L’armée américaine a affirmé, samedi 11 avril, que deux de ses destroyers avaient franchi samedi le détroit d’Ormuz afin d’entreprendre les opérations de déminage de cette voie maritime stratégique contrôlée par l’Iran, des affirmations démenties par Téhéran, en pleins pourparlers entre les deux pays au Pakistan.

Les deux navires ont opéré dans le cadre « d’une mission plus large visant à s’assurer que le détroit est entièrement débarrassé des mines marines précédemment posées par les Gardiens de la Révolution iraniens », a déclaré le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), dans un communiqué sur X.

Des affirmations « fortement rejetées » par le porte-parole des forces armées iraniennes, Ebrahim Zolfaghari, cité par la télévision d’État. « La décision concernant le passage de n’importe quel navire (dans le détroit d’Ormuz) revient aux forces armées de la République islamique d’Iran », a-t-il assuré.

L’annonce du Centcom est intervenue au début des pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran au Pakistan, lors desquels la question du trafic dans le détroit tient une place importante.

Le président américain Donald Trump avait auparavant annoncé sur son réseau Truth Social que la marine américaine avait coulé tous les navires iraniens poseurs de bombes et commencé une opération pour libérer ‌le détroit d’Ormuz, bloqué de facto par Téhéran depuis le début des frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février dernier.

Le média iranien d’État Nournews avait qualifié cette annonce de « fausse ⁠information » alors que la télévision d’État arguait qu’aucun navire américain n’avait transité à travers le détroit d’Ormuz.

Les pourparlers de plus haut niveau entre les États-Unis et l’Iran depuis 1979

Dans le même temps des délégations américaine et iranienne ⁠ont mené des ​négociations directes pour la première fois depuis 1979 à Islamabad, au Pakistan, pour mettre fin à un conflit de six semaines.

Les deux pays mènent ​des discussions à plus haut niveau pour la première fois depuis la révolution islamique à Téhéran en 1979 et des premiers pourparlers directs depuis 2015 et la conclusion d’un accord multilatéral sur le programme nucléaire iranien.

Dès le début des entretiens, des divergences sont apparues, le détroit d’Ormuz représentant un des principaux « points de désaccord » entre Téhéran et Washington, selon l’agence de presse iranienne Tasnim.

La délégation américaine au Pakistan est menée par le vice-président américain, JD Vance, le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, et l’émissaire du président américain Steve Witkoff.

Le vice-président américain JD Vance à Islamabad, au Pakistan, dans le cadre de discussions sur l'Iran, le 11 avril 2026
Le vice-président américain JD Vance à Islamabad, au Pakistan, dans le cadre de discussions sur l’Iran, le 11 avril 2026. © Reuters

La délégation iranienne, représentée par le président du parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, est arrivée dès vendredi dans la ​capitale pakistanaise, ses membres étant vêtus de noir en signe de deuil à la suite de la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au premier ‌jour de la guerre. Certains portaient des sacs et des chaussures de certains écoliers tués par une attaque américaine sur une école située près d’un complexe militaire, selon le gouvernement iranien.

Le chef de l’armée pakistanaise faisait également partie de la réunion, a-t-on appris d’une source pakistanaise.

En soirée, la télévision d’État iranienne a affirmé que deux sessions s’étaient déroulées et qu’une troisième se tiendrait « probablement ce soir ou demain » dimanche, sans davantage d’éléments sur le fond. La Maison Blanche a parlé de pourparlers « en cours ».

« Le doigt sur la gâchette »

Un responsable pakistanais a assuré que « les pourparlers progressent dans la bonne direction ». « L’ambiance générale est cordiale », a-t-il précisé à l’AFP sous couvert d’anonymat. 

Aucune image des discussions n’a cependant été diffusée.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif accueillant le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.
Cette photo diffusée par le bureau du Premier ministre pakistanais montre le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif accueillant le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf lors de leur rencontre préalable aux pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran à Islamabad, le 11 avril 2026. © AFP

Une autre source pakistanaise ayant connaissance de la teneur des discussions à Islamabad a fait état de « ton changeant » entre les deux parties.

