Djibouti : Élections ou Parodie ? Le Sixième Mandat d’Ismaïl Omar Guelleh

Les électeurs djiboutiens se rendent aux urnes pour élire leur président, mais la seule surprise pourrait être de voir Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, se faire réélire pour un sixième mandat sans opposition sérieuse.

Ce vendredi 10 avril, les électeurs djiboutiens sont appelés à voter. En tête de liste, Ismaïl Omar Guelleh, 78 ans, brigue un sixième mandat après avoir astucieusement modifié la constitution en 2025 pour lever la limite d’âge de 75 ans. Face à lui, un certain Mohamed Farah Samatar, ancien membre du camp présidentiel, représentant un parti qui ne compte… aucun député. Les observateurs s’accordent à dire que cette élection n’a pas vraiment de suspense, un peu comme un match de boxe où un seul combattant est sur le ring.

Ce qui se passe réellement

Guelleh, qui a su se maintenir au pouvoir grâce à une série de révisions constitutionnelles, se retrouve donc en campagne contre un adversaire qui, selon les mots de Sonia Le Gouriellec, représente une opposition « pour la forme ». En effet, les partis d’opposition traditionnels dénoncent une farce électorale et appellent au boycott. L’un des opposants historiques, Daher Ahmed Farah, n’a même pas eu l’honneur d’être candidat. Les institutions sont si verrouillées qu’on pourrait croire qu’elles ont été conçues pour un spectacle de magie, où le seul tour est de faire disparaître toute forme de contestation.

Pourquoi cela dérange

La concentration du pouvoir autour de Guelleh est telle qu’on se demande si le pays ne devrait pas changer de nom pour « République de Guelleh ». Les révisions constitutionnelles successives, la dernière en date supprimant la limitation des mandats en 2010, montrent une volonté manifeste de prolonger un règne sans partage. Pendant ce temps, les promesses de stabilité et de prospérité se heurtent à la réalité d’une opposition muselée et d’une démocratie en carton-pâte.

Ce que cela implique concrètement

La situation à Djibouti est symptomatique d’un régime qui préfère la façade à la réalité. L’économie, dépendante des activités portuaires, est en grande partie au service de l’Éthiopie, tandis que la dette publique, principalement détenue par la Chine, s’accroît. Le FMI a classé le pays parmi les nations surendettées. Mais qui se soucie des finances quand on peut simplement réécrire les règles du jeu ?

Lecture satirique

Guelleh fait campagne sur le thème de la stabilité, alors que son adversaire, Samatar, prône la rupture. Ironique, n’est-ce pas ? On pourrait presque croire que le président sortant a pris des leçons de comédie. La promesse d’une élection démocratique se heurte à la réalité d’un scrutin où l’opposition est absente, un peu comme un film sans acteurs.

Effet miroir international

Ce scénario n’est pas sans rappeler d’autres régimes autoritaires à travers le monde. Que ce soit en Russie ou aux États-Unis, la manipulation des institutions pour maintenir le pouvoir est un sport international. À Djibouti, Guelleh semble avoir pris des notes sur la manière de jouer au roi sans couronne.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, il est probable que Guelleh soit réélu, renforçant ainsi son emprise sur le pays. Les promesses de changement de Samatar risquent de rester lettre morte, tout comme les espoirs d’une véritable démocratie.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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