Des navires-usines chinois : la mer de Guinée-Bissau à la dérive

Des cargos chinois, sous couvert de transport, siphonnent les ressources halieutiques de la Guinée-Bissau, laissant les pêcheurs locaux sur le carreau.

Au large des îles Bijagos, loin des regards indiscrets, des navires chinois se livrent à une exploitation effrénée des ressources maritimes. Selon une enquête récente, ces bateaux, officiellement présentés comme des transporteurs, transforment des tonnes de poissons directement en mer. Une opération à la frontière de l’illégalité qui, loin de faire des vagues, assèche les ressources halieutiques locales et fragilise toute une économie côtière.

Ce qui se passe réellement

Selon une enquête du Guardian et de DeSmog, des navires chinois ancrés pendant des mois au large des îles Bijagos transforment des sardinelles en farine et en huile de poisson destinées à l’exportation, principalement pour l’aquaculture. Ces pratiques incluent des transbordements en mer et des systèmes de localisation coupés pour éviter les contrôles. Les flottes de pêche, notamment turques, opèrent en dehors des règles, déployant une chaîne parallèle loin des autorités.

Pêche locale fragilisée

Les conséquences de cette exploitation sont immédiates pour les populations locales. En Guinée-Bissau, où le poisson est la principale source de protéines, les stocks diminuent rapidement et les prix s’envolent. Des milliers de pêcheurs artisanaux voient leurs prises se raréfier, leurs revenus chuter, et leur sécurité alimentaire menacée. Ce nouveau modèle économique repose sur la captation d’une ressource locale, sa transformation en mer et son intégration à des chaînes d’approvisionnement mondialisées, au profit d’acteurs étrangers.

Face à cette situation, les autorités ont décrété une interdiction de l’activité de ces bateaux, mais l’application reste incertaine, faute de moyens de contrôle en mer.

Pourquoi cela dérange

La contradiction est flagrante : d’un côté, une interdiction qui semble plus symbolique qu’efficace, et de l’autre, une exploitation qui se poursuit sans entrave. Les promesses de protection des ressources maritimes se heurtent à une réalité où l’illégalité prospère, laissant les pêcheurs locaux dans l’angoisse de voir leur moyen de subsistance disparaître.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont désastreuses : la raréfaction des ressources halieutiques entraîne une hausse des prix, rendant l’accès à la nourriture de plus en plus difficile pour les populations locales. Les pêcheurs, déjà vulnérables, se retrouvent dans une situation précaire, tandis que les acteurs étrangers continuent de s’enrichir sur leur dos.

Lecture satirique

Il est ironique de constater que les discours politiques sur la protection des ressources maritimes s’effondrent face à la réalité de l’exploitation. Les promesses de durabilité et de respect des droits des pêcheurs se heurtent à l’avidité des acteurs internationaux, qui semblent avoir reçu le feu vert pour piller les mers sans conséquence.

Effet miroir international

Ce phénomène n’est pas isolé. À l’échelle mondiale, des politiques autoritaires et ultraconservatrices, comme celles observées en Russie ou aux États-Unis, montrent comment les intérêts économiques peuvent primer sur le bien-être des populations. L’exploitation des ressources naturelles devient un terrain de jeu pour les puissants, au détriment des plus vulnérables.

À quoi s’attendre

Si la tendance se poursuit, on peut s’attendre à une aggravation de la situation pour les pêcheurs locaux. Les promesses d’une meilleure régulation semblent s’évanouir face à la réalité de l’exploitation. Les autorités doivent agir rapidement, sinon la mer de Guinée-Bissau pourrait devenir un cimetière pour les ressources halieutiques.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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