Lucas Watelet, récemment élu dans cette ville des Hauts-de-Seine, a annoncé sa démission, évoquant « un témoignage anonyme » de violences sexistes et sexuelles. Une décision « saluée » par le groupe local du parti Les Écologistes, ainsi que par les élus PS, Place publique et PCF.



Résultats des élections municipales 2026

« Je vous annonce ma décision de démissionner de mon mandat de conseiller municipal« , révèle Lucas Watelet, élu écologiste à Clichy-la-Garenne, dans un message publié samedi en story sur son compte Instagram. « J’ai appris cette semaine être l’objet d’un témoignage anonyme de VSS (Violences sexuelles et sexistes, NDLR)« , écrit-il, affirmant ne pas savoir, « à date« , qui l' »incrimine« , « ni précisément de quoi il s’agit« .

« Je considère que cela contrecarre gravement la crédibilité de ma parole et ma légitimité à représenter les Écologistes« , avance l’élu. « Mais le plus important, c’est que de mon passé – surtout avant les Écologistes – font effectivement partie les violences, en particulier dans mes relations intimes. J’ai été auteur de violences, et j’ai la conviction que les personnes qui en furent victimes ont dû mal vivre mon élection« , poursuit Lucas Watelet.

Le message publié samedi 11 avril 2026 par Lucas Watelet sur Instagram.

© Instagram

« C’est une réflexion que j’aurais dû avoir avant d’être candidat« , ajoute Lucas Watelet, présentant ses « excuses« . « Pour celles à qui j’ai causé du tort, pour celles qui souffrent de ces hommes violents qui ne sont jamais punis et qui jouissent de pouvoir ou de reconnaissance, et pour la valeur sincère que je porte à ce combat, le devoir me commande de présenter ma démission« , déclare-t-il.

Une annonce confirmée par le groupe local du parti Les Écologistes de Clichy qui dit, dans un communiqué publié ce dimanche sur Facebook, « prendre acte de la décision de Lucas Watelet de démissionner de son mandat de conseiller municipal à la suite d’accusations anonymes de violences sexistes et sexuelles« .

Le groupe local, qui assure n’avoir « été à aucun moment directement destinataire du témoignage de la victime présumée« , précise par ailleurs qu’il suspend « dès à présent » l’élu « de son rôle de secrétaire« . Le communiqué « salue » un « sens des responsabilités » et une « volonté de préserver la sérénité du débat public et le bon fonctionnement de l’institution municipale » de la part de l’élu démissionnaire.

« À ce stade, aucune plainte ni aucune enquête judiciaire n’ont été portées à notre connaissance« , indique le texte. « Si la parole des victimes doit être entendue et soutenue, la présomption d’innocence doit également, dans un état de droit, être pleinement respectée« , dans l’attente d' »éléments clairs, contradictoires et équitables« , peut-on aussi lire.

Au cours du scrutin, la liste écologiste conduite par Dalila Bahmed avait rassemblé 9,9% des suffrages au premier tour, avant de fusionner avec la liste menée par Julie Martinez (Union de la gauche) arrivée en tête à gauche. Dans un communiqué publié sur Facebook, les élus PS, Place publique et PCF rappellent que Lucas Watelet ne siégeait toutefois pas dans leur groupe.

Le groupe Vivre Clichy dit ainsi également « prendre acte » de sa démission suite à des « accusations de violences sexistes et sexuelles qu’il a publiquement reconnues« , en « saluant cette décision« . Les élus PS, Place publique et PCF affirment aussi qu’ils « (réaffirment leur) engagement total aux côtés des victimes« .

« Cette démission implique par ailleurs l’arrivée au conseil municipal d’une nouvelle élue, Lucie Delduc, qui rejoindra prochainement nos rangs« , précise le texte.

Cette annonce survient dans un contexte politique tendu à Clichy-la-Garenne, alors qu’une enquête a été ouverte pour faux, usage de faux et infractions au code électoral, à la suite d’accusations de fraude aux procurations lors des élections municipales.

Les investigations, confiées au Service départemental de police judiciaire, font suite à un signalement, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Un signalement effectué par la présidente de la commission de contrôle des opérations de vote dépêchée par la préfecture des Hauts-de-Seine.

