Dans l’ISS, la chasse aux microbes est lancée pour protéger les astronautes
Mise à jour le 2026-02-06 08:00:00 : La propreté dans l’espace est cruciale pour la santé des astronautes et la sécurité des équipements.
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À bord de la Station spatiale internationale (ISS), la propreté n’est pas qu’une question de confort. Dans cet environnement confiné et habité en continu, les micro-organismes sont à la fête. Bactéries, champignons et biofilms peuvent non seulement affecter la santé des astronautes, mais aussi endommager des équipements critiques. Dès les années 1980, les Soviétiques puis les Russes ont observé, dans leur station spatiale Mir, le développement de micro-organismes capables d’attaquer des câbles électriques, des systèmes de survie, voire des hublots. Sur l’ISS, le ménage est désormais obligatoire et tous les samedis, les astronautes s’astreignent à nettoyer les surfaces accessibles. Mais dans un laboratoire truffé de câbles, de tuyaux et d’équipements électroniques, certaines zones demeurent impossibles à atteindre. Or, en apesanteur, les micro-organismes flottent, se déposent partout et prolifèrent différemment.
Outre la question de la corrosion des matériaux, cela pose un réel problème sanitaire. « Aujourd’hui, les astronautes demeurent très longtemps dans l’espace », souligne Laurence Lemelle, microbiologiste à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon. « La problématique de la biocontamination, qui peut affecter la physiologie des astronautes, est donc un sujet de préoccupation très important. Car on ne peut pas les gaver d’antibiotiques. Il vaut mieux rendre l’endroit un peu plus ‘amical’. » Dans cette perspective, l’astronaute française Sophie Adenot va mener deux expériences complémentaires de maîtrise de la biocontamination.
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Ce qu’il faut savoir
- Le fait : La propreté dans l’ISS est essentielle pour la santé des astronautes.
- Qui est concerné : Les astronautes et les équipes de la NASA et de l’ESA.
- Quand : Actuellement, avec des expériences en cours.
- Où : À bord de la Station spatiale internationale.
MultISS : voir ce que l’œil humain ne peut pas voir
Pour détecter ces menaces invisibles, la start-up française Lumetis, en partenariat avec l’équipementier toulousain Comat, a développé MultISS (Multimodal Multispectral Imaging & Spectroscopy System), un imageur de six kilos, qui « éclaire les surfaces avec différentes longueurs d’onde — ultraviolet, visible et infrarouge — et observe la fluorescence et la réflectance des matériaux », explique Romain Hernandez, responsable de projets dans l’entreprise. L’action combinée de ces longueurs d’onde trahit la présence de biofilms bactériens ou de moisissures invisibles, même sur des surfaces qui semblent parfaitement propres à l’œil nu.
L’imageur multi-spectral MultISS. Crédits : Cnes
Certaines bactéries, par exemple, absorbent la lumière UV et réémettent une lumière verte, bleue ou rouge. En combinant ces signaux, MultISS peut non seulement détecter une contamination, mais aussi localiser précisément les zones à nettoyer. Les astronautes peuvent ainsi cibler leur action. « L’instrument dispose aussi de pointeurs qui mesurent plus spécifiquement les spectres d’émissions afin d’analyser plus en profondeur ces biocontaminants et en préciser la nature », note Romain Hernandez.
MatISS : des surfaces qui piègent — ou repoussent — les microbes
Quatrième volet d’une expérience au long cours initiée par Thomas Pesquet dans la station, cette approche plus passive s’intéresse au comportement des bactéries sur différents matériaux. Pour cela, Sophie Adenot va installer en différents endroits du module européen Columbus quatre boîtiers en aluminium doté de fenêtres transparentes en polycarbonate. En leur sein, des capteurs appelés microMatISS vont piéger pendant plusieurs mois les bioaérosols présents dans l’ISS.
L’un des boîtiers qui vont être installés dans l’ISS par Sophie Adenot. Crédits : Cnes
« L’idée est de comprendre comment les bactéries interagissent avec les surfaces traitées », explique Laurence Lemelle. Ces dernières sont, pour certaines, conçues pour repousser les bactéries, inhiber leur croissance ou les attirer afin de former un biofilm protecteur. Une fois les échantillons rapatriés sur Terre, ils seront analysés à l’échelle micrométrique par des méthodes d’imagerie aux rayons X au synchrotron européen de Grenoble.
MatISS et MultISS participent ainsi à une réflexion globale sur l’habitat spatial du futur, qui dépasse le cadre de l’ISS. Pour des missions vers Mars, où toute assistance depuis la Terre sera impossible et où les ressources médicales seront limitées, prévenir vaut mieux que guérir. Ces technologies pourraient aussi trouver des applications sur Terre, dans les hôpitaux, les transports ou les environnements confinés.
Sources

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Date : 2026-02-06 08:00:00 — Site : www.sciencesetavenir.fr
Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets
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Publié le : 2026-02-06 08:00:00 — Slug : mission-de-sophie-adenot-dans-liss-la-chasse-aux-microbes-est-lancee
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