« Nous négocierons avec notre doigt sur la gâchette », a déclaré le porte-parole du ‌gouvernement iranien Fatemeh Mohajerani à la télévision d’État. « Si nous sommes ouverts à la discussion, nous sommes également conscients du manque de confiance, donc l’équipe diplomatique iranienne entre dans ce processus avec la plus grande prudence. »

Le ​pape Léon XIV a appelé quant à lui les dirigeants mondiaux à mettre fin à la « folie de la guerre ».

La question clef des avoirs gelés

Plus tôt, une source iranienne de haut rang a déclaré samedi que les États-Unis avaient accepté de débloquer des avoirs iraniens gelés au Qatar et dans des banques d’autres pays étrangers. Un tel geste, qualifié de gage de « sérieux » en vue de discussions directes, serait « directement lié » au fait de permettre une réouverture du détroit d’Ormuz, a dit cette source.

Un ​dirigeant américain a cependant démenti cette information. Le ministère des Affaires étrangères du Qatar n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire sur les avoirs iraniens gelés.

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Pour atteindre un accord, Téhéran exige des réparations de guerre ​ainsi que le contrôle du détroit d’Ormuz et l’instauration d’un droit de péage dans ce carrefour maritime par lequel transitent 20 % des exportations mondiales de ​pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Trois superpétroliers ont transité à travers le détroit d’Ormuz samedi, selon des données maritimes, pour la première fois depuis l’annonce de cessez-le-feu.

Israël continue de frapper le Sud-Liban

L’Iran réclame aussi un cessez-le-feu au Liban avant de négocier avec les États-Unis, alors que la campagne israélienne contre le Hezbollah libanais, allié de ​Téhéran, a fait près de 2 000 morts dans ce pays depuis début mars.

Mohammad Baqer Qalibaf a déclaré sur X que les discussions ne pourraient pas débuter tant que ces deux conditions ne seraient pas remplies. Les États-Unis et Israël ont affirmé que le Liban n’était pas inclus dans le cessez-le-feu de deux semaines annoncé mardi pour l’Iran.

Parallèlement au ballet diplomatique engagé au Pakistan – où la délégation iranienne devrait aborder les violations du cessez-le-feu par l’armée israélienne au Liban, selon la télévision iranienne – Israël et le Liban avaient annoncé qu’ils discuteraient directement mardi à Washington même si le flou demeure sur l’ordre du jour.

Au moins 10 personnes tuées dont des secouristes par des frappes israéliennes au Liban
Au moins 10 personnes tuées dont des secouristes par des frappes israéliennes au Liban REUTERS – Aziz Taher

Toutefois Israël a poursuivi ses frappes sur le sud du Liban samedi matin, ont rapporté les médias libanais.  

Ces frappes israéliennes sur le sud du Liban ont tué 18 personnes au total, selon le ministère de la Santé, tandis que l’armée israélienne a annoncé avoir frappé, au cours des dernières 24 heures, plus de 200 cibles du Hezbollah.

Des ⁠journalistes de Reuters ont entendu un drone de surveillance israélien voler pendant plusieurs heures au-dessus de Beyrouth depuis vendredi soir et des avions de chasse franchir à deux reprises le mur du son dans le ciel de la capitale libanaise.

Le feu israélien a fait 2 020 morts, dont 85 enfants, près de 250 femmes et 85 médecins depuis le 2 mars.

Le Hezbollah a annoncé avoir mené samedi plusieurs opérations militaires contre des positions israéliennes dans le territoire libanais ainsi que dans le nord de l’État hébreu. 

Avec Reuters et AFP

Détroit d’Ormuz : entre déminage et diplomatie, le grand cirque américain

L’armée américaine prétend déminer le détroit d’Ormuz, mais Téhéran dément. En plein pourparlers de paix, la situation devient un véritable numéro de jonglage diplomatique.

