Une évacuation rendue urgente par les combats
Miranda, une femelle de 14 ans pesant environ 800 kilos, et Plombir, un mâle de 15 ans d’environ 1 200 kilos, vivaient au delphinarium NEMO de Kharkiv. En janvier 2024, son propriétaire a sollicité l’aide de l’Oceanogràfic, dont les installations pouvaient accueillir les cétacés, rapporte Robert Gojceta, conservateur des mammifères marins à Valence.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Le propriétaire avait déjà demandé de l’aide au début de l’invasion, en février 2022, pour nourrir les animaux de ses établissements. Des parcs aquatiques européens avaient alors contribué à acheminer du poisson. Mais la situation s’est aggravée à Kharkiv : le front s’est rapproché du delphinarium et son personnel a protégé les lieux avec des sacs de sable.
Les bélougas dépendent fortement du son pour communiquer, s’orienter et détecter leur environnement. Robert Gojceta estime qu’ils ont probablement été très stressés par les explosions et les bombardements. Le propriétaire a donc demandé leur évacuation.
De Kharkiv à Valence, par la route et les airs
L’espace aérien ukrainien étant fermé, les animaux ont dû quitter le pays par la route. Installés dans un grand caisson étanche rempli d’eau, ils ont parcouru environ 700 kilomètres entre Kharkiv et Odessa, en 12 heures. Le sauvetage, dans son ensemble, a duré près de 40 heures.
À Odessa, des soigneurs ukrainiens ont rejoint les équipes de l’Oceanogràfic, du Georgia Aquarium et de SeaWorld. Des examens vétérinaires ont été réalisés avant la poursuite du trajet vers la Moldavie. Un bassin d’urgence avait été prévu à Odessa au cas où les animaux auraient dû interrompre leur voyage.
Le passage par l’aéroport de Chișinău a constitué un autre obstacle : les équipes sur place n’avaient jamais géré une opération de ce type, et l’aéroport ne disposait pas de l’équipement nécessaire pour accueillir un grand avion-cargo. L’appareil envisagé, un modèle à ouverture arrière équipé d’une grue, était exploité par une compagnie russe, avec laquelle le voyage n’était pas possible. Un avion adapté a finalement été trouvé en Azerbaïdjan, puis envoyé en Moldavie pour transporter les bélougas jusqu’à Valence.
Seule une employée ukrainienne a pu accompagner l’équipe à l’étranger, les hommes n’étant pas autorisés à quitter le pays, selon Gojceta. Pour le conservateur, qui avait déjà organisé de nombreux transferts d’animaux, cette mission s’est distinguée par le manque de temps pour préparer la logistique et les autorisations habituelles.
Des animaux évacués dans tout le pays
Les bélougas ne sont qu’un exemple des déplacements d’animaux provoqués par la guerre. Selon le bilan publié par l’association ukrainienne UAnimals pour 2022, plus de 1 000 animaux ont été évacués de zones dangereuses cette année-là, dont environ 400 vers l’étranger. Parmi eux figuraient des lions, des tigres, des ours, des chevaux et des lémuriens. ([uanimals.org](https://uanimals.org/novyny/uanimals-pidsumok-poriatunku-tvaryn-z-pochatku-povnomasshtabnoi-viyny-po-kinets-2022-roku/?utm_source=openai))
Le Parc écologique Feldman, à Kharkiv, a été assiégé quotidiennement pendant 199 jours, selon les données du centre. Il affirme avoir sauvé 4 750 animaux grâce à des transferts, menés dans des conditions périlleuses. Un bénévole de 15 ans a perdu la vie lors d’une opération, indique un rapport du Centre pour la résilience de l’information cité dans les informations disponibles.
Le zoo de Kyiv a, de son côté, accueilli plus de 600 animaux sauvages venus des régions les plus touchées, selon son porte-parole. Fin novembre 2025, il comptait 2 050 animaux, contre 1 613 au 1er février 2022. Le zoo indique s’appuyer notamment sur des collègues européens pour assurer l’approvisionnement en nourriture.
Miranda et Plombir ont rejoint à Valence Kylu et Yulka, les deux bélougas qui s’y trouvaient déjà. Le nombre d’animaux hébergés par l’Oceanogràfic a depuis évolué : l’établissement indique désormais en accueillir cinq. ([oceanografic.org](https://www.oceanografic.org/el-oceanografic-de-valencia-logra-la-integracion-de-las-cuatro-belugas/?utm_source=openai))
Source : Voxeurop (voxeurop.eu)
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Auteur : Adrian Burtin



