Décharges sauvages : l’Angleterre, nouveau terrain de jeu des mafias
Les déchets s’accumulent et les mafias prospèrent : un cocktail explosif qui rappelle les pires heures de l’Italie des années 90.
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Au Royaume-Uni, le problème des déchets devient si préoccupant qu’il pourrait bientôt surpasser celui de l’Italie des années 1990. Si l’on en croit The Economist, l’implication croissante du crime organisé dans le secteur des déchets transforme le paysage rural en un véritable dépotoir.
Ce qui se passe réellement
Déverser
Selon certaines estimations citées par The Economist , le problème des déchets deviendrait plus préoccupant au Royaume-Uni aujourd’hui qu’il ne l’était en Italie dans les années 1990.
Officiellement, Tony Soprano, mafieux et personnage principal de la série Les Soprano, dirigeait une entreprise de gestion des déchets. Dans ce secteur, se plaignait-il, « tout le monde suppose d’emblée que vous êtes lié à la Mafia. Le cliché a quelque chose d’insultant ». C’est peut-être un stéréotype, mais, au Royaume-Uni, il sonne de plus en plus juste. L’implication croissante du crime organisé dans le secteur des déchets contribue à la multiplication des décharges sauvages gigantesques. L’une d’entre elles, située à Kidlington, près d’Oxford, mesure six mètres de haut, cent cinquante mètres de long et pèse vingt mille tonnes. Les déchets ont été déversés l’été dernier par un gang en plein essor. Et ce n’est pas un cas isolé. (…) Car, en pratique, la taxe sur le recyclage — qui renchérit les services des décharges municipales — rend le recours aux services mafieux extrêmement rentable. (…) Si Tony Soprano vivait aujourd’hui, et dans l’Angleterre rurale, il serait fou de ne pas se lancer dans le commerce illégal de déchets.
« Industrial-scale fly-tipping is spreading across Britain » (Les décharges sauvages à l’échelle industrielle se multiplient à travers la Grande-Bretagne), 21 mars.
Récupérer
Tuer des enfants, tendre des pièges aux civils, exterminer une population, tout cela épuise. Raison pour laquelle l’Inde offre aux soldats israéliens un havre de paix pour se remettre.
Environ 80 000 soldats israéliens se rendent chaque année en Inde pour se remettre de leur service militaire en suivant la « route du houmous ». (…) Alors que la guerre israélienne contre Gaza s’intensifie, (…) l’Inde sert de plus en plus de « centre de désintoxication » pour les soldats israéliens cherchant un répit après des opérations dans les territoires palestiniens. Alliés géopolitiques, le mouvement hindutva indien et le sionisme israélien partagent une même logique nationaliste, ce qui fait de l’Inde le plus fidèle soutien d’Israël dans la région.
« The « chill path » : How India became a post-service haven for ’Israeli’ soldiers » (La « route du houmous » : comment l’Inde est devenue un refuge pour les soldats israéliens après leur service militaire), Roya News, 27 février.
Enquêter
On n’attendait pas vraiment Moskovski Komsomolets sur le terrain des libertés publiques… Pourtant, ce journal russe progouvernemental fustige un projet de loi restreignant le travail des journalistes, dans un article paru le 18 mars.
Ce projet de loi interdit de facto aux journalistes d’utiliser des expressions telles que « selon les experts », « selon certaines sources » et toute formulation susceptible de suggérer au lecteur l’implication d’une personne dans un crime avant que la décision de justice soit définitive. (…) Le deuxième volet des restrictions concerne les méthodes de travail des journalistes. Les auteurs de l’initiative souhaitent interdire aux médias de vérifier auprès des autorités des informations obtenues « par des moyens illégaux ». La liste des méthodes potentiellement interdites comprend les enregistrements clandestins, les prélèvements non autorisés (d’eau, de sol, d’air), ainsi que l’accès à des secrets d’affaires. (…) Si cette initiative est approuvée, les conséquences pour le paysage médiatique pourraient être dramatiques. Toute tentative d’écrire sur un scandale de corruption ou un crime avant le verdict du tribunal deviendrait impossible. (…) Les militants écologistes et les journalistes qui effectuent des prélèvements indépendants d’eau ou d’air et transmettent les résultats aux autorités de contrôle risquent des amendes. Craignant des pénalités de plusieurs millions, les rédactions éviteront tout simplement les sujets sensibles. Au lieu d’enquêtes, les lecteurs n’auront droit qu’aux communiqués officiels.
« La Douma propose de supprimer le journalisme d’investigation ».
Pourquoi cela dérange
La montée des décharges sauvages au Royaume-Uni n’est pas qu’une question de déchets ; c’est le reflet d’un système qui échoue à protéger ses citoyens tout en favorisant les intérêts criminels. La taxe sur le recyclage, censée encourager une gestion responsable, devient un outil de profit pour les mafias. Qui aurait cru que l’Angleterre, terre de la propreté et de l’ordre, se transformerait en un terrain de jeu pour les gangsters ?
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont désastreuses : pollution, santé publique menacée, et un sentiment d’impunité croissant pour les criminels. Pendant ce temps, les autorités semblent paralysées, incapables de s’attaquer à un problème qui ne fait qu’empirer.
Lecture satirique
La promesse d’un environnement propre et sain se heurte à la réalité des décharges sauvages. Les discours politiques sur la protection de l’environnement deviennent des blagues, alors que les véritables acteurs du changement sont les mafias, qui prospèrent dans le chaos.
Effet miroir international
Pendant que le Royaume-Uni lutte contre ses propres décharges, d’autres pays, comme la Russie, restreignent la liberté de la presse pour cacher leurs propres dérives. Les parallèles sont troublants : là où l’un échoue à gérer ses déchets, l’autre étouffe la vérité.
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, nous pourrions assister à une banalisation de la criminalité organisée dans des secteurs clés, et une érosion de la confiance du public envers les institutions.
Sources
Source : www.monde-diplomatique.fr



