Des scientifiques français ont initié une opération novatrice visant à mieux comprendre le comportement des dauphins communs. Equipés de caméras non invasives, ces chercheurs cherchent à récolter des données essentielles pour la protection de ces mammifères marins sur les côtes françaises.

Ce qui s’est passé

Durant une récente expédition dans le golfe de Gascogne, à bord du catamaran décarboné Morskoul, des équipes de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) ont réussi à fixer de petites caméras sur le dos de deux dauphins. Ces dispositifs, d’une vingtaine de centimètres, se fixent à l’aide de ventouses et se détachent automatiquement après quelques heures.
Ce que l’on sait
Les premières images obtenues montrent les dauphins évoluant tant en surface qu’à différentes profondeurs, interagissant avec d’autres espèces. La mission, qui fait partie d’une initiative plus large nommée Cetagas, a un objectif ambitieux : évaluer l’état de santé des dauphins et mieux comprendre l’impact du réchauffement climatique sur leur comportement et leur viabilité à long terme.
Observations sur le terrain
Les chercheurs visent à analyser les pratiques alimentaires des dauphins, incluant les types de poissons dont ils se nourrissent et leur comportement de chasse. En collectant ses données, ils espèrent réduire le risque de captures accidentelles, un enjeu majeur pour la conservation. Des millions de dauphins sont piégés chaque année dans le cadre des activités de pêche, ce qui représente une menace sérieuse pour leur population.
Les enjeux de la conservation
Chaque hiver, des milliers de dauphins se retrouvent morts dans les filets des pêcheurs, une situation alarmante qui a conduit à l’instauration de mesures de protection, y compris une fermeture de la pêche sur une durée d’un mois. En 2027, une extension de ces mesures à davantage de navires est prévue.
Les données sur la mortalité des dauphins montrent une baisse significative des captures accidentelles à la suite de ces réglementations. Entre 2024 et 2025, ces mesures ont permis de réduire de 60 % le nombre de dauphins morts, ce qui représente 1 900 individus, comparé aux 4 700 en moyenne par hiver entre 2017 et 2023.
Une approche collaborative
La protection des dauphins communs a incité des pêcheurs à adopter des mesures préventives, telles que l’utilisation de répulsifs sonores et de balises pour localiser leurs filets. Les organismes responsables de la gestion des ressources maritimes, comme le Conseil international pour l’exploration de la mer (Ciem), appellent à des actions concrètes pour soutenir la biodiversité marine, estimant qu’un maximum de 4 900 décès accidentels par an est soutenable pour l’espèce.
Conclusion
Alors que les chercheurs continuent d’analyser les données récoltées, il est essentiel de maintenir la vigilance sur les pratiques de pêche afin de garantir la préservation de cette espèce emblématique. Les efforts en cours témoignent d’une prise de conscience croissante sur la nécessité d’adapter les activités humaines aux exigences de la nature.
Source : L’actualité autour de l’environnement en direct – RFI (www.rfi.fr)
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Auteur : Igor Gauquelin







