Djibouti : Ismaïl Omar Guelleh, l’auto-proclamé roi des urnes
Le président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, s’est autoproclamé « réélu » pour un sixième mandat, alors que les résultats officiels ne couvrent que 6 % des inscrits. Une démonstration de pouvoir qui laisse perplexe.
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Dans un élan de transparence digne des plus grands régimes démocratiques, Ismaïl Omar Guelleh a posté sur son compte X un portrait triomphant, agrémenté de la mention « Réélu ». Tout cela, alors que les résultats ne concernent qu’une poignée de bureaux de vote à Djibouti-Ville. Qui aurait cru qu’un président en place depuis presque trente ans puisse être si pressé de revendiquer sa victoire ?
Ce qui se passe réellement
Selon l’Agence France-Presse, Guelleh a récolté 96,47 % des voix dans les premiers résultats partiels, tandis que son adversaire, Mohamed Farah Samatar, a réussi l’exploit de rassembler 3,52 % des suffrages. Ce dernier, président d’un parti sans élu au Parlement, est une figure si peu connue qu’on se demande si ses électeurs ne l’ont pas confondu avec un candidat à un jeu télévisé.
Forte Abstention
Avec un peu plus de 256 000 citoyens appelés aux urnes, le taux de participation oscille entre 36 % et 58 % dans certains bureaux, atteignant des sommets de 90 % dans les bureaux militaires. Une belle performance, surtout quand on sait que l’opposition a largement boycotté les élections. En 2021, Guelleh avait déjà été réélu avec plus de 97 % des voix, un score qui ferait pâlir d’envie n’importe quel dictateur en herbe.
Dette importante
Djibouti, cette ancienne colonie française, est un petit territoire stratégique, mais son économie repose sur des bases militaires étrangères et un climat aride peu propice à l’agriculture. Avec 70 % des jeunes au chômage, le pays a misé sur le développement portuaire, représentant 70 % de son PIB. Un pari risqué, surtout quand on dépend des caprices économiques de l’Éthiopie voisine.
Opposition « muselée »
Guelleh avait promis de passer la main en 2026, mais une révision constitutionnelle a levé la limite d’âge pour les candidats à la présidentielle. Son entourage évoque une nécessité de « stabilité » dans une région troublée, mais les analystes y voient surtout un coup de poker pour éviter une fracture du régime. L’opposition, elle, est fragmentée et muselée, rendant toute voix dissidente inaudible.
Pourquoi cela dérange
La répression des voix dissidentes et le verrouillage médiatique sont des pratiques courantes à Djibouti, où le pays se classe 168e sur 180 en matière de liberté de la presse. Un paysage médiatique « complètement verrouillé » où les médias d’État règnent en maîtres.
Ce que cela implique concrètement
La situation actuelle soulève des questions sur la pérennité du régime de Guelleh. Les promesses de stabilité sont souvent contredites par la réalité du chômage et de l’absence de perspectives pour la jeunesse. Les Djiboutiens sont-ils condamnés à vivre sous le joug d’un président qui se prend pour un roi ?
Lecture satirique
Il est ironique de voir un président qui, après près de trois décennies au pouvoir, se vante de sa réélection dans un pays où l’abstention est la norme. Les promesses de démocratie se heurtent à la réalité d’un régime autoritaire, où le seul bulletin qui compte est celui de Guelleh.
Effet miroir international
Les dérives autoritaires de Guelleh font écho à celles observées ailleurs, notamment en Russie ou aux États-Unis, où les leaders semblent également adeptes de la manipulation des résultats électoraux. Un triste spectacle qui rappelle que la démocratie est souvent un concept flexible.
À quoi s’attendre
Avec un régime qui semble plus préoccupé par sa survie que par le bien-être de ses citoyens, les Djiboutiens peuvent s’attendre à une poursuite de la répression et à une absence de réelles alternatives politiques. La situation pourrait bien se détériorer davantage si l’opposition continue d’être étouffée.



