Disparitions forcées au Mexique : le gouvernement joue à l’autruche

Le Mexique, terre de promesses, se transforme en cimetière à ciel ouvert, alors que le gouvernement rejette un rapport accablant sur les disparitions forcées. Ironie ou cynisme ?

Le 2 avril, le gouvernement mexicain a décidé de balayer d’un revers de main un rapport du Comité des Nations unies sur les disparitions forcées. Ce dernier, qui a osé pointer du doigt la complicité d’agents de l’État dans ces crimes, a été jugé « tendancieux » par Mexico. Comme si le déni pouvait effacer les 130.178 personnes disparues depuis 2006, dont le nombre a explosé de 800% depuis 2017. Mais, après tout, qui a besoin de faits quand on peut jouer à l’autruche ?

Ce qui se passe réellement

Le rapport du Comité sur les disparitions forcées souligne que « les disparitions sont commises avec la participation, l’acquiescement et l’omission, à de multiples niveaux, de fonctionnaires ». En d’autres termes, les disparitions ne sont pas le fruit du hasard, mais bien le résultat d’une complicité bien orchestrée. Le Rancho Izaguirre, un camp d’entraînement lié au Cartel Jalisco Nouvelle Génération, a été découvert en 2025, où des centaines de personnes disparues ont été éliminées dans des « crématoriums » artisanaux. Les autorités locales, apparemment, étaient au courant depuis 2019. Mais qui s’en soucie ?

Le gouvernement, dans un élan de communication, a affirmé qu’il ne « tolère, n’autorise ni n’ordonne les disparitions forcées ». Un bel exemple de langue de bois, surtout quand on sait que les réformes évoquées ne semblent pas avoir eu d’impact sur la réalité des disparitions.

Pourquoi cela dérange

La réalité est que les collectifs de recherche de disparus, qui font le travail que l’État refuse de faire, sont eux-mêmes en danger. Deux femmes, toutes deux nommées Cecilia, ont récemment été victimes de cette violence. L’une a été enlevée et retrouvée morte, tandis que l’autre enterrait les restes de son fils après sept ans de recherche. Une ironie tragique, n’est-ce pas ?

Ce que cela implique concrètement

Les chiffres sont alarmants : plus de 72.000 cadavres non identifiés dans tout le pays. Les familles continuent de chercher leurs proches, tandis que le gouvernement préfère se concentrer sur des discours vides. Cela soulève une question cruciale : que fait réellement l’État pour protéger ses citoyens ?

Lecture satirique

Le gouvernement mexicain, en rejetant le rapport de l’ONU, semble jouer à un jeu dangereux. Entre promesses de réformes et réalité des disparitions, il y a un fossé béant. Peut-être que la prochaine fois, ils devraient essayer de jouer la carte de la transparence au lieu de se cacher derrière des communiqués de presse ?

Effet miroir international

Ce scénario n’est pas unique au Mexique. Des gouvernements autoritaires à travers le monde, de la Russie aux États-Unis, semblent également adeptes de la stratégie du déni. Qui aurait cru que la dissimulation serait une compétence si répandue ?

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se poursuit, nous pouvons nous attendre à une augmentation des disparitions et à un renforcement de la violence. Les collectifs de recherche, déjà en danger, pourraient être les prochaines victimes d’un système qui préfère ignorer la réalité.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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