En RDC, une aide concrète et revendiquée
La RDC fait face à sa 17e épidémie d’Ebola depuis l’identification du virus en 1976. L’OMS a annoncé le 15 mai 2026 la confirmation de cette nouvelle flambée, causée par le virus Bundibugyo dans la province de l’Ituri. La réponse relève d’abord des autorités congolaises, avec l’appui de l’OMS et de partenaires internationaux. ([afro.who.int](https://afro.who.int/fr/countries/democratic-republic-congo/news/la-republique-democratique-du-congo-confirme-une-nouvelle?utm_source=openai))
La participation chinoise ne repose pas uniquement sur une promesse diplomatique. Selon un compte rendu publié par l’ambassade de Chine en RDC, une cérémonie de remise de trois projets d’assistance s’est tenue à Kinshasa le 26 août 2026, en présence du ministre congolais de la Santé. L’ambassade fait état d’un soutien matériel et financier ainsi que de trois missions d’experts médicaux envoyées depuis le début de l’épidémie. Ce document établit que Pékin met publiquement en avant son aide ; il ne permet pas, à lui seul, d’en mesurer l’effet sanitaire ni de la comparer à l’ensemble des contributions internationales. ([cd.china-embassy.gov.cn](https://cd.china-embassy.gov.cn/fra/sghd/202608/t20260828_12012242.htm))
À l’OMS, une candidature parmi d’autres
Le 8 octobre 2026, la diplomatie chinoise a confirmé soutenir la candidature de la docteure Song Li au poste de directrice générale de l’OMS, en présentant ce choix comme une défense du multilatéralisme. Sur sa page mise à jour le 9 octobre, l’OMS la répertorie parmi les personnes proposées par les États membres, aux côtés de candidatures présentées notamment par le Qatar, l’Arabie saoudite, la Belgique et l’Espagne. Une candidature attestée, donc ; pas une nomination acquise. ([fmprc.gov.cn](https://www.fmprc.gov.cn/mfa_eng/xw/fyrbt/lxjzh/202610/t20261008_12036764.html?utm_source=openai))
Le calendrier compte davantage que les effets d’annonce. Le Conseil exécutif doit retenir jusqu’à trois candidatures en 2027, puis l’Assemblée mondiale de la Santé désignera la prochaine direction générale en mai 2027. Le mandat actuel de Tedros Adhanom Ghebreyesus se termine le 15 août 2027. À l’Assemblée, le choix se fait au scrutin secret : une déclaration de soutien, une aide bilatérale ou un poids financier ne se convertissent pas mécaniquement en bulletins de vote. ([who.int](https://www.who.int/about/governance/election-of-the-who-director-general))
« Qui paie commande » ? Le budget raconte autre chose
L’article de RFI publié le 15 octobre présente le retrait américain comme une occasion pour la Chine de remplacer automatiquement les États-Unis au rang de premier contributeur public de l’OMS. La formule est trop rapide. Dans le barème des contributions obligatoires pour 2026-2027, la part des États-Unis figure à 22 % et celle de la Chine à 20,005 %. Mais, face au retrait annoncé de Washington, un document budgétaire de l’OMS précise que la part américaine exclue des calculs de financement n’est pas redistribuée entre les autres membres : l’organisation prévoit un budget réduit, non un transfert de facture vers Pékin. ([cdn.who.int](https://cdn.who.int/media/docs/default-source/ac-docs-2026-2027/scale-of-assessment-26-27bc531ea3-5649-403a-a587-6c224b054a6e.pdf?download=true&sfvrsn=7ae220d_3))
Autre distinction essentielle : ce barème concerne les contributions obligatoires, pas la totalité des ressources de l’OMS. L’organisation explique que celles-ci représentent moins de 20 % de son financement et que le reste provient de contributions volontaires. Dire que la Chine occupe une place majeure dans le barème ne suffit donc pas à établir qu’elle est devenue le premier bailleur de l’OMS, encore moins qu’elle en dirige les décisions. ([who.int](https://www.who.int/about/funding/assessed-contributions?utm_source=openai))
Le retrait américain a néanmoins une portée financière réelle. Dans sa déclaration du 24 janvier 2026, l’OMS en prend acte et indique que certaines questions qu’il soulève doivent être examinées par ses instances. Le vide laissé par Washington peut ouvrir un espace diplomatique ; sa taille politique ne se lit pas simplement dans une ligne budgétaire. ([who.int](https://www.who.int/news/item/24-01-2026-who-statement-on-notification-of-withdrawal-of-the-united-states))
Ce que l’on peut conclure — et ce qui reste à démontrer
Les faits vérifiés dessinent une séquence cohérente : la Chine fournit une aide à la RDC, la rend visible et présente une candidate à la direction de l’OMS. Il est raisonnable d’y voir une occasion pour Pékin de renforcer ses relations diplomatiques. Il serait en revanche abusif d’affirmer que l’aide contre Ebola a déjà produit des soutiens électoraux précis : les documents consultés ne permettent pas d’établir un tel lien. ([cd.china-embassy.gov.cn](https://cd.china-embassy.gov.cn/fra/sghd/202608/t20260828_12012242.htm))
La santé publique n’est ni une affiche de campagne ni un simple instrument d’influence. En RDC, l’utilité de l’assistance doit se juger à la riposte sanitaire ; à Genève, la candidature de Song Li sera départagée selon les règles de l’OMS. Pékin peut chercher à peser sur les deux scènes. Pour l’heure, seule sa présence sur chacune d’elles est établie. ([afro.who.int](https://www.afro.who.int/health-topics/ebola-disease/outbreak-drc-26?utm_source=openai))
Source principale : Géopolitique : actualités, podcasts, vidéos et analyses – RFI (www.rfi.fr)
Article original : Consulter la source originale
Auteur : Guillaume Naudin
Sources complémentaires
- OMS, bureau régional pour l’Afrique, annonce de l’épidémie du 15 mai 2026 : Consulter le communiqué
- Ambassade de Chine en RDC, compte rendu de la remise d’assistance du 26 août 2026 : Consulter le document
- OMS, candidatures proposées et procédure d’élection : Consulter les candidatures ; consulter les règles
- OMS, barème des contributions 2026-2027 et traitement budgétaire du retrait américain : Consulter le barème ; consulter le document budgétaire




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