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Des scientifiques congolais viennent de documenter pour la première fois l’ascension spectaculaire de milliers de petits poissons grimpeurs, capables de remonter une cascade à la verticale en s’accrochant aux parois rocheuses.
C’est du jamais-vu. Comment les poissons Parakneria, de minuscules poissons d’eau douce africains de moins de 5 cm, peuvent-ils escalader en masse et à contrecourant la paroi abrupte – 15 mètres de long – des chutes de Luvilombo, dans la province du Katanga ? Intrigués par les récits véhiculés par les locaux et par le nom de cette espèce – en langue samba, on les appelle « Kalumba », un dérivé du verbe « coller » –, le biologiste Pacifique Kiwele Mutambala, de l’université de Lubumbashi en République démocratique du Congo, a voulu en avoir le cœur net. Avec Emmanuel Vreven, ichtyologue au Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren en Belgique, et une équipe internationale à majorité congolaise, ce qui est assez notable pour être souligné, ils ont enquêté sur cette espèce de poissons exclusivement africains, très méconnue, en menant de 2018 à 2020 plusieurs campagnes d’observations et d’analyse des migrations effectivement spectaculaires de ces petits poissons escaladeurs.
Preuve à l’appui, grâce à des enregistrements vidéo publiés dans leur étude parue le 2 avril dans la revue Scientific Reports, ce sont plusieurs milliers d’individus qui remontent verticalement les 15 mètres de la cascade, bravant la violence des rafales d’eau. Une ascension loin d’être de tout repos, qui prend une dizaine d’heures à ces petits poissons, forcés de faire de nombreuses haltes, dès qu’ils le peuvent, sur de mini-promontoires rocheux pour se reposer.
Mais comment des poissons peuvent-ils grimper à la verticale et remonter une cascade en sens inverse ? Les minuscules poissons Parakneria se servent de leurs nageoires pectorales et pelviennes, pourvues de petits coussinets équipés de mini-crampons, qui leur permettent de s’accrocher comme sur un mur d’escalade, mais humide. Une fois bien accroché, le poisson grimpeur balance le bas de son corps comme s’il nageait, puis il rampe, un peu comme un reptile, mais par à-coups, verticalement, pour parvenir à se hisser en s’agrippant toujours plus haut sur la paroi. Un véritable exploit, jamais recensé sur le continent africain. Ailleurs dans le monde, quelques exemples de poissons remontant le cours d’une cascade ont été observés : en Amérique du Sud, c’est le cas du poisson-chat rayé ; en Asie du Sud, de la perche grimpeuse ; et à Hawaï, du poisson gobie, qui se sert de sa bouche ventouse pour escalader.
Pourquoi ces poissons prennent-ils de tels risques en se lançant dans une ascension aussi périlleuse ? Plusieurs hypothèses sont avancées par Pacifique Kiwele Mutambala. Cette migration ascensionnelle de milliers d’individus intervient à la fin de la saison des pluies, entre avril et mai, lorsque la région est inondée. Il s’agirait donc de coloniser de nouveaux habitats, en hauteur, pour échapper aux prédateurs apportés par les pluies en bas des chutes, où la compétition alimentaire devient acharnée à cette saison. Au sein de l’Unité de recherche en biodiversité et exploitation durable des zones humides de l’université de Lubumbashi, le chercheur congolais et son équipe comptent poursuivre ces recherches en équipant individuellement ces petits poissons grimpeurs – non pas d’une caméra, bien trop lourde –, mais en les marquant avec un colorant. L’objectif : comprendre comment, dans cette zone des chutes de Luvilombo, fragilisée par le détournement des cours d’eau pour l’irrigation et menacée par la pêche illégale, ces poissons parviennent – ou non – à s’adapter.
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Des poissons grimpeurs : la nature qui défie l’absurde
Des milliers de poissons Parakneria escaladent des chutes en République démocratique du Congo, un exploit qui met en lumière les incohérences de notre rapport à la nature.
Il semblerait que la nature ait décidé de nous donner une leçon de résilience. Comment des poissons de moins de 5 cm, appelés Parakneria, peuvent-ils escalader à la verticale une cascade de 15 mètres dans les chutes de Luvilombo, au Katanga ? C’est un exploit qui ferait rougir n’importe quel athlète, et pourtant, ces petits grimpeurs aquatiques le font en masse, défiant les rafales d’eau. Pendant que certains humains peinent à se lever le matin, ces poissons se hissent avec une agilité déconcertante.
Ce qui se passe réellement
Des scientifiques congolais, menés par le biologiste Pacifique Kiwele Mutambala, ont documenté cette ascension inédite. En collaboration avec Emmanuel Vreven, ichtyologue belge, et une équipe internationale, ils ont observé ces poissons entre 2018 et 2020. Grâce à des enregistrements vidéo, ils ont prouvé que des milliers de ces créatures remontent la cascade, prenant jusqu’à dix heures pour atteindre le sommet, tout en faisant des pauses sur des promontoires rocheux.
Mais comment font-ils ? Les Parakneria utilisent leurs nageoires pectorales et pelviennes, dotées de petits coussinets, pour s’accrocher comme des grimpeurs sur un mur humide. Une technique qui rappelle plus le reptile que le poisson. Ce phénomène, jamais observé en Afrique, fait écho à d’autres espèces dans le monde, comme le poisson-chat rayé en Amérique du Sud ou la perche grimpeuse en Asie.
Pourquoi prennent-ils ces risques ? Selon Mutambala, cette migration se produit à la fin de la saison des pluies, lorsque la compétition pour la nourriture devient féroce. Ces poissons cherchent de nouveaux habitats pour échapper aux prédateurs. Une stratégie de survie qui, ironie du sort, pourrait être un modèle pour certains humains confrontés à des décisions politiques désastreuses.
Pourquoi cela dérange
La question qui se pose est : pourquoi ces poissons doivent-ils se battre pour survivre dans un environnement déjà fragilisé par l’activité humaine ? Le détournement des cours d’eau pour l’irrigation et la pêche illégale menacent leur habitat. Pendant ce temps, des dirigeants politiques, souvent déconnectés de la réalité, continuent de faire des promesses vides sur la protection de l’environnement.
Ce que cela implique concrètement
Cette situation met en lumière l’absurdité de certaines décisions politiques. Alors que des milliers de poissons luttent pour leur survie, les gouvernements semblent plus préoccupés par des intérêts économiques à court terme que par la préservation de la biodiversité. Les poissons Parakneria, en escaladant des chutes, deviennent des symboles de résistance face à l’ineptie humaine.
Lecture satirique
Il est fascinant de constater que ces poissons, avec leur détermination à grimper, semblent plus engagés dans la lutte pour leur survie que certains politiciens dans leur quête de solutions durables. Pendant que les poissons se battent contre les courants, nos dirigeants se battent pour des sièges, souvent en promettant des politiques environnementales qui ne voient jamais le jour. Une belle ironie, n’est-ce pas ?
Effet miroir international
Cette situation rappelle les dérives autoritaires dans d’autres parties du monde, où la nature est sacrifiée sur l’autel du profit. Que ce soit aux États-Unis, en Russie ou ailleurs, les discours politiques sont souvent déconnectés de la réalité, tout comme ceux qui prétendent défendre l’environnement tout en le détruisant.
À quoi s’attendre
Si rien ne change, nous pourrions voir ces poissons grimpeurs disparaître, tout comme d’autres espèces menacées par des politiques inefficaces. La leçon ici est claire : la survie de ces poissons pourrait bien dépendre de notre capacité à écouter et à agir, avant qu’il ne soit trop tard.
Sources




