Djibouti: satisfaction du pouvoir, l’opposition pointe une gestion «opaque»
Visuel — Source : www.rfi.fr
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