Samedi 11 avril, l’armée américaine a annoncé que deux de ses destroyers avaient franchi le détroit d’Ormuz pour « débarrasser » cette voie maritime stratégique des mines marines, une affirmation aussitôt rejetée par Téhéran. Pendant ce temps, les pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran se poursuivent au Pakistan, comme si de rien n’était. Qui a dit que la diplomatie ne pouvait pas être un spectacle comique ?

Ce qui se passe réellement

Les deux navires américains, selon le commandement militaire américain (Centcom), mènent une « mission plus large » pour assurer la sécurité du détroit, un point névralgique contrôlé par les Gardiens de la Révolution iraniens. Ebrahim Zolfaghari, porte-parole des forces armées iraniennes, a rétorqué que « la décision concernant le passage de n’importe quel navire revient aux forces armées de la République islamique d’Iran ». Un petit rappel de qui détient réellement les rênes, n’est-ce pas ?

Cette annonce est tombée juste au moment où les négociations entre les États-Unis et l’Iran, les premières depuis 1979, battaient leur plein. Le président américain, Donald Trump, a même déclaré sur son réseau Truth Social que la marine américaine avait « coulé tous les navires iraniens poseurs de bombes ». Une belle manière de faire de la com’ en pleine crise, n’est-ce pas ?

Les pourparlers de plus haut niveau entre les États-Unis et l’Iran depuis 1979

Les délégations américaine et iranienne se rencontrent à Islamabad pour tenter de mettre fin à un conflit qui dure depuis six semaines. Les discussions, qui se déroulent dans une ambiance « cordiale » selon un responsable pakistanais, sont cependant marquées par des divergences, notamment sur le détroit d’Ormuz, qui semble être le point de friction principal.

La délégation américaine est dirigée par le vice-président JD Vance, gendre de Trump, et l’émissaire Steve Witkoff. Pendant ce temps, la délégation iranienne, vêtue de noir en signe de deuil pour le guide suprême Ali Khamenei, a fait une entrée remarquée. On se demande si le noir est devenu la couleur de la diplomatie moderne.

Pourquoi cela dérange

Les contradictions sont flagrantes : d’un côté, les États-Unis affirment vouloir la paix, de l’autre, ils envoient des destroyers dans une zone déjà tendue. Cela rappelle un peu le fameux « je t’aime, moi non plus » des relations amoureuses, mais ici, le cœur n’est pas en jeu, seulement des intérêts géopolitiques.

Ce que cela implique concrètement

Les États-Unis exigent la sécurité maritime tout en menaçant de bloquer le détroit, un carrefour par lequel transitent 20 % des exportations mondiales de pétrole. La situation est d’autant plus absurde que Téhéran réclame des réparations de guerre et le contrôle du détroit, tout en continuant ses frappes au Liban. Une danse macabre où chacun essaie de tirer la couverture à soi.

Lecture satirique

En somme, nous assistons à un véritable bal des hypocrites. Les États-Unis prétendent être les champions de la paix tout en brandissant la menace militaire, tandis que l’Iran joue la carte du deuil et de la dignité, tout en continuant à frapper. Qui a dit que la diplomatie était un art ? Peut-être qu’il s’agit plutôt d’un cirque ?

Effet miroir international

Ce scénario rappelle les dérives autoritaires de certains régimes, où les discours pacifistes cachent des intentions belliqueuses. Les États-Unis, en jouant ce double jeu, ne font que renforcer l’idée que la diplomatie moderne est devenue un art de la manipulation.

À quoi s’attendre

Les tensions risquent de s’intensifier si les États-Unis continuent à faire des démonstrations de force tout en prétendant vouloir négocier. La situation est explosive, et il ne serait pas surprenant de voir les pourparlers échouer, laissant place à un conflit ouvert. Une belle manière de célébrer la paix, n’est-ce pas ?

Sources

Source : www.france24.com

Le détroit d'Ormuz, pierre d'achoppement des négociations directes entre Iran et États-Unis
Visuel — Source : www.france24.com
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