Les Djiboutiens étaient appelés aux urnes hier, vendredi, pour élire leur président de la République. Le président sortant Ismaïl Omar Guelleh a été réélu avec 97,81% des voix, selon des résultats officiels, proclamés ce samedi, au terme d’une journée de vote, vendredi 10 avril, sans heurts ni incident, mais sans véritable enjeu électoral, de l’avis de l’opposition.

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Quelque 256.000 électeurs étaient appelés à départager les deux candidats en lice : Ismaïl Omar Guelleh, 78 ans, dont 27 déjà passés au pouvoir, candidat à sa propre succession pour le compte de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP), et face à lui, Mohamed Farah Samatar, l’unique challenger et leader du petit parti Centre des démocrates Unifiés (CDU). Ce dernier a obtenu 2,19% des voix, selon les chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur et qui doivent être validés par le Conseil constitutionnel. La candidature a d’ailleurs surpris, car il est peu connu.

Certains se demandent d’ailleurs s’il ne s’agissait pas d’une opposition pour la forme, pour que le chef de l’État ne soit pas le seul candidat.

À 19 h, heure locale à la fermeture des bureaux de vote vendredi, les autorités ont dit leur satisfaction sur le déroulement de cette journée électorale. « La participation a été bonne, il n’y a pas eu d’incident… et le vote s’est déroulé dans le calme », a notamment déclaré à la presse Bahnan Ali Maidal, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Marc Lavergne (directeur de recherche émérite au CNRS): À Djibouti, «je ne suis pas sûr que le résultat affiché reflète exactement l’opinion publique»

Alexandra Brangeon

80% de participation, selon les chiffres officiels

Selon les chiffres officiels, la participation a pourtant atteint les 80% des quelque 260 000 inscrits. À Djibouti-Ville, la capitale, où votaient près des deux tiers des électeurs. La mobilisation avait pourtant semblé faible vendredi, selon les quelques journalistes présents.

Du côté des candidats, Ismaïl Omar Guelleh, le président sortant, qui a voté en milieu de matinée dans la capitale Djibouti, a dit « sa confiance en l’issue de cette consultation électorale » dont il attend une « adhésion massive autour de sa candidature ». 

Il était opposé à Mohamed Farah Samatar, ancien membre du parti présidentiel et peu connu du public, leader du Centre des démocrates unifiés, un petit parti politique sans aucun élu local ou national.

Les principaux partis d’opposition politique ont eux boycotté ce scrutin. Notamment, l’ARD, le MRD ainsi que leurs alliés, estimant le processus électoral verrouillé, dépourvu de transparence et entièrement contrôlé par l’appareil de l’État. La même opposition appelle à une « transition démocratique négociée, sous l’égide de la communauté internationale ».

Un des enjeux de ce nouveau mandat va être sa succession. Chercheurs et diplomates s’inquiètent de l’état de santé du président qui se déplace avec difficulté alors qu’Ismaïl Omar Guelleh a d’ailleurs dû modifier la constitution, il y a quelques mois, pour pouvoir se représenter – la limite d’age étant de 75 ans. Selon un chercheur djiboutien, « il y a une absence totale de préparation de l’après Guelleh ».

 

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Djibouti : Élections ou Farce ? Guelleh Réélu avec 97,81% des Voix

Les Djiboutiens ont voté hier pour élire leur président, mais l’issue était déjà écrite : Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 27 ans, a été réélu avec un score stratosphérique, laissant l’opposition perplexe.

Ce qui se passe réellement

Les Djiboutiens étaient appelés aux urnes hier, vendredi, pour élire leur président de la République. Le président sortant Ismaïl Omar Guelleh a été réélu avec 97,81% des voix, selon des résultats officiels, proclamés ce samedi, au terme d’une journée de vote, vendredi 10 avril, sans heurts ni incident, mais sans véritable enjeu électoral, de l’avis de l’opposition. Quelque 256.000 électeurs étaient appelés à départager les deux candidats en lice : Ismaïl Omar Guelleh, 78 ans, dont 27 déjà passés au pouvoir, candidat à sa propre succession pour le compte de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP), et face à lui, Mohamed Farah Samatar, l’unique challenger et leader du petit parti Centre des démocrates Unifiés (CDU). Ce dernier a obtenu 2,19% des voix, selon les chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur et qui doivent être validés par le Conseil constitutionnel. La candidature a d’ailleurs surpris, car il est peu connu.

À 19 h, heure locale à la fermeture des bureaux de vote, les autorités ont exprimé leur satisfaction sur le déroulement de cette journée électorale. « La participation a été bonne, il n’y a pas eu d’incident… et le vote s’est déroulé dans le calme », a déclaré Bahnan Ali Maidal, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Pourquoi cela dérange

La participation officielle de 80% semble un peu trop belle pour être vraie, surtout quand les journalistes sur le terrain rapportent une mobilisation plutôt faible. Peut-être que les Djiboutiens ont décidé de faire grève de l’élection, ou peut-être que les chiffres sont aussi gonflés que les promesses électorales de Guelleh.

Les principaux partis d’opposition ont boycotté ce scrutin, dénonçant un processus électoral verrouillé et entièrement contrôlé par l’État. Ils appellent à une « transition démocratique négociée, sous l’égide de la communauté internationale ». Mais qui a besoin de démocratie quand on peut avoir une réélection à 97,81% ?

Ce que cela implique concrètement

La réélection de Guelleh, qui a dû modifier la constitution pour se présenter, soulève des questions sur l’avenir du pays. Les chercheurs s’inquiètent de son état de santé, et l’absence de préparation pour l’après-Guelleh est alarmante. Qui va prendre les rênes d’un pays dont le leader a plus de 75 ans et qui peine à se déplacer ?

Lecture satirique

Le discours de Guelleh, qui se dit confiant dans l’issue de cette consultation électorale, semble déconnecté de la réalité. Il attend une « adhésion massive autour de sa candidature », mais à quel prix ? Peut-être que l’adhésion massive est simplement le résultat d’une absence d’alternatives viables.

Effet miroir international

En regardant cette farce électorale, on ne peut s’empêcher de penser aux dérives autoritaires ailleurs dans le monde. Que ce soit en Russie ou aux États-Unis, les leaders semblent tous avoir une recette secrète pour rester au pouvoir : des élections sans véritable enjeu, une opposition affaiblie, et des résultats qui frôlent le ridicule.

À quoi s’attendre

Avec Guelleh réélu, il est probable que la situation politique à Djibouti reste aussi stagnante qu’un vieux bateau dans le port. Les défis économiques et sociaux ne vont pas disparaître, et l’absence de vision pour l’avenir du pays pourrait bien mener à des troubles.

Sources

Source : www.rfi.fr

Djibouti: Ismaïl Omar Guelleh réélu avec 97,81% des voix pour un sixième mandat
Visuel — Source : www.rfi.fr
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