La candidate de gauche Julie Martinez, défaite au second tour, a par ailleurs déposé des recours dénonçant de « fausses procurations« . Des accusations de fraude électorale balayées par le maire Rémi Muzeau (DVD), réélu le 22 mars avec 51,8% des suffrages, en battant Julie Martinez avec 731 voix d’avance.

Démission surprise : Lucas Watelet et la bambouseraie des ambiguïtés

Le conseiller municipal écologiste Lucas Watelet, fraîchement élu à Clichy-la-Garenne, a jeté l’éponge. Sa décision, comme le petit matin qui suit une nuit de tempête, survient après la révélation d’un « témoignage anonyme » l’accusant de violences sexistes et sexuelles. Une démission applaudie par l’entourage écolo et quelques élus socialistes, mais qui soulève plus de questions qu’elle n’en résout.

Ce qui se passe réellement

Dans un message Instagram éloquent — et qui aurait pu être un bon script hollywoodien — Watelet annonce sa démission, tout en se demandant qui pourrait bien vouloir l’incriminer. Il avoue même avoir un passé de violences, comme s’il s’agissait d’une simple anecdote à glisser lors d’un premier rendez-vous. Quand les élus écolos déclarent saluer son « sens des responsabilités », on se demande s’ils ne feignent pas l’étonnement face à une réalité qu’ils auraient dû considérer avant d’apposer leur étiquette sur sa candidature.

Message Instagram de Watelet

Pourquoi cela dérange

Cette situation soulève des incohérences. D’un côté, on a un élu qui reconnaît sa part d’ombre dans des violences passées — « en particulier dans mes relations intimes » — et de l’autre, un parti qui le défend comme s’il s’agissait d’un saint martyr injustement persécuté. Quelle image cela renvoie-t-il aux électeurs ? En réalité, on a l’impression d’une danse délicate entre la prise de responsabilité et la fuite en avant. L’ironie est palpable : s’il avait eu la sagesse d’une réflexion introspective antérieure à sa candidature, peut-être serait-il resté en poste, savourant sa victoire dans l’ombre de ses fautes.

Ce que cela implique concrètement

Sa démission provoque immédiatement une vacance au conseil municipal, remplacée par une nouvelle élue, Lucie Delduc. Cela pourrait sembler anodin, mais cela représente une phase dirigeante confuse. Non seulement les Verts perdent un élu, mais cela soulève également des doutes sur la manière dont les partis politiques abordent des candidatures avec un passé trouble. Se pourrait-il qu’ils échouent à établir un véritable processus de sélection ?

Lecture satirique

Watelet a eu le courage (ou l’effronterie, selon le point de vue) de présenter ses excuses, mais à qui ? À celles qu’il aurait blessées, ou au parti qu’il a, ironie du sort, représenté jusqu’à sa chute ? En attendant que justice soit rendue, il est fascinant de voir comment les discours politiques peuvent se distordre pour justifier l’injustifiable. On nous prévient de garder la présomption d’innocence en attendant — quand bien même cette innocence s’incarne dans une auto-démolition.

Effet miroir international

Cette situation n’arrive pas sans rappeler des dérives autoritaires ailleurs. Quand on observe aux États-Unis des élus convaincus de leur conscience morale tout en étant entourés de scandales, l’absurdité prend une tout autre dimension. La lutte contre la misogynie et les abus n’est pas seulement française ; elle résonne à l’international, d’une manière que les électeurs de Clichy ne peuvent ignorer.

À quoi s’attendre

À l’avenir, que faire lors d’une prochaine élection ? Clichy-la-Garenne pourrait devenir le laboratoire d’un modèle politique où l’authenticité l’emporte enfin sur le parcours discutable. Ou peut-être assisterons-nous à la résurgence de candidats immergés dans des histoires similaires à celle de Watelet, avec des excuses bien rodées dans leurs cartons.

Sources

France 3 Régions

Visuel de l'affaire

Ainsi s’achève une péripétie politique qui laisse un goût amer, où le vernis de l’engagement écologiste craque sous le poids de préoccupations bien plus lourdes.

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