Diesel : le retour du roi des routes, ou simple mirage ?

En 2025, une nouvelle immatriculation sur trois en Belgique était électrique, mais la réalité est bien plus complexe : le diesel refuse de mourir.

La voiture électrique, c’est l’avenir ! Tel est le mantra que les constructeurs et les politiques répètent à l’envi. Mais ce futur radieux ne semble briller que pour ceux qui peuvent se le permettre. Pendant ce temps, les fidèles du diesel, ce bon vieux carburant, continuent de faire de la résistance. Mais un retour du diesel est-il vraiment envisageable, ou n’est-ce qu’un rêve de nostalgique ?

Ce qui se passe réellement

En 2025, une nouvelle immatriculation sur trois en Belgique concernait un véhicule entièrement électrique. Mais ne vous laissez pas berner par cette statistique ! Selon Deloitte, la majorité des conducteurs de véhicules électriques sont des privilégiés, avec quatre voitures électriques sur cinq immatriculées au nom d’entreprises. Pendant ce temps, 49 % des Belges envisagent encore d’acheter une voiture à essence ou diesel. Seuls 11 % se tournent vers l’électrique.

Les avantages fiscaux liés à l’électrique ne profitent qu’aux entreprises et indépendants, laissant les particuliers sur le carreau. Les constructeurs, quant à eux, peinent à s’adapter et continuent d’investir dans les moteurs à combustion, car la transition vers l’électrique est plus lente que prévu. Si ces coûts sont répercutés sur les modèles compacts, ils deviendront inaccessibles pour les classes moyennes. Pour beaucoup, le prix reste le critère numéro un.

Face à cette réalité, Stellantis a décidé de maintenir plus longtemps les modèles diesel dans sa gamme. Un retour du diesel en vue ?

Le moteur diesel, un phénomène européen

Le diesel a longtemps régné en maître sur le marché européen, mais sa part de marché a chuté de plus de 60 % à moins de 10 % en cinq ans. L’Allemagne, malgré le scandale du « dieselgate », continue de faire de la résistance, avec des marques comme Mercedes, BMW et Audi qui affichent encore des parts de marché respectables. En 2025, la part du diesel chez Mercedes a même augmenté d’un point par rapport à 2024.

Les constructeurs allemands risquent de ne pas atteindre les objectifs d’émissions de CO₂ fixés par l’UE, ce qui pourrait leur coûter des milliards en amendes. Mais s’accrocher aux moteurs diesel n’est pas une stratégie d’avenir, c’est une stratégie à court terme pour maintenir le chiffre d’affaires.

En Europe, Audi, BMW et Mercedes continuent de vendre plus de véhicules diesel que de voitures électriques. Mercedes, par exemple, a vendu 137 000 véhicules diesel contre 82 000 électriques au cours des neuf premiers mois de 2025. Pour certains modèles, la part des moteurs diesel atteint même 68 % !

Le moteur diesel, plus cher que le moteur à essence

Un moteur diesel est plus coûteux à produire qu’un moteur à essence, en raison des filtres à particules et des catalyseurs. Cela explique pourquoi les constructeurs abandonnent les petits moteurs diesel. Il y a dix ans, les acheteurs pouvaient choisir parmi 50 petits moteurs diesel ; aujourd’hui, il n’en existe plus.

Le litre de diesel coûte plus cher que celui d’essence et émet plus de CO₂. Même avec le diesel HVO, qui peut réduire les émissions de CO₂ jusqu’à 90 %, la solution n’est pas si simple. Les stocks de diesel écologique sont limités et son coût est bien plus élevé que celui du diesel ordinaire. Les chances de voir un grand retour du diesel sont donc minces.

L’hydrogène ne répond pas aux attentes

Quant à l’hydrogène, il ne semble pas être la solution miracle qu’on espérait. Bien qu’il ait été présenté comme une alternative prometteuse, son rendement énergétique est désastreux. Il faut d’abord produire de l’électricité, la convertir en hydrogène, puis la reconvertir en électricité dans le véhicule. Au final, il ne reste que 25 à 30 % d’énergie utile, contre 70 % pour une voiture électrique.

De plus, les coûts d’utilisation d’une voiture à hydrogène sont comparables à ceux d’une voiture à essence, mais supérieurs à ceux d’une électrique. Avec si peu de stations de recharge à hydrogène, il est évident que cette option n’est pas viable. La plupart des constructeurs ont d’ailleurs suspendu leurs projets dans ce domaine.

Pourquoi cela dérange

Ces incohérences et ces promesses non tenues révèlent un décalage flagrant entre les discours politiques et la réalité du marché. Les politiques continuent de vanter les mérites de l’électrique, mais la majorité des consommateurs ne suit pas. Pendant ce temps, les constructeurs, acculés, cherchent à maintenir leur chiffre d’affaires en revenant à des solutions obsolètes.

Ce que cela implique concrètement

La transition énergétique dans le secteur automobile est donc loin d’être acquise. Les consommateurs sont pris en étau entre des prix en hausse et des choix limités. Les promesses d’un avenir électrique radieux semblent s’éloigner, laissant place à un retour en force du diesel, malgré ses défauts.

Lecture satirique

Il est ironique de voir des politiciens prôner une révolution verte tout en soutenant des industries qui continuent de produire des moteurs à combustion. C’est comme si on promettait de réduire les déchets tout en remplissant les poubelles de plastiques. La contradiction est frappante, et pourtant, elle passe inaperçue.

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler les discours des dirigeants autoritaires qui promettent des réformes tout en continuant à opprimer. Les promesses de changement sont souvent des leurres, masquant une réalité bien plus sombre.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, nous pourrions assister à un retour en force du diesel, tout en continuant à voir des promesses d’électrification qui ne se concrétisent pas. La route vers un avenir durable semble semée d’embûches.

Sources

Source : www.levif.be

Visuel — Source : www.levif.be
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